De la misère


Lorsqu’on jette un regard sur l’histoire de notre pays, on constate un fait permanent : à toutes les époques, sous tous les régimes, il y a eu des inégalités sociales criantes, les uns vivant dans l’opulence, d’autres usés par des tâches dures, vivant dans une extrême pauvreté.
Puis la déclaration des droits de l’Homme a proclamé l’égalité entre toutes les personnes. Peu de temps après, on entrait dans l’ère industrielle. La misère n’était plus tout à fait la même : les famines liées aux caprices du climat disparaissaient, la pauvreté s’installait dans les villes, près des usines où des enfants de moins de dix ans travaillaient et la richesse  se déplaçait des vieilles familles nobles vers les nouveaux maîtres de l’industrie.
De nombreux auteurs ont décrit l'injustice de la situation sociale au 19e siècle : Emile Zola, Victor Hugo, dans ses romans et ses poèmes. On n’a pas oublié ces orphelins de Rencontre *qui n’avaient 
« Pas d'abri. Tous pieds nus ; excepté le dernier 
Qui traînait, pauvre amour, sous son pied qui chancelle, 
De vieux souliers trop grands noués d'une ficelle. 
Dans des fossés, la nuit, ils dorment bien souvent. 
Aussi, comme ils ont froid, le matin, en plein vent, 
Quand l'arbre, frissonnant au cri de l'alouette, 
Dresse sur un ciel clair sa noire silhouette ! »

Et Richepin plaignait la petite qui tousse :

"Quel est sur le trottoir blanc 
Cet être noir et tremblant 
Qui sanglote ?

La pauvre enfant ! Regardez. 
La toux, par coups saccadés, 
La secoue, 
Et la bise qui la mord 
Met les roses de la mort 
Sur sa joue."

Nous sommes au 21e siècle et cette misère insoutenable persiste et gagne du terrain.
« Il est temps de nous demander où en est le processus d’humanisation déclenché il n’y a somme toute pas longtemps » écrivait Théodore Monod.
Cette réflexion  sera ma conclusion.

* Rencontre: extrait de « Les rayons et les ombres »

( à suivre )

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