La statue et la vérité

( Dans le parc de la Garenne, à Nérac, il y a une statue  consacrée à Fleurette, fille de jardinier, amoureuse du prince  Henri de Navarre,  futur roi de France.)



Au milieu du parc, les promeneurs qui s’attardaient devant la statue qui orne l’entrée de la  grotte cherchaient vainement la vérité.
Malgré la froideur de la pierre blanche, le corps épanoui de la jeune femme  qui semblait dormir s’offrait à leur regard curieux. Elle était allongée, presque dénudée, incarnation de  la  tentatrice voluptueuse. 

La statue  étonnait les promeneurs. Ils avaient imaginé une adolescente pauvre, morte d’avoir été délaissée par le prince qu'elle aimait, comme le racontait la légende, une jeune fille timide, trop prude sans doute pour exhiber son   maigre  corps. Ils découvraient une femme lascive, impudique.

Où était donc la vérité ? 
— Sous le burin de l’artiste qui avait  taillé la pierre ou dans l’imagination de celui qui avait inventé la légende ?

La vérité, apparemment,  était ailleurs, dans la réalité de l’Histoire.
( La jeune fille était morte bien plus tard, vingt ans après l’aventure qu’elle avait eue avec un futur roi.)
Mais cette vérité-là, oublions-la vite, tant l'histoire devient banale.

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