Tristan CORBIERE

Sa vie, son œuvre


Tristan Corbière fait partie des fondateurs de la poésie moderne. 
Le 21e siècle l’a quelque peu oublié. Il faut dire que son œuvre n’est pas abondante ( en raison d’une vie trop courte — il est mort dans sa trentième année.) Un seul livre publié deux ans avant sa mort,  Les amours jaunes,  est paru à compte d’auteur, dans l’indifférence. Dix ans plus tard, Verlaine contribuera à le faire connaître en lui consacrant un chapitre de son essai  Les poètes maudits.


Certains critiques  pensent  que pour connaître un écrivain ou un artiste, il n’est pas utile de s’intéresser à sa vie car, selon eux, seule l’œuvre compte. Je ne partage pas cet avis.
Je suis persuadé que la biographie de  Corbière est indispensable à la compréhension de sa poésie.
D’abord,  il y a ses origines bretonnes, qui expliquent son amour de la mer :
«  Penmarch’, Toul-Infern, Poul-Dahut, Stang-an-Ankou… Des noms barbares hurlés par les rafales, roulés sous les lames sourdes, cassés dans les brisants et perdus en chair de poule sur les marais… »
Puis le milieu familial. Le  père, Edouard, fasciné par la mer et les bateaux, puis journaliste et romancier, enfin président de la Chambre de Commerce de Morlaix, tint un grand rôle dans la construction de sa personnalité.
Ce père a 52 ans quand Edouard Joachim naît le 18 juillet 1945 à Morlaix. Quant à la  mère, Angélique, elle n’a pas encore vingt ans. Cette différence d’âge   fut vécue par l’enfant comme une situation ambiguë. L’ ombre du père était omniprésente ; en 1862, il décidait de s'en affranchir en se faisant appeler Tristan.
Enfin, il faut prendre en compte  son mauvais état de santé  : à l’âge de 14 ans, alors qu’il était en pension à Saint-Brieuc, le jeune Corbière ressentit les premiers signes d’ un rhumatisme articulaire qui l’obligea à interrompre ses études à 16 ans. 


 Dès lors, la souffrance physique, les échecs ( notamment dans sa vie amoureuse), l’ombre de la mort, seront la source de son inspiration et donneront naissance à l’ ouvrage de sa vie : les Amours jaunes.

à suivre

Commentaires