GARONNE

COMPRENDRE LE FLEUVE

La Garonne à Marmande


Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ ai découvert la Garonne sur une grande carte que l’ instituteur avait fixée au tableau. On suivait le cours du fleuve, de la source à l’ estuaire grâce à la baguette du maître ; on entendait le nom des principales villes traversées. Puis venaient les affluents de droite, ceux de gauche.
La Garonne devenait ensuite, sur nos cahiers, une ligne bleue qui serpentait tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite. C’ était une sorte de squelette de poisson biscornu, avec ses arêtes irrégulières. On apprenait tout cela par cœur.
Nous savions  situer dans l’ espace des noms de villes, de rivières, mais il faut bien le dire, nous ne savions rien de la Garonne.   Car pour comprendre le fleuve, il faut le suivre de la source à la mer, il faut appréhender les liens qui se sont noués entre lui et les hommes, il faut saisir sa dimension culturelle et poétique.

à Mamande


Petit à petit, au cours de mes voyages, j’ ai pu me faire une idée de la Garonne, en me promenant le long de ses berges à Toulouse, Agen et Marmande. J’ ai été impressionné en découvrant la Gironde majestueuse. J’ ai vu avec quel talent les bâtisseurs du passé avaient su relier les rives en construisant des ponts qui s’ harmonisaient avec le paysage et mettaient le cours d’ eau en valeur : le Tarn à Albi, le Lot à Cahors, la Baïse à Nérac, pour n’ en citer que quelques-uns. 
J’ai vu, hélas, comment nos contemporains, oubliant la sagesse des anciens, avaient pillé le fleuve, l’ avaient exploité à  outrance, mettant en péril les poissons migrateurs : l’ esturgeon, la lamproie, l’ alose et l’ anguille.
Et il me reste tant de choses encore à découvrir !

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