Carnet de bord ( semaine 47) : L'horreur. Et après ?

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



L’horreur. Et après ?

Vendredi 13 novembre, 21 heures. C’est une soirée ordinaire qui s’annonce sur Paris. La douceur de la température a poussé les gens à sortir de chez eux. Les amateurs de football ont rempli le stade de France pour assister au match France-Allemagne ; ceux qui préfèrent la musique se sont rendus au Bataclan où joue un groupe de rock américain ; de nombreux Parisiens et des touristes ont choisi d’aller dans une brasserie ou un restaurant du 10e arrondissement ou du 11e, dans ce quartier vivant de la capitale dont la place de la République est le symbole fort des rassemblements citoyens.

Ce sont ces lieux de détente, de convivialité, de culture, que les terroristes ont choisis pour accomplir leurs crimes.

Tout à coup, Paris bascule dans le cauchemar. Cela commence par quelques explosions, puis ce sont les fusils d’assaut qui entrent en action. Tout a  été préparé minutieusement...
Le carnage est interminable, le nombre des personnes tuées et blessées  ne cesse de grandir. Samedi, on annonçait 129 morts et plus de trois cents blessés dont certains étaient dans un état très grave.
Que dire devant une telle situation, en dehors des mots qui expriment la tristesse, la colère, la compassion ? 

D’abord le recueillement s’impose ; la récupération politicienne  et  les amalgames sont indignes.
Puis vient le temps où l’on cherche  à comprendre.

On sait que la tuerie de vendredi n’est pas une action isolée : elle s’ajoute aux  actions  menées de façon intensive depuis le début de l’année par un groupe terroriste qui cherche à créer le chaos : après les attentats contre Charlie hebdo et l’hyper kacher parisien en janvier, ceux de Copenhague et de Sousse, ceux plus récents d’Ankara, l’attaque  de l’avion russe dans le Sinaï, l’attentat de Beyrouth, les attaques coordonnées de vendredi étaient plus ou moins attendues. 

Il faut maintenant s’interroger pour appréhender la question dans toute sa complexité ; la pire des choses serait d’agir dans la précipitation et de mener des actions qui aggraveraient la situation au lieu de résoudre le problème. *

On sait que Daech a profité de la déstabilisation  causée par les guerres menées ces dernières années par les Occidentaux ( notamment en Irak)
- Pourquoi a-t-on laissé grossir depuis trois ans cette nouvelle forme de terrorisme ? demande à juste titre l’ancien juge antiterroriste  Marc Trévidic.
- Quelles sont les causes du phénomène de radicalisation ? Pourquoi de jeunes Européens rejoignent Daech ?
- Pourquoi des pays qui prétendent combattre le terrorisme acceptent d’avoir des liens économiques avec des pays qui aident ce groupe terroriste ?

La réponse militaire est-elle la meilleure ?
- Pour combattre  le terrorisme, une stratégie claire et concertée est nécessaire, les intérêts économiques doivent s'effacer devant l'obligation d'une moralisation. La politique internationale acceptera-t-elle cette autre vision ? Il faut l'espérer.

* Quel sera - dans les semaines et les mois à venir - l’impact des bombardements français qui ont eu lieu cette nuit ?



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