EDUCATION - Intelligences

PHOTO DE JACK MOREH


Différentes enquêtes Pisa ont montré que le niveau social des familles avait une influence sur les résultats scolaires des enfants : ceux issus de familles aisées réussissent mieux que les autres. Cette inégalité s’est aggravée entre 2002 et 2012.
Une autre cause de l’échec de certains élèves est moins souvent citée : elle vient du fait que la notion d’intelligence reste  mal appréhendée, malgré les travaux réalisés depuis le début des années 80 par des psychologues tels que Howard Gardner.
Longtemps l’intelligence a été mesurée par des tests de QI. Elle était définie comme la capacité de comprendre les choses et les faits, les relations entre les éléments ; l’enseignement a privilégié les élèves ayant une intelligence cognitive. 
En d’autres termes les forts en maths et ceux qui exprimaient le mieux leur pensée étaient dès l’école primaire les premiers de la classe  et on les retrouvait ensuite dans les meilleures grandes écoles.
Les autres qualités, telles que l’habileté, la faculté de s’adapter à des situations nouvelles de nature pratique, étaient délaissées. Les élèves  ayant des difficultés à conceptualiser mais ayant des aptitudes  concrètes étaient dirigés vers des études courtes, vers l’enseignement professionnel ou l’apprentissage.
Prendre la voie menant à des métiers manuels était souvent vécu comme un échec car ceux-ci étaient dévalorisés. ( J’emploie des verbes du passé pour évoquer ce fait mais le présent conviendrait aussi car  malgré quelques progrès  au cours des  vingt dernières années, c’est un constat qu’on peut encore faire aujourd’hui.)

En France, Bertrand Schwartz * -  auteur d’un rapport  sur le développement du chômage et de la précarité qui inspira les Missions Locales créées en 1982 - avait montré que des personnes sachant à peine lire étaient capables, dans certains domaines, de réaliser des choses surprenantes. Il fallait pour cela créer les conditions favorables, les mettre en confiance.

En 1983, Howard Gardner,  psychologue américain, balaie l’idée d’une intelligence logico-mathématique ; pour lui, il y a des intelligences aux formes multiples. Il distingue entre autres l’intelligence relationnelle, indispensable dans la vie d’un groupe, l’intelligence créative qui permet l’innovation, l’imagination de récits, de solutions originales, l’intelligence émotionnelle qui est au cœur du comportement humain, l’intelligence pratique qui s’exerce dans de nombreux domaines pour concrétiser des projets ; elle est souvent liée au bon sens.

Quelles conséquences cela entraîne-t-il dans l’acte d’enseigner ?
Le rôle de l’enseignant ( mais aussi des parents) est de détecter dans chaque enfant les capacités, les dons qui lui permettront de s’épanouir  si on le  dirige dans la bonne voie, celle correspondant à son type d’intelligence.

Bien sûr, il  faut  refuser de hiérarchiser les différentes formes d’intelligence, celle de  l’artisan habile et celle de l’énarque. La société a besoin de diversité et s'avilit quand il y a des discriminations. 



Commentaires

  1. Comment penser l'intelligence ? Est-ce valable pour tout et tous ?
    http://donnezdusens.fr/…/Sch%C3%A9ma-IM-et-activit%C3%A9s.j…

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