n°1025 - Ainsi parlait le sage (15)




Des personnages imaginaires sont souvent créés pour illustrer  des faits de société, des idées. Tel est le rôle du Vieux Sage qui apparaît de temps à autre dans la Rumeur du temps. 




Depuis quatre mois  le vieux sage s’était retiré à la campagne pour écrire un nouveau livre. Il vivait comme un ermite avec pour compagnon son chien, un petit bâtard au poil noir et au regard vif qu’il était allé chercher dans un refuge. Il sortait peu de la fermette où il travaillait : chaque matin, il partait acheter son journal et faire quelques courses.
Le vieux sage écrivait peu ; un livre tous les cinq ans,cela lui semblait suffisant. Il disait qu’il avait l'écriture lente. Et il craignait de refaire toujours le même livre, ce que font certains auteurs.

Chacun de ses ouvrages était bâti autour d’un thème. 
Lassé des errances de ses contemporains, il avait choisi cette fois-ci de lancer un message d’espoir, un appel pour l’avenir.  Il détestait le climat de son époque et il rêvait d’un  monde plus doux. Il imaginait  le jour où l’homme serait civilisé.
Lui qui avait connu dans son pays natal la dictature, l’emprisonnement et l’assassinat des dissidents, lui qui avait espéré dans sa jeunesse que la cruauté et la barbarie des siècles précédents disparaîtraient à jamais, il voyait avec effroi renaître en ce début de siècle les idées les plus détestables.

Il avait à peine commencé à écrire son  livre quand étaient survenus à travers le monde tous ces attentats qui avaient frappé les esprits par leur cruauté et leur sauvagerie. Ceux-ci  renforçaient l’idée qu’il portait depuis de nombreuses années : l’homme moderne n’a pas encore atteint le degré de civilisation qui permettrait à chaque être humain de vivre en paix avec les autres, en harmonie avec la nature, avec tout ce qui vit autour de lui.

« L’homme civilisé ne se croira pas supérieur aux autres, ne cherchera pas à dominer ceux qui l’entourent. Il respectera tout ce qui vit. Il ne règlera pas les conflits en appliquant la loi du talion car la paix est la meilleure solution aux problèmes. »
C'est ce que pensait le sage. 

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