Le vieux sage et l'éducation




Des personnages imaginaires sont souvent créés pour illustrer des faits de société, des idées. Tel est le rôle du Vieux Sage qui apparaît de temps à autre dans la Rumeur du temps. 

L’éducation
   Après les six mois qu’il venait de passer à la campagne dans le calme et la solitude, le vieux sage avait regagné sa maison et repris ses habitudes. Il marchait tous les matins jusqu’aux falaises pour contempler la mer, puis il rentrait chez lui pour lire, écouter les nouvelles et méditer.
La perspective de retrouver ses auditeurs le réjouissait. Les causeries qu’il avait dû abandonner pendant les derniers mois lui manquaient. Ce soir, il allait renouer avec les échanges qu’il aimait tant.

   Il n’avait jamais oublié son premier métier. Il s’apprêtait à parler de l’éducation.
 Quand il pénétra dans l’amphithéâtre, le vieux sage ressentit les mêmes émotions que lors de ses premières interventions : une montée d’adrénaline, une certaine appréhension et le plaisir de communiquer avec un public qu’il savait intéressé.
- Ah, l’éducation ! Quelles bêtises n’a-t-on pas dites à son sujet ! Toutes ces querelles entre anciens et modernes qui ont eu lieu depuis des siècles ! Avant de prendre position là-dessus, commençons par poser les questions qui me semblent essentielles :
- L’éducation est-elle possible ? L’éducation est-elle légitime ? Et puis la plus importante de toutes : quelle finalité lui donne-t-on ?

   Rappelons d’abord que l’éducation n’est pas du seul ressort des enseignants ; les parents, les animateurs d’associations, les médias, les messages qu’on voit dans la rue contribuent à l’éducation des enfants.

Oui, l’éducation est possible, surtout quand  elle est donnée par l’exemple. Mais elle a ses limites qui sont liées à la personnalité de l’enfant, à son caractère, à sa forme d’intelligence.
Quant à sa légitimité, elle dépend des limites que l’adulte se fixe, du but qu’il poursuit en éduquant. Est-ce l’épanouissement de l’enfant, l’aide pour parvenir à l’autonomie, la transmission de valeurs universelles telles que le respect des autres, la fraternité ? Dans ce cas, je réponds oui sans hésiter.
S’il s’agit au contraire d’une forme d’endoctrinement, d’une éducation basée sur la docilité qui tue l’esprit critique, alors je dis non, car ce système produit des « moutons de Panurge ».

- Je préfère que les enfants deviennent des femmes et des hommes libres. 

Ainsi parlait le sage.


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