n° 1053 : Migrants, Réfugiés

La question des migrants et réfugiés : 




Beaucoup d'égoïsme, de xénophobie, peu d'humanisme


‭    Depuis la préhistoire, les migrations humaines ont toujours existé, avec des causes diverses qu’on retrouve parfois aujourd’hui (changement climatique, raisons économiques). Elles prennent de l’ampleur en ce début de siècle parce que les conflits se multiplient, parce que la population mondiale a fortement augmenté au cours des deux derniers siècles, parce que le déséquilibre entre pays industrialisés et pays pauvres s’est creusé.
‭   Dans une société où les nouvelles technologies permettent de savoir en permanence ce qui se passe partout sur terre - ce qui renforce l’idée de faire partie d’une même communauté - la logique voudrait que la solidarité intervienne pour aider ceux qui se trouvent confrontés à une situation qui les  contraint à quitter leur pays. Des textes protègent d’ailleurs ces personnes ; le droit d’asile, l’accueil des réfugiés ont bien fonctionné dans le passé.
‭     Nous sommes entrés dans une période de régression de l’humanité. Beaucoup d'États n’assument plus leurs responsabilités. Dresser de hautes grilles, poser des barbelés aux endroits stratégiques n'est assurément  pas la meilleure réponse. 
La Grande-Bretagne propose à la France un peu d’argent pour ne pas voir les réfugiés entrer chez elle, la Hongrie demande que l’immigration soit stoppée, la Slovaquie ne veut pas accueillir de réfugiés musulmans. Sur cette question, l’Europe montre une fois de plus son incapacité à agir.
Quant à la France, elle a une position ambiguë. Sa gestion de la situation sur la Côte d’Opale manque de clarté ; elle a montré qu’elle attachait plus d’importance à la “fermeté” qu’à l’humanité.

   Dans un contexte où les idées xénophobes et racistes gagnent du terrain, il n’est pas étonnant de voir des gens montrer leur hostilité aux réfugiés. Cela va parfois jusqu’à l’agression. Quand elles ne sont pas motivées par la haine de l’étranger, les réactions sont la preuve d’un égoïsme qui ne sait plus voir la détresse de l’autre.
Que dire de ces 500 Calaisiens qui viennent de manifester à Paris en brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire :
“ Calais outragé, Calais brisé, Calais martyrisé” ? 
Cette outrance du vocabulaire n’était pas nécessaire.

   Heureusement, il reste des humanistes, des défenseurs des droits de l’Homme, des citoyens et des associations qui inlassablement œuvrent pour améliorer le sort de ces exilés.
À Grande-Synthe, près de Dunkerque, grâce à Médecins sans Frontières et au maire Damien Carême, 1300 réfugiés viennent d’être accueillis dans des cabanons où ils pourront vivre dans des conditions plus dignes.
Solution provisoire certes, mais comme les dirigeants des pays se montrent incapables de trouver une solution durable au problème, cette initiative mérite d'être saluée.

Commentaires

  1. Du moment que les politiques, quels qu'ils soient, considéreront que les migrants/réfugiés ne sont qu'un nombre et non pas des humains... ce n'est pas prêt de s'arrêter...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire