Une photo (la forêt), un poète (Fombeure)


   Le 18e Printemps des Poètes  qui se déroule ce mois-ci a pour thème le Grand XXe siècle, cent ans de poésie.

Aujourd’hui :
Une photo : la forêt



Un poète : Maurice Fombeure

    Le poète du 20e siècle n’est plus comme ses prédécesseurs un aristocrate ou un auteur aidé par un mécène, il est rarement un poète sans le sou vivant misérablement. Le 20e siècle est l’époque du poète-professeur que rien extérieurement ne distingue de ses collègues. Fombeure (1906- 1981) est l’un de ces enseignants poètes.
     Né dans une famille d’agriculteurs du Poitou, il n’a pas connu sa mère, décédée à sa naissance. Il est élevé par des grands-parents et son père. Après ses études à l’Ecole Normale de Poitiers il entre à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud et  devient professeur de lettres ; il enseigne notamment à Arras où il a laissé l’image d’un homme modeste et plein d’humour ( selon le témoignage d’un de mes professeurs qui faisait partie de ses amis).
Parmi la vingtaine de recueils qu’il a écrits, on retiendra surtout À dos d’oiseau (1942)
   Fombeure poète n’a jamais oublié les paysages de son enfance. Il aimait la campagne, les chemins boueux, les bois.
Dans le poème Forêts, il exprime sa proximité avec la nature et les hommes qui vivent dans les bois (révoltés, compagnons de la grand’route, bûcherons...).
Il évoque  les forêts ”constellées et chantantes” où courent des cerfs "aux ramures persillées", des biches, des sangliers "rugueux fouisseurs et sanguinaires", les sous-bois "noirs, épais" et humides.
Il chante la forêt dans un style limpide et compréhensible :
“ Forêt terrestre, maternelle...
Forêt de mes enfances, ô forêt batracienne
Ô forêt palmipède, ô forêt des plumiers...
Déchirée de drames intimes...”

Fombeure, un écrivain à relire ou à découvrir en ce Printemps des poètes.

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