Victor Hugo : 2e partie : L’homme engagé

Victor Hugo : Insoumis et visionnaire

Deuxième partie : L’homme engagé



    Nombreux sont les hommes du vingtième siècle qui se sont fait connaître  à vingt ans par leur engagement  à gauche, voire révolutionnaire, et qui au fil du temps ont tourné le dos aux idées de leur jeunesse en acceptant la société telle qu’elle est, parfois même en reniant les principes républicains.
Victor Hugo a fait le parcours inverse: influencé par le milieu familial, il a d’abord eu des idées plutôt conservatrices, puis l’observation de la société, la réflexion, son sens aigu de la justice l’ont conduit à s’engager dans de nombreux combats en faveur des plus faibles, de la liberté, des animaux.

Les grandes causes
   Si en France on associe généralement le nom de Victor Schœlcher à l’abolition de l’esclavage, l’action de Victor Hugo ne doit pas être oubliée. Elle a débuté en 1818 par le biais de la littérature,avec Bug Jargal, elle  s’est poursuivie concrètement en faveur des Noirs de Haïti et par ses échanges avec Schœlcher.
En ce qui concerne la peine de mort, il aborde la question dans Le dernier jour d’un condamné (1829) puis dans Notre-Dame de Paris (1831) dans lequel il dénonce «cette maladie de la terreur de l’échafaud» et c’est en tant qu’élu  qu’il cherche en 1848 devant  l’Assemblée constituante à faire voter l'abolition de cette peine.
Il déclare le 15 septembre : " Le 18e siècle... a aboli la torture; le 19e siècle abolira la peine de mort." Sans succès : il faudra encore attendre 133 années pour que celle-ci soit supprimée.


La révolte
  Hugo l’insoumis met en valeur dans ses œuvres des personnages qui luttent. Dans les Misérables, Enjolras appartient à un groupe révolutionnaire, “ ce groupe était remarquable” précise Hugo.
Gavroche, malgré son jeune âge, meurt sur une barricade   car il se révolte contre la misère.
Et si Marius décide de se rendre lui aussi sur les barricades - par dépit car il pense qu’il ne reverra plus Cosette - il défend la cause des révoltés au péril de sa vie.

 La liberté
  «Malheur à qui resterait impartial devant les plaies sanglantes de la liberté» écrit Hugo dans Histoire d’un crime.
Ne pouvant accepter le régime de Napoléon III, il choisit l’exil pour garder sa liberté d’écrire. Les Châtiments sont un réquisitoire implacable contre la tyrannie.
En 1849, il prend la défense des républicains victimes de la répression exercée  par le pouvoir  pontifical; en 1860 et en 1867, il soutient Garibaldi.
Au Sénat, en 1876, Hugo réclame l’amnistie des communards.

Proche du peuple
   Dans ses vers et ses romans, Victor Hugo a célébré les gens du peuple, «le geste auguste du semeur», la vie rude des marins, il a dénoncé la misère des orphelins, rendu leur dignité aux pauvres affamés. Jean Valjean est la victime d’une société injuste ; il retrouve sa qualité d’homme grâce à la bonté d’un homme - Monseigneur Muriel - et en faisant le bien autour de lui, sous le nom de M. Madeleine.
L’homme politique a combattu la misère. Son discours du 9 juillet 1849 a marqué les esprits. Il faut rappeler qu'il était un excellent orateur.
« La misère est une maladie du corps social...Détruire la misère ! oui, cela est possible» et il poursuit son discours en décrivant avec maints détails la misère qu’il a vue à Paris. 

La cause animale
   Cet aspect de l’écrivain est moins connu : Victor Hugo fut un défenseur de la cause animale, comme le montrent ces quelques réflexions :
«Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience ».

Il  a mené une croisade contre la vivisection.
«La vivisection est un crime...l’humanité réprouve ces procédés barbares ». a-t-il déclaré  à ceux qui venaient lui proposer  la présidence d’honneur de la ligue en formation.

«Tant que l'homme se nourrira de chair animale, et martyrisera les animaux, restera en lui quelque chose de sauvage ...»

Victor Hugo fut antispéciste avant l’heure. 


Commentaires

  1. Passionnant...merci pour la droiture de vos pensées,la synthèse,la fluidité et l'efficacité de votre style.

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    1. On écrit toujours pour partager des idées, des sentiments. C'est toujours un plaisir quand ceux-ci sont bien reçus !

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