Des vies: Chiens et chats (2e partie)

Évoquer des vies, celles des êtres qui peuplent la terre, humains et non-humains aux origines communes, avec leur propre caractère et leurs différences, tel est le but des billets de cette catégorie.  

Photo Aaron Ahlquist  freerangestock.com


CHIENS ET CHATS

  Parodiant un ardent défenseur des animaux, j’aurais tendance à dire que  je respecte tous les animaux, aussi bien l’araignée qui méthodiquement construit sa toile que le merle qui vient manger les cerises de mon jardin, mais je n’hésite pas à parler d’affection à l’égard de certains d’entre eux.
  Il y a des animaux plus ou moins familiers qui savent capter votre attention. Comme je l’avais écrit dans La leçon des choses * « on peut passer des heures à regarder jouer un chat, voir galoper un cheval ou courir un chien. On peut même avec eux avoir des échanges. On suit avec intérêt les allées et venues d'une mésange dans le jardin, le vol curieux d'un papillon, la lente progression d'un escargot égaré sur la vitre d'une véranda. L'activité débordante des fourmis qui ramènent quelques minuscules morceaux de nourriture est étonnante. Les tentatives timides du lézard pour s'approcher de la terrasse ensoleillée et qui se sauve au moindre bruit vous amusent.»

   Chez les animaux, la vie se manifeste dans le mouvement, les sons émis, l’envie de manger, boire, se reproduire et chez beaucoup d’entre eux communiquer avec les autres. 

    Les humains ont un rapport particulier avec le chat et le chien. Leur arrivée dans une maison est une joie, leur mort provoque du chagrin. Toute personne ayant accueilli des chats et des chiens a pu se rendre compte que chacun d’eux a un caractère différent des autres, qu’il éprouve des sentiments, qu’il fait preuve d’intelligence et que, dans certains domaines, il surpasse l’homme. C’est pourquoi on peut s’étonner qu’un philosophe réputé, Descartes, ait pu émettre sur les animaux des idées aussi stupides.

Un chien nommé Pato

   J’ai eu, à des époques différentes, trois chiens. Dans les années 1960, je débutais dans l’enseignement et on m’avait offert un jeune chien au poil noir ; je l’appelai Pato. C’est lui qui m’a fait comprendre que le chien est un animal étonnant, plein de mystère. L’école où j’enseignais était à trois kilomètres de ma maison. 
 Un jour, à la fin des cours du matin, alors que j’accompagnais les élèves vers la sortie, qui vois-je sur le trottoir ?
- Mon chien qui m’attendait !
Le plus surprenant, c’est qu’il n’était jamais venu auparavant jusqu’à cette école.
Comment avait-il réussi à venir jusqu’à moi ?  Je ne l’ai jamais compris.
À‭ cette époque, les téléphones portables n’existaient pas encore. Quand je partais en vacances, je donnais des nouvelles en envoyant une carte postale. C’est mon chien qui annonçait mon retour à mes parents. Ce jour-là, en effet, il se tenait une bonne partie de la journée sur le rebord de la fenêtre, guettant mon arrivée !
Par quel phénomène mystérieux pressentait-il mon retour ? Cette capacité qu'ont certains animaux non humains est étonnante.

‭   Pato était un chien joyeux et fantasque. Un jour, il a quitté la maison et on ne l’a jamais revu. J’ai attendu quinze  ans avant d’accueillir à nouveau un chien.
   
*(dans ce blog) : L’huître, 11 mars 2013

à suivre

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