Des vies d'animaux vues par les auteurs:

   Évoquer des vies, celles des êtres qui peuplent la terre, humains et non-humains aux origines communes, avec leur propre caractère et leurs différences, tel est le but des billets de cette catégorie.  



Quand les auteurs décrivent la vie des animaux

    Les animaux sont très présents dans la littérature et pas seulement dans les livres destinés à la jeunesse. Certains offrent des descriptions à la précision scientifique et des observations intéressantes sur le comportement animal. C’est le cas des  ouvrages de Buffon (1707-1788) dont l’Histoire naturelle compte une quarantaine de volumes ainsi que les Souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre (1823-1915) qui regroupent dix volumes ( On regrettera cependant que cet auteur ait nié la théorie de l'évolution). 

Des romanciers ont également mis en scène des animaux en montrant l’attachement qu’ils leur portaient. Dans L’Appel de la forêt et dans Croc-Blanc, Jack London prend le parti du chien Buck et du chien-loup en dénonçant le comportement de certains hommes. 
L’héroïne de La Chatte, livre écrit par Colette, est Saha, une chatte de la race des Chartreux qui rend jalouse la jeune femme de son maître.
Jules Renard dont le talent n’est pas assez reconnu a dressé dans ses Histoires naturelles de jolis portraits d’animaux de toutes sortes. S’éloignant du style scientifique, il glisse ici et là des images poétiques et des traits d’humour.

   Mais ce sont  les poètes qui expriment le mieux la sympathie que leur inspirent les animaux.
Francis Jammes a écrit une Prière pour aller au paradis avec les ânes :
«...faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.»

Jean Richepin, dans Les oiseaux de passage, un poème mis en musique par Gorges Brassens, salue le choix fait par les oiseaux sauvages, celui de la liberté.  
" S’adressant aux bourgeois, il écrit :
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons."

   Tout le monde connaît l’histoire du Petit cheval blanc, ce poème dans lequel Paul Fort décrit la vie et la mort d'un cheval qui a toujours travaillé durement sans se plaindre :
" Il n'y avait jamais de beau temps 
Dans ce pauvre paysage, 
Il n'y avait jamais de printemps, 
Ni derrière, ni derrière. 
Il n'y avait jamais de printemps, 
Ni derrière, ni devant." 

  Aujourd’hui, l’écrivain, le poète, ne peuvent  ignorer ce que la science nous a appris au cours des dernières décennies. La domination exercée par l’homme sur la nature doit cesser. Laissons vivre tranquillement les animaux. C’est ce que j’ai voulu exprimer dans ce texte :

Le pigeon *

   J'aime l'insolence du pigeon parisien qui, après avoir survolé la statue qui orne le parc, décide de se poser sur la tête de l'apollon puis, doucement, abandonne sa fiente.
Peu lui importe le rang ou la beauté du personnage ainsi offensé ! Qu'il s'agisse d'un dieu, d'un empereur ou d'un grand guerrier, le pigeon s'en moque. Il ne craint pas la vindicte populaire.

  Cette trace abandonnée sur la tête ou le torse de la statue ne serait-elle pas sa façon personnelle de rappeler aux hommes que ses ancêtres vivaient tranquillement dans de belles forêts où ils trouvaient abri et nourriture, avant d'en être délogés au nom d'un prétendu progrès ?

* écrit le 14 décembre 2009

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