ESCLAVES




ESCLAVE:
sens n° 1: Personne qui n’est pas de condition libre, qui est sous la puissance absolue d’un maître, soit du fait de sa naissance, soit par capture à la guerre, vente, condamnation
sens n°2:  Personne soumise à un pouvoir tyrannique ( voir serf)
sens n°3: Personne qui se soumet aux volontés de quelqu’un
sens n° 4: Personne soumise à quelque chose
(Le Robert)

   Nous laisserons de côté pour aujourd’hui les troisième et quatrième sens du mot esclave qui relèvent de la psychologie ou de la pathologie (passion, addictions) pour ne parler que de l’esclavage, fait social qui est apparu très tôt dans l’histoire de l’Homme, puisque selon l’anthropologue Alain Testart, il était déjà présent au néolithique.

   L’esclavage est donc un fait de société qui ne caractérise pas une époque particulière. Il remonte à la préhistoire et il se pratique encore aujourd’hui sous des formes diverses.

   Processus inadmissible moralement puisqu’il est basé sur la domination d’une personne sur une autre, l’esclavage entérine l’idée que certains êtres sont supérieurs à d’autres. Celui qui domine - le maître ou propriétaire ou possesseur - s’attribue tous les droits sur la personne qu’il considère comme une marchandise, qu’il prive de ses libertés et sur laquelle il s’autorise toutes les souffrances possibles : coups de fouets, pied coupé en cas de fuite, viol des femmes, mise à mort...

    Sous l’Antiquité, l’esclavage n’était pas lié à la couleur de la peau ou à une appartenance ethnique. L'esclave pouvait sortir de sa situation; deux noms sont souvent cités pour illustrer cela : les Grecs Ésope et Épictète avaient été esclaves avant de connaître la célébrité.

  Plus tard l’esclavage gagna le monde arabe puis l’Occident et les victimes furent essentiellement  des Noirs de tous âges venus d’Afrique après avoir été capturés et embarqués de force vers l’Amérique ou les Antilles. S’appuyant sur l’idée de supériorité rappelée plus haut, l’esclavage organisé à grande échelle avait un rôle économique. En France, les ports de Nantes et de Bordeaux s’illustrèrent tristement dans ce trafic. Pour les colons, la main d’œuvre gratuite permettait de s’enrichir plus facilement.
    Les livres d’histoire sont longtemps restés discrets sur la réalité de l’esclavage du 15e au début du 20e siècle. Il a fallu attendre 1976 et la sortie du livre Racines d’Alex Haley pour qu’on ait une connaissance précise des conditions de vie de ces millions de gens arrachés à leur milieu. Après de longues recherches, Haley dont un ancêtre avait été capturé en Gambie, réussit à faire revivre le triste destin de ces déracinés.
    C’est seulement  en 2001  que la loi Taubira reconnaît que l’esclavage est un crime contre l’humanité. En 2006, Jacques Chirac annonçait une journée annuelle des  mémoires de la traite et de l’esclavage, le 10 mai.

   En 2016, l’esclavage n’a toujours pas été complètement éradiqué. Il persiste sous certaines formes ( tourisme sexuel, exploitation des sans papiers, etc...). La lutte pour le respect de la dignité de tous les êtres reste donc nécessaire.

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