Étonnantes abeilles


                                  Photo Jared Davidson freerangestock.com

   À plusieurs reprises, j’ai évoqué dans ce blog le rôle joué par les abeilles dans la biodiversité et les menaces qui pèsent sur leur avenir. Il y a dix ans déjà, on notait que le nombre de ruches abandonnées ou désertées augmentait de façon inquiétante. 

Dans un article paru en avril 2009, j’écrivais :

« Bien que les raisons de ce problème restent mal définies (le rôle des pesticides et des insecticides, le parasitisme, la contamination par des toxiques et les OGM, sont fréquemment évoqués) on est certain que cette situation est liée aux perturbations environnementales dues aux activités humaines. 

   Cette crise est grave car un tiers des végétaux ont besoin des insectes pollinisateurs pour  produire leurs fruits. Les pommiers, les avocatiers, les cerisiers,  les oignons, les concombres,  le coton, l'arachide, le melon, par exemple, dépendent  à 90 %, voire à 100 % des abeilles. 
  À l'échelle des USA, les services rendus par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an. Selon les économistes, les insectes pollinisateurs rapportent 100 milliards de dollars à l'économie mondiale( chiffre cité par le magazine Jardiner bio). »

   La disparition des abeilles entraînerait celle de 20 000 espèces végétales qui constituent la base de l'alimentation mondiale et permettent l'équilibre des écosystèmes.

   Mais le regard sur les abeilles ne peut se limiter à leur utilité et à l’intérêt qu’elles présentent pour les humains en produisant le miel, la gelée royale et la propolis. Les abeilles sont des insectes dont l’organisation est étonnante. De nos jours, l’apiculture a pris le même chemin que les autres activités agricoles, celui de la rentabilité que génère une production intensive et l’on ne peut accepter la façon dont ces animaux sont traités : l’enfumage des ruches, la destruction des ruches les moins rentables et le principe même : retirer aux abeilles ce qui constitue leur nourriture.

   Les abeilles sociales étonnent par la façon dont elles sont organisées. Ainsi, l’essaimage (qu’on pourrait aussi appeler déménagement) est minutieusement préparé dans un processus d’intelligence collective. Les éclaireuses chargées de trouver un lieu favorable où la colonie va s'installer expriment par une danse « codée » la qualité de l’endroit et la décision finale est prise au consensus.

 Les espèces d’abeilles sont très nombreuses et toutes ne produisent pas de miel. Certaines sont solitaires. Toutes sont utiles ; les abeilles sauvages pollinisent les fleurs sauvages et cultivées.

   Notre obligation vis-à-vis d'elles peut se résumer à quelques mots : les laisser vivre tranquillement.



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