Lire et relire : Colette




Colette, La fleur de l’âge

   Certains pensent qu’il ne sert à rien de s’intéresser à la biographie des auteurs ; selon eux, une seule chose compte : ce qu’ils ont écrit. Je ne partage pas ce point de vue. Tout ce qui a marqué la vie d’un écrivain (le milieu familial, les lieux où il a vécu, ses amitiés, ses amours, ses engagements) a de grandes chances d’influencer son œuvre. Dans le cas de Colette, c’est indéniable; si ses livres ne sont pas autobiographiques, ils ont été largement inspirés par ses expériences, par sa façon de vivre.

Colette (de son vrai nom Sidonie-Gabrielle Colette). Sa vie

   Colette est née en 1873 dans un village de l’Yonne, Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans une France marquée par la morale catholique et dans laquelle la femme subissait la domination masculine.
   À vingt ans, elle avait épousé un homme - connu sous le nom de Willy - qui exploita son talent littéraire en s’attribuant les  livres qu’elle écrivait (la série des Claudine).
   Mais la jeune femme se rebella ; elle voulait être libre et vivre sans tabous. Elle offusqua beaucoup de gens en se montrant dénudée sur une scène, en affichant ses amours féminines, en initiant à l’amour son beau-fils, puis en épousant un homme plus jeune qu’elle.

Un livre : La fleur de l’âge

    J’ai lu ce livre quand j’avais vingt ans. Les éditions Rencontre l’avaient publié à nouveau en 1960 avec des dessins et des aquarelles de Matisse.
Pourquoi le relire de nombreuses années plus tard ?
D’abord, cela permet de voir si les impressions ressenties à la première lecture sont toujours les mêmes.
Ensuite, parce que ce recueil de nouvelles  résume bien l’univers de Colette. La fleur de l’âge comporte onze histoires écrites dans le style limpide qui caractérise l’auteure. En ce qui concerne celui-ci, mon avis n’a pas changé : c’est un plaisir de lire Colette qui fait partie des grands écrivains du 20e siècle.

Les thèmes abordés :

  Le premier récit intitulé La fleur de l’âge met en scène  une femme de soixante-deux ans, Madeleine Vasco qui vit avec un mari plus jeune qu’elle. Un jour où ils doivent se rendre à une soirée, elle trouve son mari endormi. « Ce sommeil brusque où se trahit la faiblesse d’un homme » la déçoit. Colette ne manque pas d’humour ; elle fait prononcer à l’héroïne cette sentence :
- « Encore un vieux ! »

   Dans Rivalité, Colette décrit un milieu qu’elle connaît bien : le théâtre. Cette histoire qui évoque la rivalité de deux femmes, Clara et Antoinette, est sans doute celle où apparaît le mieux le style brillant de l’auteure.

   Enfin, dans le chapitre Des mères, des enfants… Colette confirme qu’elle aime les animaux. Elle parle de « la vache Violette, son veau qu’on lui enleva ; la portée d’une souris, six souriceaux gros comme des frelons, tétant tous à la fois leur mère minuscule… »
Et plus loin, évoquant le sentiment maternel humain, elle écrit :
« Sa morale, qui ne prenait conseil d’aucune morale, blâmait les séries imposantes d’enfants ;
- Nous ne sommes pas faites pour de telles portées, disait-elle ».

   Colette n’a jamais été une militante féministe mais elle a contribué à l'émancipation de la femme.


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