Découvrir ou relire : Sylvia PLATH



Sylvia Plath (1932-1963)

   Sylvia Plath est une poétesse américaine. 
  La meilleure façon d'apprécier la poésie étrangère est de choisir le texte original car lorsqu’on lit une traduction on perd une bonne partie de la beauté du poème ; même dans des vers libres, le rythme donné par le nombre de pieds de chaque vers n'est plus le même, la sonorité des mots change, les jeux de langage sont difficilement traduisibles. Si l’on ne maîtrise pas suffisamment la langue, choisir une édition bilingue - quand elle existe - est la bonne solution.

C’est le cas du livre évoqué aujourd’hui, Arbres d’hiver précédé de La Traversée ( titre original : Crossing the water) paru dans la collection Poésie /Gallimard en 1999 et réédité en 2010.


Sa vie,  l’impossible bonheur

  Sylvia Plath est née le 27 octobre 1932 dans la banlieue de Boston. Elle publie son premier poème en 1940 ; la même année son père, un universitaire, meurt. Brillante élève, elle entre à l’université de Smith College en 1950 et en sort diplômée en 1955, malgré les souffrances psychiques qui la font passer de l’exaltation à l’angoisse et conduisent à une première tentative de suicide.
  En 1956, elle part étudier à Cambridge. Elle y rencontre le poète anglais Ted Hughs qu’elle épouse. Après deux années passées aux États-Unis, le couple retourne à Londres. Deux enfants naissent : Frieda (1960) et Nicholas (1962). Elle apprend peu après la naissance de celui-ci que son mari la trompe et demande le divorce. Au début du mois de février, elle écrit pourtant qu’elle se sent heureuse, ce que démentent ses derniers poèmes.
Le 11 février,  Sylvia Plath met fin à ses jours. Elle avait trente ans.
(Ted Hughes est mort en 1998)

La Traversée et Arbres en hiver

L’œuvre de Sylvia Plath est à l’image de sa vie. On décèle dans certains poèmes de la sérénité au contact de la nature :
« Personne sur le chemin, et rien, rien sinon des mûres,
Des mûres de chaque côté, des mûres partout.
... elles doivent m’aimer.
Elles sont accommodantes... »
(Blackberrying)
Dans Love Letter, c’est le bonheur qui transparaît :
« Pas facile de formuler ce que tu as changé pour moi…
Maintenant je ressemble à une sorte de dieu.. »

   Et puis régulièrement  c’est la tristesse qui revient :
« And I shall be useful when I lie down finally ».

   La mort de son père l’avait beaucoup marquée ; dans For a fatherless son elle écrit :
« Tu seras bientôt conscient d’une absence
Qui grandira près de toi comme un arbre,
Un arbre mort... »

   L’un de ses derniers poèmes s’intitule Mystic :
« Je me souviens
de l’odeur morte du soleil sur le bois des cabines…
Puis elle s’interroge :
« Dès lors qu’on est monté au ciel
Sans avoir rien laissé de soi
Quel remède ? » 

(La plupart de ses poèmes étaient parus dans des revues, les livres ont été publiés après sa mort).




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