Lire ou relire Boris Vian



   Il est toujours intéressant de relire un livre : si celui-ci a plu à la première lecture, on découvre toujours quelque chose de neuf les fois suivantes ; si l’on ne l’a pas aimé, c’est peut-être que le moment n’était pas le bon pour l’apprécier.




Boris Vian : sa vie (1920-1959)

  Boris Vian occupe une place à part dans le monde culturel. On le connaît en tant qu’écrivain ( J’irai cracher sur vos tombes, L’écume des jours…) et poète, mais il fut aussi traducteur, musicien de jazz, parolier, chanteur. Tout le monde connaît Le Déserteur, chanson pacifiste écrite contre la guerre d’Indochine.
   En 1942, il était sorti de l’École Centrale, le diplôme d’ingénieur en poche.

  Marié à Michelle Léglise l’année précédente, il devient père d’un garçon en 1942 et d’une fille en 1948.
Divorcé en 1952, il se marie en 1954 avec Ursula Kübler.

  L’activité débordante de Boris Vian s’explique sans doute par la maladie qui l’a poursuivi à partir de ses dix ans : un rhumatisme cardiaque suivi de complications est la cause d’une santé fragile.
Boris Vian est mort brutalement le 23 juin 1959.

Un livre : L’écume des jours

   Avec ce livre, on entre dans un univers particulier, très éloigné de la plupart des romans. L’écume des jours ne décrit pas le réel ; c’est plutôt un conte poétique qui, à partir de situations bizarres, aborde des questions fondamentales : l’amour, l’amitié, la maladie, la mort…
Dès lors qu’on a accepté la démarche de l’auteur, toutes les scènes surréalistes imaginées prennent tout leur sens : l’appartement rétrécit peu à peu, Chloé la jeune femme de Colin souffre d’une maladie qui entraînera sa mort : un nénuphar pousse dans sa poitrine, une souris grise (qui parle) se laisse croquer par un chat ; lors de l’enterrement de Chloé, Colin s’adresse à Jésus. Il lui demande pourquoi sa femme est morte.
«  Je n’ai aucune responsabilité là-dedans, dit Jésus » qui lui propose de parler d’autre chose.
   L’inventivité de Boris Vian s’exprime également dans le vocabulaire qu’il utilise. On note de nombreux néologismes : antiquitaire, bedon (pour bedeau), béniction, Chuiche (pour Suisse), députodrome, prioir, zonzonner ( pour évoquer le bruit d’un insecte volant), etc.
La fantaisie est aussi présente. C’est ainsi que l’un des personnages du roman, Chick ami de Colin, est un admirateur inconditionnel d’un philosophe nommé Jean-Sol Partre !
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On pourra aussi prolonger cette lecture en (re)voyant le film L'écume des jours de Michel Gondry avec Audrey Tautou et Romain Duris.
















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