Lire et relire : Alain : 50 propos sur l’école de la République



Émile Chartier dit Alain

   Émile Chartier naît le 3 mars 1868. Il entre à l’École normale supérieure en 1889. Agrégé de philosophie en 1892, il commence à enseigner à Pontivy. L’année suivante, il publie ses premiers textes sous le nom de Criton, puis d’Alain.
Homme de gauche, il fonde l’université populaire de Lorient.
À partir de 1903, Alain publie ses Propos dans dans un journal de Normandie
En 1907 il entame une correspondance avec Gabrielle Landormy qu’il épousera...en 1945.
Jusqu’en 1933 il mène de front son travail d’écrivain et de professeur.
Son œuvre est abondante. Les Propos d’un Normand (de 1906 à 1914) comptent dix tomes ; à cela il faut ajouter une quarantaine d’ouvrages traitant de thèmes très variés.
Alain avait connu des ennuis de santé à partir de 1937 (attaque, rhumatismes). Il est mort le 2 juin 1951.

L’instituteur et le sorbonagre, 50 propos
sur l’école de la République.

   Avant de publier en 1932 les Propos sur l’éducation, Alain écrit pour la Dépêche de Rouen et de Normandie, entre 1906 et 1914, des chroniques sur l’éducation. Les éditions Mille et une Nuits ont eu la bonne idée de les publier en 2011.

   S’il fallait résumer l’œuvre d’Alain en quelques phrases, on dirait qu’il a toujours mis en évidence l’importance de l’éducation. Instruire, émanciper les esprits, lutter contre la soumission, construire la démocratie, tel fut son combat tout au long de sa vie.
On retrouve toutes ces idées dans les 50 propos sur l’école, un livre que tous les enseignants et les parents peuvent lire ou relire car la pensée d’Alain n’a pas vieilli.

 Le philosophe dénonce avec franchise dans ces Propos tous les travers de l’école et de la société : la rivalité des professeurs dont sont victimes les élèves, le poids de la hiérarchie, le mépris des enseignants les plus diplômés vis-à-vis des autres. Alain rend hommage au travail primordial des enseignants de maternelle et du primaire. Il écrit :
« Une première réforme consistera à donner le même nom à tous ceux qui enseignent : il n’y aura plus d’instituteurs, il n’y aura que des professeurs »(p.32). Un siècle plus tard, ce souhait est réalisé.
Il critique la succession inefficace des réformes :
« Les programmes sont instables comme des feuilles au vent »(p.25)
Il dénonce les établissements « où l’on entraîne les candidats comme on entraîne les chevaux en vue d’une course ».
Il n'apprécie pas le comportement des patrons qui ne veulent pas avoir « des employés intelligents et instruits (qui) lisent trop, réfléchissent trop ».

   En ce qui concerne les méthodes, Alain n'aime pas le savoir « de surface ». L’école doit apprendre à réfléchir, elle prépare les jeunes à devenir adultes. Confondre les méthodes attrayantes et l’intérêt des élèves est pour lui une erreur :
L’enfant «  est plus sérieux que vous, moins enfant que vous » dit-il à ceux
qui confondent jeu et instruction.

  Tout ministre de l'Éducation nationale devrait avoir lu ce livre.













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