Requins


    HOMMAGE À ROB STEWART


Photo de Greyson Ferguson - freerangestock.com



  Nous vivons dans un monde spéciste où l’ignorance et les traditions conduisent beaucoup de gens à se comporter bizarrement vis-à-vis des animaux. Ainsi un homme qui dit les aimer n’hésitera pas à pêcher une truite qui vient s’accrocher à l’hameçon et meurt hors de l’eau dans la souffrance. On voit aussi des gens qui arrêtent de manger du bœuf ou de l’agneau parce qu’ils ont vu des images horribles d’abattoirs mais continuent de manger du poisson.

  Pour leur malheur, les requins appartiennent au groupe des poissons, considérés inférieurs au chat ou au chien par les spécistes qui oublient que ceux-ci sont des êtres sensibles.

   Il existe de nombreuses espèces de requins(465) ; certains sont de petite taille (moins de 20 centimètres), d’autres sont très grands : le requin-baleine peut atteindre 20 mètres de longueur ! Ce sont des poissons cartilagineux.

  Et puis les légendes, certains livres et des films tels que Les dents de la mer ont contribué à leur faire une mauvaise réputation. En réalité, la plupart d’entre eux sont inoffensifs ; le requin-baleine à la masse impressionnante – environ 20 tonnes – se nourrit de plancton, d’algues et d’animaux microscopiques. Les requins carnivores mangent des crustacés, des céphalopodes et des poissons.
Cinq espèces seulement peuvent s’attaquer à l’homme. Chaque année cinq personnes (souvent imprudentes) sont tuées par des requins. L’homme, lui, tue 100 millions de requins par an.
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   Rob Stewart, cinéaste canadien, faisait partie des défenseurs du requin. En 2008, il était venu à Boulogne, au Centre national de la Mer, pour présenter son film Sharkwater. Il voulait réhabiliter auprès du grand public l’image de cet animal mal-aimé dont un tiers des espèces est menacé de disparition* pour des raisons diverses (on le tue pour l’alimentation, la maroquinerie, la cosmétique...).

  Rob Stewart savait que la baisse du nombre de requins perturberait la chaîne alimentaire en entraînant la prolifération des prédateurs de deuxième rang, l’envahissement des algues et la disparition des coraux.
Mais ce n’est pas seulement le rôle indispensable des requins dans l’équilibre des océans qui l’intéressait, il était fortement attaché à eux ; les requins étaient sa passion.

  C’est en plongeant pour les filmer qu’il a perdu la vie, il y a quelques jours,  au large de la Floride. Il n’avait que 37 ans. 

   N’oublions pas son message.

* source UICN



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