Des vies : les foulques




La rubrique LES VIES, créée en mai 2016, a pour but d’évoquer des vies, celles des êtres qui peuplent la terre, humains et non-humains aux origines communes, chacun ayant son propre caractère et ses différences.
   Tous ces êtres vivants sont décrits avec le regard de l’antispéciste qui pense que toute vie doit être respectée non pour son utilité mais parce que la volonté de vivre ne peut être entravée.

Les foulques

   Jusqu’à ce matin d’hiver, ma connaissance des foulques macroules n’était que livresque.
     C’était il y a quelques mois. Nous étions à la fin de janvier ; ma femme et moi passions le week-end en Hollande, dans une maison d’un quartier de Nieuwkoop, proche de l’aéroport de Schiphol. De la fenêtre, je voyais le jardin, derrière celui-ci un petit canal gelé par endroits et plus loin les immenses champs plats caractéristiques des Pays-Bas.
   Tout à coup j’aperçus de gros oiseaux noirs qui avançaient lentement sur le canal. Je sortis aussitôt et je m’approchai d’eux. J’avais pensé un instant que c'étaient des poules d’eau. En les voyant de plus près, je reconnus à leur taille, à leur bec blanc, à l’écusson – blanc lui aussi – qu’ils portaient sur le front et à leurs pattes verdâtres qu’il s’agissait de foulques.
   Certaines marchaient sur la glace, d’autres nageaient en hochant la tête ; de temps en temps l’une d’elles plongeait brusquement pour chercher de la nourriture entre les roseaux.
   Les avions qui passaient toutes les deux minutes au-dessus de leur tête ne semblaient pas les perturber. Comme beaucoup d’autres oiseaux (les pigeons, les moineaux, les hérons…) les foulques ont fini par s’habituer aux humains qui sont venus s’installer dans ces espaces qu’elles partageaient jadis avec d’autres animaux.

   La foulque défend résolument son territoire, parfois avec agressivité. Elle connaît bien ses prédateurs : le renard, le hérisson qui s’attaque à ses œufs… et le chasseur perfide qui utilise l’appeau pour l’attirer vers lui.
   Si elle réussit à échapper à tous les risques de l’existence, sa durée de vie peut être de dix-huit ans.





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