Carnet de voyage n°6 - 2017


Le Gévaudan, le Loup et la Bête

   Au nord de la Lozère se trouve le Gévaudan, souvent appelé le pays de la Bête.
Celle-ci a fait couler beaucoup d'encre. Des centaines de livres et d'articles lui ont été consacrés. À Marvejols un sculpteur local, Auricoste, l''a représentée dans un style moderne. Cette année l'engouement pour le mystérieux animal redouble ; en effet, on célèbre dans le département le 250e anniversaire  de la mort de la Bête, abattue par un certain Jean Chastel.  À cette occasion une grande fête a été organisée il y a quelques jours à Saint-Chély d'Apcher autour de la statue – haute de plus de 7 mètres – réalisée par Loul Combres, un céramiste de réputation internationale.

LE LOUP

   L'histoire de la Bête avait débuté en juillet 1764. La mort d'une centaine de jeunes filles et de jeunes bergers est prouvée par  les registres paroissiaux de l'époque. Ces tristes événements firent une autre victime : le loup auquel on attribua toutes ces attaques sauvages.
  Aujourd'hui encore, dans les départements de la Lozère et de l'Aveyron, le loup suscite les passions et la discorde. Depuis qu'il a fait son retour en France, au début des années 1990, la plupart des éleveurs sont favorables à ce qu'on appelle pudiquement « les tirs de prélèvement ».   De leur côté, les naturalistes demandent  la protection du loup. Ils font preuve de pédagogie. L'un d'eux déclarait récemment dans le Midi Libre : « On ne peut pas gérer la biodiversité à la carabine. » Voilà une parole sensée.

LA BÊTE

  De nos jours la Bête du Gévaudan suscite encore beaucoup d'interrogations. Qui était-elle ?
  Jusqu'en 1930, année de la parution d'une étude faite par l'abbé Fabre, on pensait que la Bête était un loup ou plusieurs loups. Puis on émit l'hypothèse qu'il s'agissait de loups venus d'ailleurs. Jusqu'à ce que des éthologues réfutent cette idée car les faits constatés trois siècles plus tôt ne correspondent pas au comportement du loup.
  On s'orienta alors vers d'autres pistes plus ou moins fantaisistes : le coupable aurait pu être un ours, un félin, un animal hybride, un fou sadique…
  L'artiste Loul Combres s'est intéressé à cette histoire car elle symbolise pour lui la peur de l'autre, un thème qui lui tient à cœur.

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