Des vies : Le renard

Photo Freerange Archives (www.freerangestock.com)

   Il fut d’abord appelé goupil. Le Roman de Renart eut tant de succès au Moyen-Âge et dans les siècles qui suivirent que le nom propre devint commun. Ainsi pendant des siècles, avec ce récit qui inspira à La Fontaine de nombreuses fables, le renard (derrière lequel les auteurs dénonçaient les travers de la société) eut la réputation d’un rusé, prêt à tous les stratagèmes pour survivre.
   Victime de fantasmes et de contrevérités, le renard a été classé dans la catégorie des nuisibles, concept – rappelons-le - contraire aux lois de l'écologie (voir le fonctionnement de la chaîne alimentaire).
  Oui, le renard transmet la rage. Mais Anne Fournier, chargée de mission à l’ASPAS (1) rappelait récemment (2) qu’aucun cas de rage transmise par le renard n’a été signalé en France depuis plus de dix ans. Quant aux parasites (l’échinocoque par exemple), le risque de transmission n’est pas plus élevé avec lui qu’avec le chien.
  Pourtant le renard continue d’être chassé toute l’année. Selon Anne Fournier, 600 000 à 1 million de renards sont tués par les chasseurs et les piégeurs chaque année. Un massacre inutile car l’espèce est capable de se réguler.

  Une étude menée par le naturaliste Denis-Richard Blackbourn a permis de montrer que la présence du renard est utile aux agriculteurs. En effet en se nourrissant de petits mammifères qui causent des dégâts aux cultures, il fait gagner au paysan une somme d’environ 2 400 euros par an.
En dehors de l’aspect éthique, aucun argument scientifique ne justifie qu'on tue des renards. Laissons donc vivre en paix ces animaux nocturnes qui aiment se promener dans les forêts, les prairies et les landes...

1. Association pour la protection des animaux sauvages
2. dans une interview donnée au magazine L’âge de faire


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