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mercredi 5 mai 2010

AFRIQUE ( Du fond de la nuit)





Du fond de la nuit où nous sommes
j'entends monter dans la savane
le chant d'espoir des hommes qui
célèbrent la saison nouvelle



Dans la nuit profonde j'entends
la voix chaude des femmes fières
que les tam-tam tremblants entraînent
dans une danse échevelée


Et quand enfin le jour se lève
on voit s'allumer de grands feux
dans les yeux de l'enfant qui rit


lundi 3 mai 2010

Jusqu'où le singe est-il un homme ?




Pendant des siècles, la philosophie occidentale a négligé l'étude de l'animal, considéré uniquement comme un auxiliaire de l'homme, utile pour effectuer de durs travaux, pour lui fournir sa viande, pour le distraire ( bêtes de foires, de cirques, corrida),pour tester médicaments et produits divers.
Depuis des siècles, des animaux ont été sacrifiés,ont enduré les pires souffrances à cause de cette attitude.
Ces dernières décennies, l'éthologie, la psychologie animale, ont permis de faire évoluer les rapports que l'homme entretient avec l'animal.
Les récentes études ont mis à mal les conceptions anciennes et ont montré que la frontière entre l'humain et l'animalité n'était pas aussi claire qu'on le pensait.
Ainsi, la référence à l'outil ─ utilisée autrefois pour définir cette frontière ─ n'est plus pertinente : dans son livre Nouvelle Histoire de l'Homme Pascal Picq rappelle que de grands singes se servent de pierres ou de bouts de bois pour casser des noix de coula aux coques très dures. De même, le séquençage de l'ADN démontre que les grands singes africains - chimpanzés et gorilles - sont plus proches de l'homme que des grands singes asiatiques.
Les observations faites récemment par une équipe de l'Université de Sterling (Ecosse) sur le comportement des chimpanzés apportent de nouveaux éléments.
Ayant assisté à la mort d'une femelle qui avait vécu plus de 20 ans avec d'autres chimpanzés, James Anderson, professeur de psychologie ayant participé à ces travaux a déclaré :
" Certains des comportements (des chimpanzés) étaient fortement similaires aux réactions d'humains confrontés à la mort de leurs semblables."
En effet, alors que la vieille femelle se mourait, ses compagnons l'avaient caressée, puis avaient vérifié qu'elle ne bougeait plus ; ensuite, sa fille avait passé la nuit près d'elle.
Les défenseurs de la cause animale trouveront dans les progrès de l'éthologie de nouveaux arguments en faveur de leur lutte.

samedi 1 mai 2010

MAREES NOIRES



Ainsi, une fois de plus, ceux qui vivent du pétrole
ont sévi et une nouvelle catastrophe s'est déclarée,
causant la mort d'une dizaine de travailleurs et
menaçant les écosystèmes de quatre états américains
( Louisiane, Floride, Alabama, Mississipi).
La cause de ce désastre ?
- L'explosion d'une plateforme de forage en eau
profonde, installée à 70 km au large de la Louisiane,
près d'une zone sensible du point de vue écologique.
Explosion qui déclenche un incendie, puis
l'engloutissement de la plateforme. Deux mille
mètres cubes d'hydrocarbure partent en fumée, le
reste se répand à la surface de la mer. La nappe de
pétrole atteint à ce jour 74 000 m2 et chaque jour
800 m3 continuent de s'échapper.
Les conséquences de cette catastrophe seront
énormes du point de vue écologique ( atteinte de
l'écosystème côtier, mise en péril de la flore et de la
faune - cachalots, dauphins, poissons, crustacés,
oiseaux) et du point de vue social ( 40% des
crustacés consommés aux USA proviennent de la
Louisiane).
Dans le passé, les marées noires avaient pour
cause essentielle les négligences des pétroliers.
Aujourd'hui, en raison de la diminution des réserves
de pétrole, l'exploitation se fait dans des conditions
de plus en plus difficiles, de plus en plus dangereuses,
en mer. Le golfe du Mexique contient à lui seul
3500 plates-formes offshore !
Si l'on continue d'agir ainsi jusqu'à la disparition
du pétrole, de telles catastrophes vont se multiplier.
Cela serait irresponsable. Il est urgent de préparer
dès maintenant l'ère de l'après-pétrole. C'est la
seule façon de préserver les écosystèmes.

jeudi 29 avril 2010

PORTRAIT : Omer



LE CANCRE

"... sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur. "
( Jacques Prévert )

Nicolin, vous êtes un cancre !
La sentence prononcée par le professeur de français résonne terriblement dans sa tête.
Cancre, ce mot lui fait mal ; intuitivement, il lui fait penser à cancer. Il saura plus tard qu'il ne se trompait pas.



Dans la cour du collège, à l'écart des camaradesdont il ne supporte plus les moqueries, le jeuneOmer repense aux critiques qu'il vient de subir.
Il n'a " rien compris au texte magnifique de Victor Hugo", a dit le prof. Ce combat de Roland et d'Olivier, il a bien essayé de le lire avec attention. Il n'y est pas parvenu, tant il l'a détesté.
Ce combat interminable entre deux hommes, ces histoires d'épées affublées de noms stupides ─ Closamont, Durandal ─, ces affaires de heaume et de haubert, il ne les a pas supportées.
Il a rendu un devoir trop court, un texte bâclé.
La grande passion d'Omer, c'est le dessin. A longueur de journée, il dessine des animaux dans leur cadre naturel. Plus tard, il écrira des livres illustrés qui feront rêver les enfants. Il parlera de poules d'eau,d'escargots, de papillons, de chevauchées fantastiques dans les prés et les bois.
Il  pense passionnément à ce qu'il veut faire plus tard... et tous les zéros de son carnet de notes s'envolent et vont se perdre dans les nuages.

mardi 27 avril 2010

PAYSAGES ET TOURISME DURABLE

Montpezat d'Agenais

La qualité des paysages ruraux a été un élément

essentiel dans le développement du tourisme.
Dans de nombreux départements, celui-ci est
devenu une activité économique importante
avec les risques que cela comporte.
Ce développement appelle quelques remarques.

Ceux qui ont connu 1936, année où les congés

payés sont nés, se souviennent de cette loi qui
devait changer la condition ouvrière : le tourisme
était ouvert à tous. Il fallut cependant attendre
le début des années 60 pour connaître le
phénomène du tourisme de masse qui voyait
les gens s'agglutiner par milliers dans les mêmes
lieux, en particulier au bord de la mer et davantage
encore sur les plages ensoleillées. Mais l'essor
touristique n'a pu échapper aux inégalités sociales :
aujourd'hui encore, un Nordiste sur deux ne
part pas en vacances.
Ce tourisme de masse s'est inséré dans la logique
de la société de consommation. Aller loin, le plus
vite possible, visiter les lieux intéressants ─ ceux
qui sont signalés dans les guides spécialisés ─
de manière superficielle, tel est le credo de cette
forme de tourisme encore pratiqué aujourd'hui,
en particulier dans les destinations exotiques.

Depuis deux décennies, l'idée d'un tourisme
durable basé sur l'authenticité, le respect des
autochtones et de l'environnement, l'intégration
dans la vie locale, fait son chemin.
Certes la beauté des paysages, des sites naturels
sauvegardés, des villages de caractère, restent des
atouts touristiques affirmés, mais de plus en plus,
les gens s'éloignent des images préfabriquées et
partent à la recherche de lieux de vie réels, non
sophistiqués. Ils ne se considèrent plus comme
des touristes de passage, mais se mêlent aux
habitants et reviennent souvent plusieurs années
de suite au même endroit. Beaucoup abandonnent
la voiture et découvrent les paysages en marchant.

Ce ressourcement peut être un engagement
spirituel, une démarche écologiste, une tentative
de sortie du système actuel. Ou tout cela à la fois.
Il s'agit là d'un phénomène intéressant.


vendredi 23 avril 2010

LA COCCINELLE

NATURE



Parmi la multitude d'insectes qui fréquentent nos
lieux familiers, la coccinelle est sans aucun doute
celle qui bénéficie de la réputation la plus flatteuse.


Dans le regard de l'enfant qui n'a reçu aucune leçon
de biologie et qui se fie aux apparences, la
coccinelle semble immédiatement sympathique.
Il aime sa couleur vive, ce beau rouge écarlate
constellé de quelques points noirs ou jaunes,
sa forme arrondie, son aspect lisse et sa petite
taille rassurante.
L'enfant craint la guêpe et le bourdon qui piquent,
il déteste l'araignée et le cafard qu'il trouve
repoussants mais dès qu'une coccinelle vient se
poser sur sa main, il manifeste sa joie ; le léger
chatouillis qu'il ressent le fait sourire.
A l'âge adulte, ces craintes et préjugés persistent
souvent.

Le jardinier apprécie la coccinelle pour sa voracité
qui le débarrasse des pucerons et cochenilles
redoutés.

Tout le monde aime la coccinelle et l'appelle

familièrement " bête à bon dieu ". Le dévot
devine en elle la bonté divine ; en prononçant
ces mots, le mécréant ne peut s'empêcher de
repenser aux jurons de son enfance.


Bref, tout irait bien pour elle si une menace
venue de Chine ne pesait sur l'espèce : la
coccinelle asiatique est devenue sa hantise
et la coccinelle de nos prés, de nos bois,
maudit la mondialisation.

mercredi 21 avril 2010

Regard sur un nuage de cendres



Etrange époque ! 


Il a suffi de la conjonction de deux phénomènes naturels ─ le réveil d'un modeste volcan dans un pays qui en compte 200 et un anticyclone qui transporte dans une certaine direction un gigantesque nuage de cendres ─ pour paralyser un système qui se croyait inébranlable.



Aussitôt la médiatisation de l'évènement met en avant les conséquences néfastes pour ce système économique : la perte engendrée par l'annulation de 16 000 vols pour les compagnies aériennes et les agences de voyages, pour le commerce international, dans l'impossibilité de livrer les fruits, légumes et fleurs venus de lointains pays, les petites misères de 7 millions de passagers, pour la plupart des vacanciers adeptes d'un tourisme exotique non équitable. C'est aussi l'occasion pour les bénéficiaires du système mondialisé de remettre en cause le principe de précaution qui a retenu les avions au sol. Ceux-là se souviennent-ils que si ce principe avait été adopté plus tôt, l'amiante n'aurait pas tué autant de personnes, des drames liés aux inondations auraient été évités ?

Quelles leçons tirer, d'un point de vue écologiste, de cet épisode ?
─ L'homme qui joue aux apprentis sorciers depuis deux siècles doit redevenir modeste vis-à-vis de la nature.
─ Il est grand temps de préparer l'ère de l'après- pétrole. Le modèle de développement actuel, vorace en énergie et inégalitaire, n'est pas viable dans la durée.
─ Dans cette perspective, la relocalisation de l'économie est indispensable.
─ Enfin, le principe de précaution doit être maintenu : la santé, la vie des gens, comptent davantage que les intérêts financiers.

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