Rechercher dans ce blog

dimanche 17 avril 2011

FEMMES D' ICI .lect..


72

FEMMES D'ICI  et D'AILLEURS







Femmes d’ici femmes d’ailleurs
vous qui implorez le ciel pour que revienne la pluie
qui fera germer le riz
Vous qui avez vu vos fils vos maris emmenés dans des geôles
où s’acheva leur vie
Vous qui avez tout donné et qu'on abandonna
aux longues nuits d'hiver
sans feu et sans personne
Vous qui étiez si belles à vingt ans
et que les lourds travaux
ont implacablement   brisées
Femmes d'ici femmes d'ailleurs
Vous êtes la promesse
des prochaines aurores

avril 2011
 

vendredi 15 avril 2011

REUSSITE, le mot de la semaine(34)

Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   REUSSITE




— Réussir sa vie, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Cette question classique posée lors des entretiens d’embauche amène des réponses variées : c’est vivre heureux en famille, entouré d’amis, de collègues, pour les uns, c’est avoir une vie professionnelle qui permet d’avoir un train de vie convenable pour les autres...
Une étude récente menée par l’ESSEC avec l’appui de l’institut CSA donne un aperçu encourageant sur la mentalité des personnes sondées dans une dizaine de pays. Le désir de célébrité, la recherche du pouvoir semblent attirer moins que par le passé. Par contre les motivations sociales et humanistes ( se battre pour une cause humanitaire, monter un projet, servir l’intérêt général) semblent gagner du terrain.
Est-ce le signe que l’individualisme, l’égoïsme qu’on dénonce souvent diminueraient ?
Ce serait une excellente nouvelle dans la perspective de l'amélioration de la société.







mercredi 13 avril 2011

CROISSANCE/DECROISSANCE

            L’histoire nous a appris que toutes les idées novatrices finissaient par être récupérées, tout en s’affadissant au fil du temps. C’est ainsi que le socialisme du 19e siècle qui proposait une société nouvelle refusant l’aliénation de l’homme par l’homme s’est mué en une social-démocratie se satisfaisant de quelques mesures qui adoucissent la société mondialisée.
Le même phénomène est en train de se produire avec l’écologisme.
Le concept de « sustainable development » apparu en 1987 et traduit injustement par développement durable ( soutenable ou supportable aurait été plus juste) a perdu  de sa substance ( la prise en compte du social, l’importance de l’environnement, l’économie remise à sa vraie place — un moyen et non une fin ,  l’ équité introduite dans le social et l’économie) et se réduit aujourd’hui à quelques mesures à la marge, sans réelle remise en cause du modèle de société responsable du désordre écologique.
Certes le mot  développement n’était sans doute pas le meilleur pour exprimer ce concept. En effet, il est perçu le plus souvent dans son sens économique, en lien avec l’idée de croissance. Dans son dernier ouvrage, La Voie, Edgar Morin propose de lui ajouter le mot enveloppement, exprimant par là la nécessité de « conserver les protections communautaires et de sauvegarder les qualités que le développement tend à détruire » ( la Voie, page 50)


lundi 11 avril 2011

Variations en jaune

1
Quand je pense à la couleur jaune, aussitôt me viennent à l’esprit les longues plages de sable de la Côte d’Opale, entre Calais et le Touquet. Et puis il y a aussi les prés envahis de boutons d’or, les immenses taches jaunes que forment les tulipes de Keukenhof à la mi-avril.


2.
Les poètes utilisent peu l’adjectif jaune, jugeant sans doute le mot trop fade ( yellow,  amarillo, par exemple, paraissent plus poétiques). Ainsi, dans le poème Le chaland, Verhaeren préfère utiliser les mots or et blond :
« Il transporte des cargaisons / Par tas plus hauts que sa maison :/ Sacs de pommes vertes et blondes…/ Et quelquefois des seigles d’or …»   
3.
Picasso disait : « Certains peintres transforment le soleil en point jaune ; d’autres transforment un point jaune en soleil ».
Van Gogh est certainement le peintre qui a su le mieux utiliser le jaune pour exprimer ses sentiments, ses hantises, surtout à la fin de sa vie. On ne se lasse pas d’admirer ses tournesols, ses champs de blé sous la chaleur lourde d’été, ses soleils tourmentés.  


4.
Toutes les langues ont des difficultés pour désigner la  couleur de certaines choses . Prenons l’exemple du vin. S’il existe bien un vin qualifié de jaune, que dire par contre de tous ceux qu’on appelle vins blancs ? 
La neige est blanche, le lait aussi, mais les vins qu'on dit blancs sont à l'évidence  jaunes. 



samedi 9 avril 2011

MIGRATION(S), le mot de la semaine (33)

Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   MIGRATION(S)






Les migrations humaines sont au cœur de notre histoire. Sans elles, l’humanité n’aurait pu s’installer sur terre et s’y développer.
La préhistoire est marquée par ces migrations qui, selon les connaissances à ce jour, ont permis à  un noyau d’êtres humains d’Afrique de s’implanter sur tous les continents.
Les temps historiques ont perpétué cette aventure, dans des conditions qui débutèrent trop souvent dans des conditions tragiques pour les peuples indigènes ( invasions, massacres, pillages…) mais qui  au fil du temps aboutit à une mixité paisible des populations.
C’est ainsi que l’Europe contemporaine est le résultat d’un brassage de peuples où cohabitent des descendants d’aventuriers, de persécutés, venus de partout et que  l'Amérique  a été  profondément modifiée par l'arrivée sur ses terres de nombreux Européens.
Aujourd’hui le phénomène migratoire a changé : ce ne sont plus des peuples qui migrent, mais des individus, des petits groupes, et leur entrée dans un pays étranger se fait dans des conditions pacifiques.
Leur présence est une véritable richesse ( culturelle, économique) pour les pays d’accueil. Un repli des nations sur elles-mêmes serait une régression.  


jeudi 7 avril 2011

ECOLOGIE ET PAUVRETE

« Là-bas  le jour se lève sur les déserts brûlants  
où l’eau ne coule que sur le visage des mères.

Et dans les villes asphyxiées, des enfants perdus
 fouillent les poubelles de l’abondance. »

(Extrait de : Les enfants du monde - 2010 )


La semaine du développement durable a une nouvelle fois mis en évidence l’ambiguïté de ce concept vidé de sa substance par la plupart des responsables politiques et économiques et souvent limité à des mesures concernant l’amélioration de l’environnement.
On ne répètera jamais assez que l'exigence écologique doit être replacée dans un projet global prenant en compte l' exigence démocratique afin de contrer tout risque totalitaire et l' exigence sociale. 
Tout projet écologique doit  s'employer à réduire les inégalités, lutter efficacement contre la pauvreté, celle qui existe dans les pays riches et celle que connaissent à une plus grande échelle les pays pauvres.

L’économie mondialisée s’est  construite sur un principe immoral : l’enrichissement excessif des uns se fait sur le dos des plus fragiles et pille les richesses naturelles qui   sont un bien commun.
C’est ainsi que dans certains pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, la situation est devenue intenable pour des millions de gens.
1,5 milliard de personnes dans le monde ne bénéficient pas d’eau potable.
30 000 meurent chaque jour à cause de problèmes d’ hygiène liés souvent à l’eau.
Un milliard de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour et  un autre milliard avec   moins de 2 dollars.
Parallèlement, certains riches gagnent et dépensent dans une journée  des sommes colossales  et gaspillent une quantité inadmissible d’énergie.

Ne  parlons plus du désastre écologique sans y   associer systématiquement le désastre social.

mardi 5 avril 2011

EN FINIR AVEC LE PIB

Mettre en pratique un véritable développement soutenable suppose qu'on se débarrasse des travers du modèle actuel qui a creusé les inégalités sociales et mis en danger la planète sur le plan environnemental.

 L’évolution vers une société responsable, plus juste, plus humaine, nécessite un changement des mentalités et une autre conception de l’économie. Nous nous heurtons aujourd’hui au fait que la plupart des économistes font preuve d’une méconnaissance affligeante de l’écologie. 

 L’abandon du PIB, indicateur choisi pour mesurer la santé d’un pays, devrait être le premier symbole d’une économie réconciliée avec l’écologie ( aucun élément qualitatif n'étant introduit dans son calcul, toutes les activités - y compris les accidents de la route, les marées noires,les inondations... - contribuent à augmenter le PIB, ce qui le rend absurde). 


Quel serait l' indicateur idéal?
D'autres unités de mesure existent déjà. Le PNUD (programme des Nations Unies pour le développement) utilise l'indice de développement humain. Cet indice n'est pas satisfaisant car il ne prend en compte que trois éléments : le niveau de santé, représenté par l'espérance de vie à la naissance ; le niveau d'instruction, représenté par le taux d'alphabétisation des adultes et le nombre moyen d'années d'études et le revenu représenté par le PIB par habitant après une double transformation tenant compte de la différence de pouvoir d'achat existant d'un pays à l'autre et du fait que le revenu n'augmente pas le bien-être
d'une manière linéaire.

Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige le PIB en prenant en compte les pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement.
Depuis 1995, un institut californien (Redefining Progress) propose un IPV ( indicateur de progrès véritable) qui tient compte non seulement du coût écologique mais aussi de la " vraie richesse" ( entre autres l'activité bénévole et le travail domestique)

Dans cette recherche d'indice alternatif, deux expériences   faites en Suisse auprès d' agriculteurs et  au Canada méritent d’être signalées. La seconde a adopté une démarche citoyenne appuyée par les réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP) qui ont aidé les citoyens à identifier les indicateurs techniques correspondant aux thèmes qu'ils avaient choisis. Elles avaient pour but de définir un indice de qualité de vie et de bien-être.
Les citoyens canadiens concernés ont donné la priorité, dans l’ordre, aux  droits démocratiques et à la participation, à  la santé, à  l'éducation, à l'environnement.
L'économie et l'emploi arrivent  loin derrière les droits démocratiques. Cela confirme d'une manière brutale l' archaïsme du PIB.
Le premier signe du changement sera l'abandon de la référence au PIB  et la mise en place d'un indicateur englobant les multiples critères de la qualité de la vie. 


Texte mis à jour le 16 août 2012


Chroniques les plus lues