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lundi 19 octobre 2015

Carnet de bord - semaine 43 : le musée de l'Homme

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».



La réouverture du musée de l’Homme,  le 17 octobre à Paris, est une bonne nouvelle. 
D’abord pour la culture. Les collections qu’on peut y voir rassemblent de nombreuses pièces qui permettent d’enrichir nos connaissances sur l’histoire de l’Homme, son évolution, ses rapports avec la nature. Elles apportent des éléments de réponses aux trois questions que chacun se pose : « Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Ensuite, pour le message qu'il délivre.

À l’heure où resurgissent des propos ahurissants  sur “ la race blanche” , le musée explique comment les classifications ont été inventées et pourquoi, derrière la différence des cultures et des traits physiques, il y a une unité de l'espèce humaine.


Dès 1950, l'UNESCO dans une " Déclaration sur les races " avait invité les biologistes à rappeler sans cesse que la notion de race humaine n'est pas valide scientifiquement.

En 1974, la découverte du fossile Lucy, à Hadar ( Ethiopie ), par une équipe de chercheurs parmi lesquels figurait Yves Coppens apportait des éléments nouveaux sur les origines de l'Homme.
Des recherches plus récentes ont permis à Howard Cann, chercheur, d'écrire en 2008 que « tous les hommes descendent d'une même population d'Afrique noire, qui s'est scindée en plusieurs branches au fur et à mesure du départ de petits groupes dits fondateurs. Leurs descendants se sont retrouvés isolés par des barrières géographiques (montagnes, océans…), ce qui a favorisé les différenciations.

Plus récemment encore, des études sur  l’ADN d’hommes d’aujourd’hui ont montré qu’une part  du génome de l’homme de Néandertal subsisterait  chez les populations modernes d'Europe et d'Asie, ce qu’on pensait impossible jusqu’à présent.
Toutes ces connaissances nouvelles devraient mettre fin aux fantasmes  de ceux qui nient la réalité scientifique.

De même, la question des migrations au cœur de l’actualité ces dernières temps apparaît banale pour l’anthropologue puisqu’elle est présente depuis des millions d’années.
Et pour rester dans l’actualité, il y a aussi le changement climatique. Le musée l’Homme nous rappelle que l’être humain a toujours eu un lien privilégié avec le climat. Pendant trois millions d’années, il a vécu dans les conditions d’un développement « durable » ; il a suffi de deux siècles à l’homme de l’ère industrielle pour détruire  les équilibres.

Comprendre l'homme dans sa globalité, c'est le grand intérêt du musée de l'Homme.

samedi 17 octobre 2015

Une photo, une phrase : Un instant de grâce





J'aime fixer l’instant que j'ai apprécié ou qui m'a ému. C'est pourquoi lors de mes promenades, de mes déplacements, de mes voyages, j’emporte  presque toujours  avec moi  un appareil photo, outil idéal pour garder  les images que la mémoire pourrait oublier.

Un instant de grâce
Cette photo  a été prise au bord du Lot, dans le département de la Lozère, un soir de juin (en 2015)



La phrase
Il suffit parfois de peu de chose pour éprouver l’espace d’un instant un sentiment de plénitude ; il suffit de regarder une rivière qui coule tranquillement devant vous, un couple de hérons qui passe en rasant la surface de l’eau et puis soudain, au moment où le soleil va se coucher derrière la montagne, vous apercevez, étonné, des rayons violacés qui traversent comme dans un rêve la paille couvrant le toit d’une terrasse et vous vos sentez heureux.

vendredi 16 octobre 2015

HORIZON 2050 : COP 21 - Les obstacles à éviter

Au moment où la France s’apprête - du 30 novembre au 11 décembre - à accueillir  la COP 21 qui devra prendre des décisions importantes pour l’avenir de l’humanité, il paraît utile de rappeler quelques repères permettant d’appréhender la transition écologique dans sa globalité.


On présente généralement  la COP 21 comme un évènement décisif pour lutter contre le dérèglement climatique et la communication des responsables politiques et associatifs porte essentiellement sur la nécessité de s’engager dans la sortie des énergies fossiles, responsables de 80 % de la hausse des émissions de gaz à effet de serre.
Il s’agit là d’un objectif technique qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à deux degrés au maximum.
Pour que cela soit possible, il faut, comme le réclame le WWF, que le mix énergétique mondial  s’élève à 25 % dès 2020 pour atteindre 100 % à l’horizon 2050 qui devrait être l’an 1 de l’ère nouvelle.

La première difficulté de cette conférence sera de convaincre les 195 pays  qui y participent.
Les précédents sommets sur le climat se sont tous achevés sur un échec, certains grands pays comme les Etats-Unis refusant le moindre effort au nom de leurs intérêts économiques. Il faut espérer qu’à Paris la prise de conscience des menaces qui pèsent sur l’humanité sera plus forte que par le passé.

Si ce premier obstacle est franchi, encore faudra-t-il que les décisions prises soient suivies d’effets. Il faut tirer la leçon du sommet de Rio de 1992 qui avait débouché sur l’idée d’un développement soutenable qui n’a pas suffisamment été appliqué puisque la situation écologique de la planète n’a cessé de se dégrader.
La France est l’exemple type du pays qui  mène dans certains domaines des politiques contraires au développement soutenable : en matière de transport ( projet d’aéroport, abandon de l’écotaxe...), d’agriculture ( soutien à une agriculture intensive, à l’élevage industriel...), d’énergie ( non respect des engagements*, part insuffisante des énergies renouvelables...)

Enfin, il faut avoir en tête que la lutte contre le dérèglement climatique ne se limite pas à la mise en place de mesures techniques, certes nécessaires mais insuffisantes.
La question du climat étant mondiale, elle nécessite une autre forme de mondialisation basée sur la sobriété énergétique et sur la solidarité ; partout dans le monde, des projets économiques  locaux respectant ces principes doivent voir le jour. 
L’imagination, l’innovation, l’engagement citoyen,  seront nécessaires pour développer cette nouvelle économie.

Cela signifie qu'après la COP 21, le sort de la transition sera plus que jamais dans les mains de chacun de nous.

* Grenelle de l'environnement,  fermeture de Fessenheim qui tarde à venir...

mercredi 14 octobre 2015

HUMEURS : La réputation




« Au village, sans prétention, 
J'ai mauvaise réputation (...) 
Je ne fais pourtant de tort à personne, 
En suivant mon ch’min de petit bonhomme ; 
Mais les brav’s gens n'aiment pas que 
L'on suive une autre route qu'eux…» 
( Georges Brassens - La mauvaise réputation)

J’aurais pu citer un(e) philosophe - par exemple Gloria Origi qui vient d’écrire un livre sur le sujet) pour introduire ce billet d’humeur, mais je pense que la chanson de Brassens expose clairement le fond du problème : les gens ont tendance à se méfier de ceux qui ne vivent pas comme eux, des gens qui sont différents d’eux.
La réputation n’est pas toujours une appréciation objective s’appuyant sur des faits, sur des statistiques, elle est souvent l’objet de préjugés relevant de l’ignorance ou de la volonté de nuire ( en faisant courir des rumeurs, en calomniant).

Le respect de la réputation était enseigné autrefois dans les livres de morale. Les élèves apprenaient qu’« un coup de langue est pire qu’un coup de lance ».
À‭ l’heure du numérique, la réputation des personnes peut être détruite par des propos malveillants. Il existe des sites ( par exemple Yatedo) qui bâtissent une biographie des gens et leur e-réputation sans leur consentement.
‭Quand on sait que les recruteurs scrutent le web pour se renseigner sur ceux qui sollicitent un emploi, les conséquences de ces agissements peuvent être graves.

La réputation ne concerne pas seulement les personnes, mais aussi les corps de métiers, les établissements, les habitants d’une région, d’un pays...
Là encore, le jugement porté manque souvent d’objectivité ; il est influencé par les préjugés, parfois  par la xénophobie ou le racisme...et aussi par la tricherie.

Certains restaurants, certains hôtels, peuvent avoir sur le web une  réputation ( bonne ou mauvaise) qui a été fabriquée de manière malhonnête. Des établissements scolaires ont une réputation usurpée quand, en obtenant des résultats inférieurs à d’autres, ils apparaissent meilleurs parce qu’ils sont implantés dans un beau quartier.
On attribue à certains fonctionnaires, à des gendarmes, des défauts qu’ils n’ont pas ; on fait aux Corses, aux Bretons, aux Polonais, aux Belges et à bien d’autres des réputations infondées.

Comme il y a peu d’espoir de voir l’objectivité régner un jour dans ce domaine, il reste peu de solutions : se moquer de la réputation qu’on nous fait et n’intervenir que lorsque les limites sont dépassées !

lundi 12 octobre 2015

Carnet de bord ( semaine 42)

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but de faire entendre « la rumeur du temps présent ».


L'optimisme, la réalité, l'action  

Il y a tellement d’écrivains et  de philosophes désespérants dans le monde d’aujourd’hui qu’il est agréable de lire et d’écouter ceux qui délivrent des messages d’espoir. Michel Serres fait partie de ceux-là.
C’est un auteur qui ne cesse de montrer son optimisme, à tel point qu’il lui arrive de ne pas voir la réalité : quand, par exemple, il définit notre époque « comme un âge doux » parce que le monde serait « pacifié » depuis 70 ans, il se trompe ; certes depuis 1945, aucune guerre mondiale n’a eu lieu mais un peu partout dans le monde les conflits se sont succédé  et continuent aujourd’hui encore. L’historien américain Daniel Pipes en a recensé, pendant cette période, 67 ayant occasionné plus de 10 000 morts. (http://fr.danielpipes.org).

Cela dit, Michel Serres  travaille depuis des années à la définition d’un monde nouveau  et avance des idées intéressantes ; son discours mérite d’être entendu.

Dans un entretien récent , interrogé sur l’évolution du monde, il répondait qu’il voyait dans la mutation qui s’est produite depuis le 19e siècle trois faits  marquants : la disparition de la paysannerie dans les pays développés, l’explosion démographique et l’invention des nouvelles technologies. Je partage cette analyse.

Mise à jour :
1er Juin 2019 - J'apprends aujourd'hui le décès de Michel Serres. L'homme disparaît mais sa pensée positive continuera d'inspirer celles et ceux qui se battent pour construire un monde meilleur.

samedi 10 octobre 2015

Une photo, une phrase : Rencontre avec des lémuriens




J'aime fixer l’instant que j'ai apprécié ou qui m'a ému. C'est pourquoi lors de mes promenades, de mes déplacements, de mes voyages, j’emporte  presque toujours  avec moi  un appareil photo, outil idéal pour garder  les images que la mémoire pourrait oublier.

Les lémuriens

Primates de taille très variable, installés sur l’île de Madagascar depuis une soixantaine de millions d’années, les lémuriens sont comme beaucoup d’autres espèces victimes de la déforestation, de la chasse, du dérèglement climatique et parfois de catastrophes naturelles. 
Ils sont de moins en moins nombreux, ce qui a conduit à mener à partir du 20e siècle des actions de conservation dans des parcs et des réserves.

La phrase : 



Les lémuriens étaient regroupés et  grignotaient les feuilles d’un arbuste ; l’un d’eux se tenait à l’écart, dans une attitude qui m’a aussitôt rappelé le penseur de Rodin : la tête baissée, repliée sur la poitrine (peut-être par timidité), il avait le regard caractéristique des êtres plongés dans une rêverie dans laquelle j'imaginais une certaine tristesse.


lundi 5 octobre 2015

Carnet de bord - semaine 41 : Une méthode

Le Carnet de Bord livre chaque semaine des réflexions sur notre époque, inspirées par mes activités, mes loisirs, mes sorties et l'actualité. Ces libres cheminements ont pour but  de faire entendre « la rumeur du temps présent ».


UNE METHODE :
La complexité, la simplicité, l’essentiel

On répète souvent que c’est le manque de repères qui  est la cause du malaise pesant sur la société actuelle. C’est en partie vrai, mais ce phénomène est normal  dans une période de transition où l’on remet en cause beaucoup de choses.
Il existe un problème dont on parle peu mais qui me semble aussi important, voire plus : c’est l’absence, dans beaucoup de domaines, d’une méthode.
Bien sûr, en écrivant ce mot, je pense à Edgar Morin qui est à mes yeux le penseur français contemporain le plus novateur. Morin  a développé dans les six tomes de La Méthode, et sous différents angles ( la nature, la vie, la connaissance, les idées, l’humanité, l’éthique) une pensée nouvelle inspirée de l’écologie scientifique : la complexité ( qui, je le rappelle,  ne signifie pas une difficulté mais le fait de tisser des liens entre les éléments)

Prendre de bonnes décisions implique d’entendre d’abord les acteurs,  les usagers, les spécialistes, puis de faire son choix en intégrant la notion de complexité. Ce n’est pas toujours le cas. On décide trop souvent dans l’urgence, dans l’émotion, sans vision sur le long terme.

Il faut cependant reconnaître que la complexité n’est pas facile à appréhender. Dans une masse importante d’informations, de paramètres, il faut faire un tri. C’est ce que l’enfant fait de façon naturelle quand il apprend un langage.
Dans le dernier numéro de Sciences humaines, Jean-François Dortier cite les travaux de la chercheuse Elissa Newport à qui on doit la théorie du « Less is more ».
Selon elle, apprendre un langage c’est trouver le simple dans la complexité.
Ce principe de simplicité peut s’appliquer dans différents domaines.

Reste alors à définir comment s’assurer que ce qu’on a retenu comme étant simple ne déforme pas  ce qui est contenu dans le complexe. C’est le troisième pilier de la méthode : l’essentiel, le fondamental.

En conclusion, qu’il s’agisse d’éducation, de démocratie, de prise de décision... il me semble nécessaire d’utiliser une méthode  qui intègre à la fois la complexité et la simplicité, en allant à l’essentiel. 
En d'autres termes, il faut extraire de la complexité confuse ce qui est fondamental, en l'énonçant clairement.


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