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mardi 5 juillet 2016

Art de vivre - Eté 2016 n°1





    
   Pendant plusieurs semaines cet été ce blog prendra un air de vacances. Je n’éprouve pas le besoin de ne pas écrire quelque temps comme le fait tout travailleur qui a besoin de se ressourcer, d’évacuer la fatigue et le stress accumulés pendant les mois précédents.
    Certains écrivent dans la douleur; pour moi, écrire est un plaisir et j’essaie d’éviter le piège de la monotonie qui provoque la lassitude du lecteur.
  Chaque été, le blog abandonne les chroniques habituelles, celles qui sont liées à l’actualité, pour aborder un thème principal. Il y a eu les années précédentes : la liberté, la beauté des jours ordinaires, l’évocation des vacances à travers les siècles, l’évasion, thème illustré par les photos de Ramon Ciuret. 
  Cette année, les chroniques parleront essentiellement de l’art de vivre et les articles paraîtront  le mardi, le jeudi et le samedi.


dimanche 3 juillet 2016

L’image du week-end : Un port


Fête de la mer à Boulogne

Souvenirs d’un port   

    Le port fait partie de mon horizon depuis l’enfance. Celui de Boulogne fut d’abord pour moi un lieu de promenade. Le dimanche, dans la foule qui marchait le long des quais, je regardais avec curiosité les mouettes qui s’approchaient de nous, les bateaux qui avaient tous un nom. Nous  avancions jusqu’à la jetée et là, chaque fois,  je contemplais la mer, ébahi.

    Pour l’enfant et le poète, le port est avant tout le lieu où naissent les  rêves de voyages. En regardant les paquebots qui sortaient du port, j’imaginais être un de ces passagers qui partaient pour de lointains pays. En réalité, ils allaient  vers l’Angleterre toute proche...

    Et puis de temps en temps, il y avait de fabuleux bateaux qui faisaient escale : des voiliers anciens qui avaient traversé toutes les mers. Les livres de Joseph Conrad et de Pierre Loti entretenaient les rêves.

   En grandissant j’ai compris que le port est d’abord un lieu qui fournit du travail aux hommes. En voyant les caisses remplies de poissons, je pensais à la vie rude des marins et des dockers. Les poèmes de Victor Hugo m’avaient appris les drames causés par les tempêtes et l’angoisse des femmes de marins.

    Toutes ces images, ces sentiments ne s’effacent jamais. Elles resurgissent quand je me promène sur les quais d’un de ces ports à taille humaine de Bretagne, de Normandie ou de la Côte d’Opale que j’aime tant.

     (Mais je fuis les ports gigantesques si tristes où les  hommes sont quasiment absents).

vendredi 1 juillet 2016

Le loup, l’éleveur et l’antispéciste

Photo Freerange Archives


   Les rapports entre l’homme et le loup suscitent à nouveau de nombreuses discussions à tel point que Le Midi libre a récemment mis le sujet à la une de son journal et y a consacré deux pages. En Lozère et en Aveyron, départements d’élevage ovin, deux visions différentes s’expriment : les uns sont partisans d’une nature maîtrisée par l’homme, les autres prônent le retour à une nature sauvage dans laquelle le loup aurait toute sa place.

   Selon le journal, 11 attaques de troupeaux ont eu lieu en Aveyron l’an dernier ( 8 à ce jour en 2016) et 72 en Lozère en 2015 ( 7 cette année).
Il faut d’abord préciser qu’il n’est pas certain que ces attaques soient dues au loup; elles entrent dans la catégorie “ loup non exclu”  qui permet d’indemniser les éleveurs. Les attaques peuvent provenir d’autres animaux.

    Le représentant local de la Confédération paysanne estime que “ la cohabitation  entre l’agropastoralisme  et le prédateur n’est pas possible”. Il propose une solution étrange : éduquer le loup” et n’est pas favorable au retour des brebis à la bergerie la nuit car cela augmenterait le temps de travail.
C’est pourtant la solution choisie par certains éleveurs.

   Dans cette affaire, quelle est la position de l’État ?
Il dépense des milliers d’euros pour installer des clôtures et indemniser les éleveurs. Dans le parc national des Cévennes, on applique le plan national Loup; la ministre de l’Écologie a autorisé en 2015 des “ tirs de défense”. Le préfet de Lozère a annoncé au Midi libre qu’il étudiait “la possibilité de prendre à la mi-juillet un arrêté de prélèvement renforcé pour le Méjean”.

   Chez les écologistes, la position n’est pas toujours claire. Au nom de la biodiversité, on dit qu’il faut protéger l’espèce mais certains ne sont pas opposés à une “ régulation” qui, en d’autres termes, signifie l’abattage de loups.

   La logique antispéciste ne souffre, elle, d’aucune ambiguïté : pour les partisans des droits de l’animal, le loup est un être qui éprouve en liberté un plaisir de vivre que l’homme ne peut interrompre. 
- Mais il lui arrive de tuer des agneaux, des brebis ! Et c’est le travail des éleveurs qui en pâtit ! entend-on souvent.
À cela je réponds : Le responsable de cette situation n’est pas le loup mais l’homme qui depuis des siècles et à un rythme accéléré depuis cent ans a réduit et saccagé les espaces naturels où les animaux sauvages vivaient. Ces moutons naissent pour être abattus la plupart du temps dans des conditions inadmissibles. L’antispéciste refuse qu’on exploite et qu’on tue des animaux non humains.

   Dans un futur plus ou moins proche le métier d’éleveur aura disparu, d’autres métiers apparaîtront et les animaux destinés aujourd’hui à produire de la viande retrouveront la liberté.
     

lundi 27 juin 2016

La bride sur le cou n° 7

(La bride sur le cou: décontracté, détendu, lâché, libre - Le Robert, dictionnaire des synonymes) 



Les Britanniques, l'Europe et l’avenir

   Les Britanniques viennent de décider de sortir de l’Union européenne. Les commentaires faits sur ce choix sont agaçants : les uns se réjouissent car ils y voient une validation de  leurs idées extrémistes et xénophobes, d’autres s’alarment parce que les Bourses européennes s’effondrent (l’Europe n’est pour eux qu’un grand marché), d’autres encore se disent tristes sans  chercher à comprendre les raisons de ce vote qu’ils n’avaient  pas prévu. 

    Il faut d’abord constater que le Premier ministre britannique qui avait voulu ce référendum a annoncé, dès l’annonce du résultat, sa démission; c’est une habitude en Grande-Bretagne de quitter le pouvoir quand on a été désavoué par le peuple. On aimerait que cette pratique soit appliquée dans les autres démocraties, notamment en France. 
    Le référendum  a confirmé la montée des idées extrémistes portées par le parti anti-immigration. Il faut voir aussi dans le rejet de l'Europe les effets néfastes pour les ouvriers et les classes moyennes des politiques menées jadis par l’ultralibérale  Mme Thatcher, puis par le travailliste Tony Blair rallié aux thèses libérales et poursuivies jusqu'à ce jour. Celles-ci ont conduit à une détérioration des services publics, à une accentuation de la précarité des travailleurs dont pâtissent les plus pauvres. 
D’autre part, la voie suivie par l’Union européenne, s’appuyant sur les mêmes principes, a fini par désespérer une partie des électeurs qui ont manifesté leur colère en votant pour le retrait de l’Union européenne.

    Les années à venir seront difficiles pour  le peuple britannique. C’est le moment de lui renouveler notre sympathie et notre soutien.
La Grande-Bretagne fait partie de l’Europe. Elle a montré en temps de guerre, son attachement à la liberté. Nous aimons ses écrivains, ses poètes, ses artistes, ses campagnes verdoyants, ses belles villes. 
    Certains Britanniques préparent le futur. Je n’oublie pas que le mouvement de transition est né en Angleterre, à Totnes, grâce à un enseignant, Rob Hopkins. Avec d’autres, celui-ci dessine une autre Europe, un autre monde plus humain. 

    Ils nous disent : Tournons-nous vers l’avenir !

jeudi 23 juin 2016

La carte postale : Une ruelle


Sévérac-le-Château, le 23 juin 



     S'arrêter quelques heures (ou quelques jours) à Sévérac-le-Château, petite ville de l'Aveyron qui compte un peu plus de deux mille habitants, c'est la garantie d'un dépaysement total. Ici, contrairement à Rodez où la modernité s'est introduite dans les vieilles rues en installant ces enseignes de magasins qu'on trouve partout en France, c'est un retour dans le temps passé qui   vous est promis. Sur un rocher, les restes d'un château qu'on a commencé à construire au 12e siècle attirent chaque année des touristes. De là, on découvre le village médiéval qui a gardé son aspect initial.
    Certes le charme des vieilles ruelles présente pour l'homme moderne quelques inconvénients. Parcourir celles-ci, c'est se priver du  confort des trottoirs lisses des grandes villes; on marche sur des pavés rugueux et des marches rudimentaires mènent peu à peu au sommet de la colline. La chaleur en cet après-midi de juin est étouffante; heureusement les hauts murs de pierres qui longent  le passage apportent un peu de fraîcheur.

   Dans cet univers gris de pierres, quelques plantes ont réussi à accrocher leurs racines. 
   La rue, les maisons manifestent la présence des hommes; ici et là, les taches de verdure disent que la nature a résisté. 

mardi 21 juin 2016

La bride sur le cou n°6

(La bride sur le cou: décontracté, détendu, lâché, libre - Le Robert, dictionnaire des synonymes) 



Non à la haine et à la cupidité

   D'une façon spectaculaire qui frappe les esprits ou de manière insidieuse, la haine et la cupidité - deux maux qui ont accompagné l'histoire de l'humanité - ne cessent de tuer.
     Il y a quelques jours, en Grande-Bretagne une députée, Jo Cox, était assassinée dans la rue.  Le présumé coupable criait qu'il voulait la mort "des traîtres" . À  quelques jours d'un vote sur le maintien - ou le retrait - de la  Grande-Bretagne dans l'Union européenne, la députée travailliste faisait campagne pour le maintien. Elle était par ailleurs connue pour ses positions favorables aux droits des réfugiés. C'était une femme politique fidèle à son passé de militante humaniste. Elle en est morte.
   Comme la plupart des pays d'Europe, la Grande-Bretagne a connu ces dernières années une poussée de l'extrème droite et la campagne a été marquée par l'agressivité du parti anti-immigration.
    Quand le dialogue entre personnes de convictions différentes devient impossible, c'est signe que la démocratie est bien malade.

   Dans la société mondialisée, la cupidité n'est pas seulement individuelle, elle est aussi collective. Des groupes mafieux s'organisent pour combattre ceux qui se révoltent contre le système: les peuples qui défendent leurs terres, leurs forêts, leurs cours d'eau.
   Le journal Le Monde vient de rendre compte d'une étude menée par l'ONG Global Witness. Celle-ci révèle que 185 personnes sont mortes en 2015, assassinées à cause de leur activité en faveur de la défense de l'environnement, un chiffre en forte hausse (près de 60 % par rapport à l'année précédente). Seize pays sont concernés, notamment l'Amazonie brésilienne.
   Au niveau mondial, on annonce sans cesse la volonté de combattre le terrorisme. On aimerait que la lutte contre la criminalité visant des militants écologistes fasse partie des objectifs des États et des organismes internationaux.

dimanche 19 juin 2016

L'image du week-end : le jet d'eau



Un jardin remarquable


   Il y a dans de nombreux pays des passionnés qui créent des jardins d'ornement, certains sont de taille modeste et ceux qui les ont créés les ouvrent de temps à autre au public pour partager leur beauté, d'autres ont une autre dimension : ils sont le projet de toute une vie et sont ouverts en permanence. Il y en a même qui contribuent  à faire connaître une ville.
   C'est le cas du jardin remarquable du Temple-sur-Lot créé par la famille Latour-Marliac, jardin rendu célèbre par la variété des nénuphars qu'il contient et par le fait que Claude Monet le grand peintre impressionniste éprouva un véritable coup de cœur pour ces plantes aquatiques qu'il fit pousser dans son jardin de Giverny et qui lui inspirèrent de nombreux tableaux.
  Ces nénuphars ont  été présentés à maintes reprises dans les journaux et les magazines et c'est un autre aspect du jardin qui a surtout retenu mon attention : je marchais sur l'une des allées quand j'aperçus, à demi caché par un minuscule tunnel, un  plan d'eau sur lequel nageaient quelques cygnes. Un jet d'eau se dressait; il n'avais rien d'exceptionnel.
   La surprise vint quand, plus tard, je regardai la photo : en fixant la scène, l'objectif avait figé l'eau, donnant l'impression que celle-ci était gelée. De temps à autre la photo s'accorde quelque fantaisie avec la réalité !

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