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lundi 28 mars 2016

Regard (2016 - semaine 13) : Eternel printemps


 Éternel printemps


   Le printemps est arrivé depuis quelques jours.
 
  Le dernier week-end de mars est l’occasion d’un rituel auquel nous sommes habitués depuis quarante ans : le changement d’heure. Malgré les années qui passent, certains continuent de s’interroger. Faut-il reculer ou avancer sa montre d’une heure ? La technique qui n’a pas que des défauts apporte automatiquement la réponse aux hésitants ; c’est ce que font les ordinateurs, les smartphones et maints objets connectés.
Autre question qui revient tous les ans : ce changement d’heure est-il utile ? Selon une enquête récente, 77% des Français sont sceptiques sur ses bienfaits.
On applique encore cette décision prise après le choc pétrolier de 1973-1974 pour économiser l’énergie et réduire les émissions de CO2 sans connaître réellement son efficacité, faute d’étude d’impact depuis 2010.
   
    Pâques, c'est aussi l'occasion de mettre l'œuf à l'honneur.
L'œuf, symbole de la germination, de la renaissance, promesse de vie, à la forme parfaite, univers clos protégé par une coquille qui paraît fragile à nos yeux d'humains mais résistante et coriace aux yeux du poussin qui cherche à s'en extirper quand vient l'heure de l'éclosion.

samedi 26 mars 2016

Une photo, une phrase n° 27 : le cap Blanc-Nez



   J'aime fixer l’instant que j'ai apprécié ou qui m'a ému. C'est pourquoi lors de mes promenades, de mes déplacements, de mes voyages, j’emporte  presque toujours  avec moi  un appareil photo, outil idéal pour garder  les images que la mémoire pourrait oublier.

La photo : le cap Blanc-Nez

   Cette photo du cap Blanc-Nez a été prise  au début du mois de mars depuis  la station balnéaire de Wissant située au sud de Calais. 
Situé sur la commune d’Escalles, le cap Blanc-Nez est considéré comme l’un des plus beaux sites côtiers français. Avec le cap Gris-Nez qui se trouve plus au sud, à une dizaine de kilomètres de lui, il constitue un des attraits remarquables de la Côte d’Opale. 







La phrase

   Ce jour-là de mars, le vent soufflait âprement au bord de la mer, les promeneurs encapuchonnés étaient rares sur la plage et je m’étais arrêté pour mieux apprécier ce paysage vu maintes fois et dont je ne me lasse pas : les falaises blanches du cap se dressaient devant moi, semblables à celles qu’on aperçoit de l’autre côté du détroit (à une époque lointaine l’Angleterre et la France étaient soudées) puis mon regard s’est attardé sur la lande verte et ses multiples plis, sur les énormes trous que  les bombardements ont formés ; dominant le paysage, la présence obsédante du  monument rappelle au promeneur le sacrifice des soldats britanniques et français morts lors de la dernière guerre dans ce cadre si paisible (la guerre  ne se laisse pas attendrir par les beautés de la nature).

vendredi 25 mars 2016

Printemps des poètes : Jouer avec le langage




   Ce qui caractérise la poésie, c’est la variété qu’elle présente, selon les époques (Antiquité, Renaissance, Classissisme, Romantisme, Symbolisme, Surréalisme...) et le caractère - ainsi que le style - des auteurs.
    Si les textes poétiques sont généralement marqués par la profondeur des thèmes abordés, il n’est pas rare d’y rencontrer l’humour ou l’ironie (chez Prévert et Henri Michaux par exemple).
  De nombreux poètes aiment jouer avec les mots. Le travail sur le langage propre à l’œuvre de Francis Ponge n’est pas un simple divertissement, il est une mise en cause de la poésie “sacrée" et nécessite  de lutter avec les mots : ceux-ci sont la matière première dont le poète cherche à tirer des effets  originaux.

  

mercredi 23 mars 2016

Solidarité avec la Belgique




  Le terrorisme a encore frappé. Cette fois, c’est la Belgique qui a été visée. Si l’on ne considère que les derniers attentats ayant eu lieu en Europe, on constate que les cibles n’ont pas  été choisies au hasard. En janvier 2015 à Paris, c’est un journal symbolisant la liberté de la presse qui avait été touché. Quelques mois plus tard en novembre, c’étaient des lieux de détente - un stade, une salle de spectacle, des restaurants  - qui étaient la cible des barbares, deux endroits où les gens étaient nombreux. Hier, à Bruxelles  et à Zaventem, les terroristes ont choisi de porter la mort dans des lieux consacrés aux transports : une station de métro et un aéroport, des lieux où les gens se pressent chaque jour, les uns pour se rendre à leur travail, les autres pour passer quelques jours de vacances. 
   Celles et ceux qui ont perdu la vie, qui aujourd’hui dans un hôpital luttent contre la mort ou soignent leurs blessures, sont des victimes innocentes. En ces heures douloureuses, chaque démocrate se sent solidaire du peuple belge. Cela  a été exprimé par l'ensemble de la communauté internationale. 
  Seules quelques voix discordantes ont été entendues, paroles indignes surtout quand elles émanent d’un ministre français dénonçant « une absence de volonté  et  la naïveté» de la part de certains responsables politiques belges.
Le ministre belge des Affaires étrangères lui a répondu dignement en l’invitant à  « regarder en face, ensemble  les problèmes qui se posent ».
    Dans le contexte actuel, aucun pays n’est à l’abri de nouveaux attentats.
L’heure est au recueillement. La recherche d’une solution globale, incluant l’analyse des causes de cette situation, s’impose de plus en plus.

vendredi 18 mars 2016

Coup de cœur : L’histoire du manchot fidèle



Coup de cœur, cette nouvelle rubrique veut mettre en valeur des gens, des œuvres, des lieux, des faits qui, dans le monde rude d’aujourd’hui, réconfortent et apportent des moments appréciables de bonheur. 



L’histoire du manchot fidèle

    À l’heure où des gens continuent de considérer que les animaux sont des “choses” qu’on peut vendre, blesser, tuer, sans penser un instant à l’aspect immoral de ces actes, l’histoire d’un jeune manchot appelé Dindim fait le tour du monde, embellie par certains journaux qui ont transformé le fait en exploit. Cette exagération n’était pas nécessaire : l’histoire de ce manchot est belle dans sa réalité.

   Jusqu’à maintenant on avait surtout connu des faits surprenants concernant les  grands singes si proches de l’être humain ou des animaux familiers : des chats perdus parcourant de longues distances pour retrouver leur maison d’accueil, des chiens se recueillant devant la tombe de leur “maître”... 


   Cette fois, il s’agit d’un oiseau. Il y a cinq ans, un Brésilien recueillait un petit manchot victime d’une marée noire. Il avait  le corps couvert de pétrole et il mourait de faim. L’homme le soigna pendant plusieurs mois. Comme il le raconte aujourd’hui, il avait pris soin de  l’oiseau comme il l’aurait fait pour son enfant.
   Quand le manchot est rétabli (onze mois plus tard) et qu’il s’en va  retrouver l’océan, l’homme pense alors qu’il ne  le verra plus. 

   Il se trompait. Chaque année, le manchot quitte sa colonie pour aller voir celui qui lui a sauvé la vie. L’oiseau a gravé dans sa mémoire l’épisode de son sauvetage. La reconnaissance, la fidélité, l’attachement à quelqu’un ne sont pas réservés aux humains ; un animal lui aussi sait remercier ceux qui l’ont aidé un jour.





mercredi 16 mars 2016

Bonjour des Hauts-de-France


WISSANT (62) - AU LOIN LE CAP BLANC-NEZ

   Il y a quelques mois, je me suis réjoui de voir la Picardie rejoindre le Nord et le Pas-de-Calais pour former une région plus forte. Culturellement, historiquement, cette union s’imposait. Bien sûr certains Picards se sentant plus proches de Paris que du Nord n’ont pas été contents. On peut les comprendre mais pour les satisfaire il aurait fallu redessiner les frontières de la Picardie.
     À titre personnel, je me sens à l’aise dans cette nouvelle région ; j’y retrouve mes racines picardes du côté paternel, artésiennes et flamandes du côté maternel.
     Il fallait trouver un nom à cette région. Grand Nord aurait été trompeur, cela aurait trop évoqué les grands espaces blancs de l’Arctique.
Et puis il y avait l’envie forte d’abandonner ce mot Nord qui fait penser aux corons de Pierre Bachelet, au vent et à la pluie qu’on aime seulement dans les chansons de Brel. C’est la raison pour laquelle les appellations Terres-du-Nord et Nord-de-France n’ont pas été choisies.
   Nordistes et Picards vivent désormais dans les Hauts-de-France, nom que le gouvernement devra officialiser prochainement (obligation qui montre les limites de l’autonomie des régions).
    Les géographes trouvent ce nom absurde. Il faut reconnaître que les hauteurs de la région sont modestes ( 212 m dans le Haut-Boulonnais, 271 m à Anor, dans le Nord). Rien d'étonnant puisqu'il fut un temps où notre région s’appelait les Pays-Bas français.
Ces géographes cherchent la petite bête ; ils ont oublié que lorsqu’ils étaient écoliers et que l’instituteur accrochait au mur la carte de France, Lille et Dunkerque, étaient là-bas, tout en haut de la carte et Amiens un peu en-dessous.
    Alors ne boudons pas notre plaisir, acceptons sans rechigner ce nouveau nom. Et longue vie aux Hauts-de-France ! (malgré le hiatus)


lundi 14 mars 2016

n° 1055 - Regard 2016, semaine 11)





Causes du mal et Graines d'espoir

   Le terrorisme vient encore de frapper en Côte d’Ivoire et en Turquie. En Allemagne, les électeurs ont sanctionné le parti d’Angela Merkel et l’extrême droite fait une percée remarquée. Je ne partage pas les idées de la Chancelière mais il faut lui reconnaître un certain courage dans la façon dont elle a géré la question des réfugiés. Les xénophobes, les racistes lui ont fait payer son empathie pour ceux qui se voient obligés de fuir leur pays en guerre. En France, le gouvernement s’enfonce dans une politique incompréhensible pour le peuple de gauche. Au lieu de retirer un projet de loi sur le travail inspiré par le patronat le plus réactionnaire, il poursuit des manœuvres désespérées pour amadouer les syndicalistes réformistes et des étudiants qui ont compris les dangers que présente cette loi.
   Tous ces signes sont liés : ils démontrent que le monde ne tourne plus rond, que les gens privés d’une information honnête (parce qu’elle est dans les mains de la finance) font de mauvais choix et que la plupart des politiques aveuglés par le goût du pouvoir  sont incapables de prendre la mesure du changement qu’il serait nécessaire de mettre en route.

   Nous sommes entrés dans le XXIe siècle et la pensée de ceux qui dirigent le monde a deux siècles de retard.
   Darwin disait que les espèces qui survivent sont celles qui savent s’adapter au changement. La faculté de s’adapter à une situation nouvelle est aussi une des définitions de l’intelligence.
  Les individus faisant preuve d’intelligence et portant des idées nouvelles ne manquent pas dans le monde. Ils sont parmi les sociologues, les chercheurs, les auteurs, les citoyens. Mais on n’entend pas leur voix.
    La société du profit préfère donner la parole à des philosophes médiatiques qui n’ont jamais créé le moindre concept (ce que Deleuze exigeait du vrai philosophe) mais vont sur le plateau défendre une religion, un pays ou la haine de l’étranger) ; l’écologie qui devrait être au cœur du projet politique de ce siècle est représentée dans les médias par quelques “stars” du système ou des opportunistes qui ont oublié les principes fondateurs de l’écologie ; l’information - pourtant indispensable au bon fonctionnement de la démocratie - est cadenassée pour cacher la vérité aux citoyens (si le coût réel du nucléaire et de l’agriculture industrielle était connu ceux-ci demanderaient sûrement d’autres politiques). 
Heureusement quelques médias indépendants résistent *  : Politis, Charlie Hebdo, Médiapart...). Mais leur influence reste trop faible pour entraîner un changement rapide.

    Les signes de résistance à cette société sans morale et sans imagination se font jour, ici et là, annonçant de nouvelles formes de luttes. Il faut, malgré les obstacles, semer sans cesse des graines d'espoir.

* Il y a quelques jours TerraEco a annoncé qu’il devait s’arrêter ; c’est une triste nouvelle.

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