Rechercher dans ce blog

lundi 16 mai 2011

Précarité, le mot de la semaine (38)

Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   Précarité






Il y a dans la précarité un mélange  d’incertitude, de fragilité, d’insécurité, qui rend la vie des gens de plus en plus insupportable, d’abord pour ceux qui sont dans une situation précaire, mais aussi pour les autres, ceux qui compatissent et ceux qui vivent dans l’angoisse de se trouver un jour dans cette situation.
La précarité a gagné du terrain ces dernières années à cause de l’ évolution de l’emploi ( augmentation des contrats à durée déterminée, hausse du chômage touchant  surtout les jeunes et les personnes de plus de 50 ans…), d’ une politique du logement qui rend les loyers inaccessibles aux revenus modestes, d’une baisse du pouvoir d’achat qui ne permet plus de satisfaire les besoins vitaux de chacun.
Lorsque la précarité se prolonge, c’est la pauvreté qui s’installe.
La précarité et la pauvreté ne sont pas le fait du hasard. Elles sont le fruit d’une société pervertie. 

samedi 14 mai 2011

Variations en blanc

http://www.uicn.fr/


«  Ombre du jour blanc
Contre mes yeux. Je ne vois
Rien hormis le blanc.
L’ heure blanche. L’ âme
Affranchie du désir et de l’heure. »

(Inspiration - Octavio PAZ )
-----------------------------------------------------------------------------




La blancheur immaculée des fleurs évoque le caractère éphémère de la beauté ; le brin de muguet, la branche de lilas perdent rapidement leur éclat. Mais le cycle des saisons leur rendra leur splendeur l’année suivante.

« Manger son pain blanc » est une expression qui n’a plus beaucoup de sens depuis que le pain complet et le pain de seigle, recommandés par la diététique, coûtent plus cher  que le pain blanc.

De nombreux animaux ont un pelage blanc qui leur permet de se confondre dans les étendues couvertes de neige. Parmi eux, l’ours blanc, l’une des espèces victimes du réchauffement climatique. Inscrit sur la liste rouge de l' UICN, dans la catégorie « vulnérable », l’ours blanc voit son habitat rétrécir à cause de la fonte de la banquise. L’ occasion de rappeler que la défense de la biodiversité  reste une lutte à poursuivre sans relâche.

mercredi 11 mai 2011

La pensée complexe





Ce que qui me paraît primordial dans ce que nous enseigne l'écologie scientifique, c'est  la notion  de  complexité.
Ce mot, faut-il le rappeler, n'a pas ici le sens de complication, de difficulté à comprendre, mais il concerne la prise en compte des relations, des liens qui se nouent dans tout écosystème.

Alors que dans les disciplines classiques, il y avait auparavant un cloisonnement  qui a abouti avec l'évolution des connaissances à une hyperspécialisation dangereuse car elle s'écarte de la perception globale des problèmes,  l'écologie a introduit une nouvelle manière de penser, une méthode qu'Edgar Morin a si bien expliquée dans ses ouvrages : la systémique ou pensée complexe.

Prendre en compte  les problèmes économiques, environnementaux  et sociaux selon les principes de l'écologie scientifique est la seule voie possible pour réduire les déséquilibres que la  société productiviste a produits.
C'est aussi une façon de sortir des idées simplificatrices et déformatrices qui conduisent aux erreurs de jugement.

Les notions d'interdépendance, de complémentarité, de diversité, de   rétroaction par exemple doivent être reprises pour aborder les questions économiques :
L'interdépendance entre les problèmes agricoles et le milieu maritime est une évidence ; la complémentarité devient une " unité de forces opposées" qui permet aujourd'hui aux grands ports que sont Dunkerque, Calais et Boulogne, de mieux coordonner leurs activités. La diversité est un principe qui condamne la monoculture et les mono-industries. Quant à la rétroaction, elle nous demande de réfléchir sur les conséquences à long terme de toute décision ( par exemple : quels seront les impacts de la construction du tunnel sous la Manche à l'horizon 2050 ?)
Parvenir à un développement /enveloppement - selon la formule d'Edgar Morin -  soutenable ne peut se faire que dans l'optique de la pensée complexe.

lundi 9 mai 2011

MONTAGNES 3

QUATRE TABLEAUX





1
Les  aiguilles blanches
percent le ciel  qui rougit
— le ruisseau soupire 
2
La robe froissée
des digitales palpite
— un bourdon se pose


3


   Fragile  tremblante          
  l’ancolie tête baissée 
danse sur sa tige  

4

Un milan  royal
    ailes offertes au vent
 impassible veille 

samedi 7 mai 2011

JUSTICE, le mot de la semaine(37)

Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   Justice




« Justice est faite » a déclaré Barack Obama en annonçant  la mort de Ben Laden, abattu au Pakistan par un commando américain. Cette phrase a été reprise par de nombreux journaux du monde entier, la plupart du temps sans remise en cause de l’expression utilisée par le président américain.
Or, quelle que soit la gravité des actions menées ou inspirées par  la haine de Ben Laden envers la civilisation occidentale, malgré les milliers de morts dont il porte la responsabilité, est-il normal qu’un pays se mette en dehors des règles internationales en abattant un homme plutôt que de le livrer à la justice ?
En l’occurrence, ce n’est pas la justice qui a été rendue ; cette mort est la vengeance d’un peuple meurtri qui a sans doute trop rapidement manifesté sa joie.
Un chef terroriste a été abattu, mais le terrorisme ne l’est pas encore.

jeudi 5 mai 2011

CONTES BREFS : l'employé

                                                        


                                                                1         

      

Il regarda sa montre. Elle marquait quatorze heures dix -neuf.
Jean Martin ( il souffrait d’avoir un nom et un prénom d’une banalité aussi affligeante), Jean Martin, l' employé anonyme d’une société multinationale, était en train de terminer un rapport qui, comme les autres, ne servirait à rien puisque de toute façon personne n'en tiendrait compte.
Jean Martin, l’employé modèle qui après vingt ans de travail n’avait jamais entendu le moindre reproche, eut une sensation étrange. Il se tint la tête à deux mains ; il lui sembla qu’elle allait éclater. La douleur était d’une violence inouïe. Autour de lui, tout vacillait. Il eut tout à coup la puissance d’un dieu et, d’un regard, embrassa l’univers.

                                                         2
Il était  quatorze heures dix -neuf  à Paris. La capitale était presque vide et le monde s’agitait sous ses yeux.
Des milliardaires jouaient leur fortune dans des casinos exotiques.
Les plages se couvraient de femmes splendides, dévêtues et bronzées.
Ici des corps se confondaient voluptueusement, ailleurs des couples se déchiraient.
Il vit un homme jeté à coups de pied d’un autobus, des mineurs mourir sous un éboulement. Il entendit des hommes geindre dans leur prison.
Il vit sa femme dans son HLM anonyme et ses quatre filles qui ressemblaient tant à leur mère, sa femme routinière et bien -pensante qui avait  le goût de l’ordre établi et se satisfaisait de l'horizon étroit de son appartement.
Le poids des habitudes l’effraya…

                                                      3
La douleur se dissipa soudain. Il reprit son rapport et l’acheva en toute hâte.
Il ne rentra pas chez lui ce soir- là et les jours qui suivirent…

mardi 3 mai 2011

LES MOTS


Pouvoir magique des mots.
Je connais leurs pièges et je les aime.

Mots qui deviennent poèmes, impressions fugitives, souvenirs ancrés à jamais dans la mémoire, idées, scènes,  personnages sortis de l’imagination ou du rêve.

Miracle des mots. 
Quelques signes griffonnés sur une feuille pour dire la réalité du monde ou pour en inventer un autre… 
Les mots sont tour à tour un refuge, une arme pacifique pour servir une cause, un réconfort, un message de tendresse ou de colère.

Je porte les mots en moi, longtemps parfois, puis je  les assemble patiemment  à la façon des artisans d’autrefois et je les abandonne un jour, œuvres inachevées, en perpétuelle construction, en pensant chaque fois qu'ils  auraient  pu prendre un autre chemin.

Chroniques les plus lues