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vendredi 14 août 2015

Eté 2015 - En toute liberté n° 8 : L' EXTRA DU VENDREDI

                                                       Photos de Ramon Ciuret


Eté 2015 en toute liberté : Sur des photos de Ramon Ciuret, voici des impressions,  réflexions et  émotions exprimées librement.

L’EXTRA DU VENDREDI

LE TOURNESOL
DANSE MODERNE

Chaque vendredi, retour  sur les thèmes évoqués dans la semaine. 
Aujourd’hui : la nature et s’épanouir (la danse ) 

J’ai choisi, pour clore cette semaine, deux nouvelles photos ; l’une représente une plante qu’on rencontre fréquemment dans les champs et dans les jardins, le tournesol, l’autre illustre l’idée d’épanouissement : des jeunes filles dansent sur une scène, sur une chorégraphie moderne qui réclame - pour la beauté du spectacle - une coordination parfaite et beaucoup de travail dans l’ombre.
Coïncidence de la langue,  le même mot - s’épanouir, dans son sens propre et figuré - convient aussi bien à la fleur qu’à l’être humain, ce qui n’a rien d’étonnant : la première s’ouvre pour étaler ses pétales, le second développe sa personnalité en  s’ouvrant sur les autres et sur sur le monde.

Les civilisations évoluées sont attachées à la nature ; elles accordent  une place essentielle aux activités d’épanouissement, encouragent la créativité et toutes les formes d’expression. 
Ces deux photos de Ramon me plaisent, non seulement à cause de leur qualité, mais aussi  par ce qu’elles représentent.

D’un côté, nous avons le spectacle étonnant de la nature représentée par un végétal conçu pour que sa tête soit toujours tournée vers le soleil ; les longues languettes jaunes, serrées au-dessus du réceptacle attendent l’heure de l’éclosion. La plante atteindra alors le summum de sa beauté, celle qui inspire le poète ( Eugenio Montale évoquait "le tournesol affolé de lumière" ), celle que  Van Gogh a peint ardemment à plusieurs reprises. 

De l’autre, il  y a l’image réjouissante de jeunes filles qui éprouvent sur le plancher d’un théâtre la joie de danser et qui découvrent ainsi, grâce à leurs professeurs, d’autres horizons que ceux de la famille et de l’école, tout en apprenant que l’effort et le travail sont nécessaires pour que le talent s’épanouisse.


lundi 10 août 2015

Eté 2015 - En toute liberté n° 6 : Devant la nature



                           Photos de Ramon Ciuret


Pendant cinq semaines, la Rumeur du temps prend un air de vacances en abandonnant les rubriques habituelles.
Sur des photos de Ramon Ciuret, voici quelques impressions,  réflexions et  émotions exprimées en toute liberté.

DEVANT LA NATURE

PHOTO 1 : PAYSAGE

PHOTO 2 : LES AIGRETTES
J’ai déjà eu l’occasion de dire les bienfaits qu’on tire de la contemplation d’un beau paysage : celle-ci procure un sentiment d’apaisement et de plénitude. Un tableau de Gauguin ou de Van Gogh produit le même effet. 
Devant une jolie photo, l’effet est semblable : l’œil est satisfait, l’imagination travaille, l’envie de voyager s’éveille ; quand on connaît le paysage représenté, des souvenirs reviennent...
Le spectacle qu’offre la nature est incomparable ; la nature nous dit des choses qu’il faut savoir écouter.

Photo 1 - À‭ l’heure où le soleil se couche, les paysages changent, l’ombre des arbres se dessine sur les champs, les herbes rougeoient ; au loin, c’est la couleur  verte des arbres et des prés qui domine, tandis qu’à l’horizon une légère brume commence à descendre sur les monts.
‭C’est un paysage que l’Homme ici n’a pas défiguré. Seule une bâtisse abritée par les arbres revèle une présence humaine.
J'aime cette image apaisante.

Photo 2 - Quand on se promène dans la nature, l’œil est souvent attiré par des plantes ou des animaux qu’on aime pour leur élégance, pour l’éclat de leurs couleurs.
Mais il faut savoir regarder aussi la beauté dans tout ce qui vit, dans  l’herbe ordinaire que le jardinier arrache ou la petite bête  victime de croyances anciennes.

Cette photo des aigrettes de pissenlit est belle par sa simplicité et la mise en valeur de ce qui constitue l’essentiel de la plante, ces aigrettes qui, dispersées par le vent, iront porter plus loin les graines. 
Sur un fond uni, d’un bleu pâle, une boule blanche et légère se détache ; elle contient ce qui perpétuera la vie.
On sait qu’un célèbre dictionnaire a fait de ce faisceau soyeux dont sont munies les graines de pissenlit le symbole de “ la  connaissance semée à tout vent ”. Ce choix me semble judicieux.




samedi 8 août 2015

Les peintres du 19e n° 5 : Femmes du peuple

 DEGAS, PISSARRO ET LES FEMMES DU PEUPLE



                          Degas : la repasseuse, 1882



 Pissarro : Femme étendant le linge, 1887


‭    Sur le plan culturel, la seconde moitié du 19e siècle a été marquée par l’intérêt pour les questions sociales montré par de nombreux artistes et écrivains.  
   Après la révolution de 1848, la lutte était dure entre les tenants de l’ordre établi et ceux qui voulaient une amélioration des conditions de vie des pauvres. Les débuts de l’industrialisation ont bouleversé la vie des ruraux ; le travail dans les usines, dans les mines était pénible : les ouvriers étaient peu payés, des enfants de dix ans travaillaient. Les mouvements de révolte ont été fortement réprimés.
‭  Dans cette période agitée, les femmes ne restent pas inactives : certaines luttent pour leur émancipation. Pendant la Commune de Paris, en 1871, l’une d’elles s’illustre par sa détermination : Louise Michel.
‭   De nombreux écrivains ont dénoncé la misère et plaidé pour une société plus juste. Parmi eux, Victor Hugo qui publia les Misérables en 1862, Lamartine, le poète Jean Richepin (la Chanson des Gueux), Emile Zola qui a dressé un tableau réaliste de la vie des mineurs, des paysans, des ouvriers de son époque.
‭  Les peintres impressionnistes ayant fait le choix d’illustrer des thèmes contemporains, il n’est pas étonnant de retrouver dans leurs ‬œuvres des tableaux évoquant la condition des femmes. Certains d’entre eux étaient des hommes engagés : Pissarro et Gauguin sont connus pour avoir défendu les idées libertaires.

  Pour Degas, il s’agissait surtout de traduire l’état psychologique des personnages qu’il aimait choisir dans le monde artistique (le théâtre, la danse, la musique), sans négliger de peindre des scènes de la vie quotidienne, comme dans le tableau ci-dessus représentant une repasseuse (peint en 1882), thème qui était alors à la mode.
 Quant à Pissarro, il démontre dans cette scène banale d'une femme étendant son linge dans le jardin tout en surveillant sa fillette que les Impressionnistes se sont vraiment éloignés des poses conventionnelles que leurs prédécesseurs affectionnaient.







vendredi 7 août 2015

Eté 2015- En toute liberté n° 4 : l'extra du vendredi

                                            Photos de Ramon Ciuret

Pendant cinq semaines, la Rumeur du temps prend un air de vacances en abandonnant les rubriques habituelles.
Sur des photos de Ramon Ciuret, voici quelques impressions,  réflexions et  émotions exprimées en toute liberté.

L’EXTRA DU VENDREDI
extra ( n.m.) : chose ajoutée à ce qui est habituel (le Robert)

                                        Joggeurs

                            Fillette au cerceau

Pourquoi cet « extra » ?
Cette série de billets d’été est placée sous le signe de la liberté : liberté du photographe, Ramon, qui a fait un choix personnel de près de 200 photos. Liberté de l’auteur, celle de  commenter  selon l’inspiration du jour trente d’entre elles.
Il n’a pas été facile de choisir ces photos; j’ai donné la préférence à celles devant lesquelles j’ai senti tout de suite que j’aurai des choses nouvelles à exprimer. 

La méthode est criticable mais je procède ainsi depuis une dizaine d’années pour l'écriture des poèmes : j’aime photographier les scènes, les paysages ; les  photos remplacent souvent le bloc-notes d'autrefois.

Mais il  y avait toujours une ou plusieurs photos, elles aussi superbes, que j’avais envie  de retenir. Cela m’a conduit à revenir  chaque vendredi sur les thèmes de la semaine afin de publier ces photos. C’est ce supplément que vous trouverez chaque vendredi.

1. Dans la rue : ceux qui courent

Il y a cinquante ans, quand un homme traversait son village en short, courant à vive allure, il passait pour un original. Quand il s’agissait d’une femme, le jugement était plus sévère encore.
Le spectacle d’hommes et de femmes courant sur une plage, dans un bois, sur un chemin ou au cœur d’une ville n’etonne plus personne de nos jours.
On peut s’en réjouir, même si l’on peut penser que la lenteur a aussi son charme.

La photo des deux joggeurs que vous avez devant vous est belle car elle est porteuse d' harmonie, d’équilibre. 
Les deux sportifs ont le même gabarit, la même attitude : le pied gauche sur le sol, le pied droit en l’air, dans la même position. Arrivés au sommet  de la passerelle, ils courent la tête redressée,  fixant un point éloigné. Les kilomètres défilent, sans fatigue apparente. C’est ainsi que patiemment se préparent les prochains marathons.


2. Enfances : la fillette au cerceau
La photo en noir et blanc  de la fillette jouant avec un cerceau rappellera à certains le temps ancien de l’argentique, celui où les photos étaient emmagasinées en petit nombre ( 12 ou 24) sur une pellicule qu’il fallait ensuite développer ; puis venait le tirage sur papier.
Cette évocation est de circonstance : la scène rappelle aussi l’engouement de la jeunesse au cours des années 1958-1959 pour ce cerceau qu’on mettait autour de la taille et qu’on essayait, par un subtil déhanchement, de faire tourner le plus longtemps possible : c’était la mode du  hola hoop, une activité de loisir qui a un côté sportif et s’apparente aussi - par les ondulations qu’elle nécessite - à la danse.
À ce jeu, certains étaient très doués, d’autres plus maladroits, abandonnaient rapidement après plusieurs tentatives ratées.

La fillette qui semble à l’aise avec son cerceau ignore peut-être que sa grand-mère ( ou son arrière-grand-mère) faisait les mêmes mouvements quand elle avait son âge.

mercredi 5 août 2015

Eté 2015 - En toute liberté n° 3 : Enfances


                          Photos de Ramon Ciuret

Pendant cinq semaines, la Rumeur du temps prend un air de vacances en abandonnant les rubriques habituelles.
Sur des photos de Ramon Ciuret, voici quelques impressions,  réflexions et  émotions exprimées en toute liberté.

 Enfances


LE PETIT GARçON ET LE LIVRE
                             LA FILLETTE ET LE TUYAU


L’homme retrouvé est celui qui saura  atteindre  les rêves qu’il  fit dans son enfance. 
( la Rumeur du temps - mars 2012 )

1.Confortablement installé sur sa chaise pliante, dans le jardin, le petit garçon tient un livre dans les mains. Ce qui frappe d’abord, c’est son visage expressif : l’enfant prend un grand plaisir à regarder l’album. Etant donné son jeune âge, on se doute - s’il y a un texte - qu’il ne lit pas ce qu’il a devant les yeux, mais les images qu’il voit provoquent chez lui un grand intérêt. Il n’a pas besoin de texte pour comprendre le contenu du livre : son imagination travaille et c’est elle qui lui permet d’inventer une histoire qui lui appartiendra.
Cette imagination fertile est une richesse pour l’homme qu’il sera plus tard.

2. La fillette qui a à peu près le même âge que le petit garçon est aussi captivée que lui. Son visage sérieux montre qu’elle ne prend pas l’affaire à la légère. En quoi consiste ce que l’adulte appelle jeu ? Elle s’est fixé pour but de remplir d’eau un bocal, à l’aide d’un tuyau d’arrosage dans un but qu’elle seule connaît : arroser quelques fleurs au jardin, apaiser la soif de son chien, créer ce qui pour elle sera un ruisseau ?
Les pouvoirs de l’imaginaire sont énormes dès l'enfance. L’imagination ne fait pas que créer des rêves, c’est elle qui permet d’agir sur le réel et d’inventer le futur.

3. Pourquoi j’aime  ces deux photos ? 
Photographier de jeunes enfants n’est pas chose facile. Il ne faut pas tomber dans le piège de la photo sans âme, celle où l’on demande à l’enfant de prendre une certaine pose ( telle la photo de classe. ) 
Le photographe doit se faire oublier. C’est ce que Ramon a si bien réussi ; cela  lui a permis de saisir l’attitude qui reflétait le mieux possible les sentiments exprimés par les deux enfants (  dans la position de la bouche pour le garçon, dans le regard pour la fillette).
Il démontre ainsi que la photo est un art.

Prochain article vendredi : l'extra (retour sur les thèmes de la semaine)

lundi 3 août 2015

Eté 2015 - En toute liberté n° 2 : le spectacle est dans la rue


                 Photos de Ramon Ciuret



Pendant cinq semaines, la Rumeur du temps prend un air de vacances en abandonnant les rubriques habituelles.
Sur des photos de Ramon Ciuret, voici quelques impressions,  réflexions et  émotions exprimées en toute liberté.

LE SPECTACLE EST DANS LA RUE

L’artiste qui s’exprime avec un appareil photo partage avec le poète une idée toute simple : il n’est pas nécessaire d’aller au bout du monde pour trouver l’inspiration, découvrir la beauté et connaître un instant de bonheur. L’aventure commence chaque matin dès qu’on ouvre les volets pour regarder le jour nouveau.  
Le spectacle est près de nous, parfois à quelques pas, dans notre rue ou une rue voisine.
Ramon a promené son appareil photo pour saisir quelques scènes de la vie... 

1.L’homme qui passe devant le mur garni de graffitis ne jette aucun regard sur ces ornements qui peuvent être parfois des actes de vandalisme mais aussi des œuvres d’art. Il est enfermé dans son univers, celui des joggeurs. Des gens - de plus en plus nombreux dans notre monde moderne - qui courent tous les jours, dans le  froid, sous un soleil brûlant ou sous la pluie.

Et pourquoi courent-ils ? Eux-mêmes, le savent-ils ?
Est-ce la recherche du corps parfait ou simplement le désir de rester en forme ?
Est-ce la volonté d’améliorer sans cesse leur performance ?
Est-ce pour échapper aux pensées négatives qui empoisonnent l’existence et pour connaître dans l’effort un moment de plaisir ?
Peut-être un peu de tout cela.

L’homme vêtu de noir poursuit sa route insensible au monde extérieur.



2. C’est encore devant un mur couvert de graffitis qu’a été prise la seconde photo. 
La  jeune fille aux cheveux longs exécute une figure qui exige force et souplesse : il n’est pas facile de tenir dans une telle position,  quand un seul bras supporte le poids du corps entier.
La danse urbaine, c’est la beauté du mouvement à l’état pur, c’est la recherche - par le travail et la persévérance - de la perfection du geste. 
Ici la performance physique et artistique de la jeune fille et le décor qui se trouve derrière elle s’accordent admirablement.

Nous sommes devant une scène caractéristique de la culture urbaine d’aujourd’hui, une culture qui apporte un souffle de liberté.

Prochain billet mercredi : Enfances

samedi 1 août 2015

Manet, Renoir, chiens et chats


Manet et les chats



La présence d’animaux sur les toiles des peintres du 19e siècle - et en particulier celles des impressionnistes - n’est pas une caractéristique de leur œuvre. Ils y sont même plutôt rares. 
Chez Manet, on note cependant un intérêt pour les chiens, mais ce sont surtout les chats qui l’attiraient ; il était fasciné par eux, comme son ami Baudelaire qui évoque dans un de ses poèmes « un beau chat, fort, doux et charmant » dont le voix était « toujours  riche et profonde ...
Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre. »

Dans le tableau  Olympia qui avait fait scandale en 1863 car la nudité de la femme allongée sur un lit était contraire aux conventions de l’époque, on notait la présence d’un petit chat noir. Celui-ci ayant été longtemps accusé de réincarner le diable, cela  n’avait pas tempéré la colère des adversaires de Manet.

L’affiche réalisée en 1868 pour promouvoir la sortie d’un livre sur les chats * prouve son intérêt pour le félin. On y voit, sur un toit,  deux chats, un blanc et un noir, la queue dressée, l’un derrière l’autre.
Une eau-forte  - Le chat et les fleurs - composée  un an plus tard confirma cette attirance.

Renoir et le chien
TETE DE CHIEN


De Renoir, on connaît surtout ses portraits d’enfants et de femmes aux rondeurs affirmées, ses scènes au bord de l’eau. Il a aussi représenté à plusieurs reprises des chiens, comme celui-ci peint en pleine période impressionniste - 1870 - un mouvement dont il se détachera quelques années plus tard en revenant à un dessin plus précis et en choisissant des couleurs plus froides.

Dans cette tête de chien, Renoir met surtout en valeur le regard ; les grands yeux ronds de l’animal fixent quelque chose qui semble l’intéresser.
À‭ travers ce beau regard, c’est la tendresse du peintre pour le chien qui transparaît.






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