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mardi 11 septembre 2018

Espérance







     

      Dans un contexte peu encourageant, l’espoir est pourtant venu ces jours-ci des citoyens qui ont lancé en France et à travers le monde des marches pour le climat. Celles-ci ont connu partout un beau succès ; cela montre qu’il y a heureusement des gens qui ne se résignent pas à voir l’état de la planète se dégrader à grande vitesse. 
     Ces manifestations sont une première étape. Mais que sera la suite ? Comment obtenir les décisions nécessaires dans un délai assez court ? Comment dans le même temps réussir à convaincre le maximum de personnes de changer leurs habitudes, de réduire leurs déplacements en avion et en voiture, de manger moins de viande (même si l’on note une diminution de la consommation) parce que la production industrielle de celle-ci est un désastre pour l’environnement, de boycotter les produits issus de l’agriculture intensive qui gaspille l’eau, pollue l’air, les rivières et les mers ? Comment concilier les libertés individuelles avec la nécessité d’agir ? Autant de questions qui demandent une réponse.

   Les révolutions violentes ne sont plus acceptables, la révolution lente prônée par les écolo-alternatifs dans les années 1960-1970 ne répond pas aux enjeux actuels. Nous savons qu’il faut changer d’ère. Comme je l’écrivais dans La société conviviale (1)« il nous reste à inventer la méthode qui permettra de réussir la transition vers une société répondant aux besoins des siècles futurs ».

1. Changer d'ère - la société conviviale, p 13 


vendredi 7 septembre 2018

La rumeur du temps : La mer



     Chaque vendredi  la chronique intitulée La Rumeur du Temps aborde une question se  rapportant à notre époque, vue sous l’angle de la culture, ce mot étant pris dans son sens large : « ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines. »
(le Robert)

LA MER

    La semaine dernière, j’évoquais le rôle important des forêts indispensables à la vie. On peut en dire autant des océans. C’est vraisemblablement mon intérêt pour l’écologie qui me pousse à les associer lorsque j’écris  ce texte publié en 1983 :
«  Et je m'enfoncerai dans ces forêts profondes où les arbres frissonnent comme des épidermes.
Je boirai à la source le suc de vérité.
Puis j'irai vers la mer où la vague dessine sur le roc de granit les fleurs de l'avenir. »

                                                                 ***     

   
De tout temps, les poètes ont célébré la mer. Baudelaire l’a associéé à la liberté :
« Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame... »
Lamartine a chanté la mer calme du golfe de Gênes :
« Que j’aime à contempler  dans cette anse écartée
La mer qui vient dormir sur la grève argentée,
Sans soupir et sans mouvement ! »
Pour d’autres poètes, la mer représente les voyages et l’aventure mais elle est aussi celle qui entraîne les marins vers la mort, ce que Victor Hugo a si bien décrit dans Oceano Nox.

    Oui, l’humanité doit beaucoup à la mer mais depuis deux siècles des hommes sans morale  l'exploitent abusivement et la polluent : les marées noires défigurent les côtes, les produits toxiques utilisés dans les champs et les usines sont rejetés à la mer, les navires de croisière perturbent les écosystèmes (à Venise la situation est devenue catastrophique), le plastique s’accumule en certains endroits et entraîne la disparition de toute vie. La pêche intensive met en péril la reproduction des espèces...
Tout être responsable ne peut constater ces actes destructeurs sans exprimer sa colère et son envie de bâtir un autre monde.
    Pourtant il y en a qui continuent de regarder la mer sans voir qu‘elle est en danger, sans chercher à la comprendre. C’est ce que j’exprime dans le poème en prose Chant de la mer dont voici deux extraits :

1. Ȏ mer grise des jours de brume, mer verte des matins d'été !
Je pleure pour ces gens pressés qui ne t'ont jamais vue,
pour ceux qui traînent leur ennui dans des tours de béton,
pour ceux qui s'enferment dans des prisons
qu'eux-mêmes construisirent,
pour ceux qui plus tard ne te verront pas telle
que tu étais jadis.

2. Je regarde la mer que le soleil enflamme
et je pense à ceux qui ne savent voir la beauté du soleil 
triomphant à midi sur la mer,
à ceux qui n'entendent pas la musique des vagues, 
le murmure du vent sur la dune.

jeudi 30 août 2018

La rumeur du temps : la forêt


1er septembre 2018





Chaque week-end vous trouverez désormais la chronique intitulée La Rumeur du Temps. Celle-ci abordera une question se rapportant à notre époque, vue sous l’angle de la culture, ce mot étant pris dans son sens large : « ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines. » (le Robert)

ARBRES

    Deux éléments jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de la vie sur terre : la forêt et la mer. On sait comment l’une et l’autre ont été victimes des activités humaines en particulier au cours des deux derniers siècles.

     En ce qui concerne les forêts leur exploitation a commencé dès la préhistoire. Les arbres ont été abattus pour se chauffer, pour laisser la place à des champs, pour bâtir des abris… Mais pendant des milliers et des milliers d’années, la population mondiale était peu nombreuse et l’impact sur l’environnement est resté faible.


   Sous la société industrielle, les forêts ont été saccagées, détruites pour construire des lotissements, des routes, pour cultiver le sol de manière intensive. L’exemple le plus tragique de ce massacre est celui de la forêt amazonienne - plus grand réservoir de la biodiversité - défigurée et appauvrie par 170 000 kilomètres de routes et par l’élevage intensif de bovins !
    Bien avant les scientifiques, les poètes avaient senti l’importance des forêts. Jusqu’au 19e siècle, ils avaient mis l’accent sur différents aspects des bienfaits qu’ils apportent pour l’homme et les animaux qu’ils abritent. Chateaubriand a écrit qu’elles « ont été les premiers temples de la Divinité », Émile Verhaeren sentait le « rythme profond » et la « force totale » de l’arbre passer en lui quand il le touchait.
    Depuis le 20e siècle, de nombreux poètes évoquent la Nature différemment. Ils ne la regardent plus comme autrefois. Ils ne se contentent pas de s’émerveiller devant elle, ce sont des hommes et des femmes engagées.
Citant Bertolt Brecht qui avait écrit ces vers: « Vraiment je vis dans des temps obscurs…
Quels sont ces temps où
Parler d’un arbre est presque un crime -
Parce que c’est un silence sur tant de crimes »,
le poète Pierre Garnier dénonçait en 1958 « nos temps obscurs où des continents entiers sont menacés de voir leur nature rasée par les armées de défricheurs et où les plus avides commencent à cligner de l’œil aux plus lointaines étoiles. » (1)
 Le poète allemand Johannes R. Becher (1891-1951) faisait remarquer que les gens qui aiment la forêt sont nombreux mais ils « ne prennent pas conscience de l’être vivant de la forêt. » Il pensait que « le poète est, par vocation, le médiateur entre la nature et la société. »
   La poésie moderne n’est plus mièvre comme elle l’était quand les poètes étaient au service de rois ou de princes. Les vrais poètes éveillent les consciences, ils nous aident à mieux comprendre la nature et ils préparent l’avenir.


1. dans la préface du livre Trois Poètes allemands de la Nature.





mercredi 29 août 2018

Rentrée


Rentrée(s)


29 août 2018

    Après une pause de quatre semaines, je reprends aujourd’hui ce blog. Cette reprise est déjà la dixième. Bienvenue à ceux qui découvrent ce blog, merci aux lecteurs et lectrices fidèles.

     Pour chacun de nous, les rentrées se suivent et se ressemblent plus ou moins. Chacun a ses propres souvenirs de rentrée. Parlons d’abord de celle des écoliers. En ce qui me concerne, celles-ci étaient attendues avec impatience. Deux mois et demi de vacances (à l’époque), cela paraissait très long. Lorsque j’étais élève, les retrouvailles avec l’école étaient un plaisir. La classe sentait le neuf : les cahiers, les crayons, l’ardoise, le cartable, la blouse que nous portions, tout était nouveau.
    Plus tard, quand je me suis retrouvé devant des élèves, ce fut le même enthousiasme. L’école était un espace où l’enseignant était une personne respectée des élèves et des parents. Malgré des classes souvent surchargées, l’instituteur ou le professeur réussissait à accomplir sa tache avec un certain bonheur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La profession a été dévalorisée, le comportement des parents et de leurs enfants vis-à-vis des enseignants a changé, à tel point que les candidats au poste de professeur sont de moins en moins nombreux.

    La rentrée des politiques est marquée depuis plusieurs décennies par des réunions qui ont pour but de remotiver les adhérents. Qu’il s’agisse d’universités d’été ou de journées d’été, ces rencontres permettent aussi aux leaders de faire leur retour médiatique avec plus ou moins de succès.
     La rentrée des travailleurs s’effectue dans une certaine morosité. La crainte du chômage est toujours présente et ceux qui sont sans travail ne voient pas la situation économique s’améliorer.
    Et que dire du contexte mondial ? Les effets négatifs de la société industrielle moderne que Marcuse dénonçait déjà à la fin des années 1960 se font sentir de plus en plus. Leur aspect le plus grave est surtout visible dans la détérioration du vivant, dans le dérèglement climatique qui provoque des catastrophes à répétition : les inondations et les ouragans se multiplient, causant des morts et des dégâts matériels importants.
    Le monde entier a été frappé cet été par l’effondrement d’un pont à Gênes faisant une quarantaine de morts. Il n’est pas normal de perdre la vie en empruntant un pont. Cette catastrophe ne relève pas de la fatalité, elle est la conséquence d’un modèle de développement qui met l’humanité en péril.
    Ce pont a cédé car il n’était pas adapté à la charge qu’il supportait chaque jour depuis plusieurs décennies. Les camions qui polluent l’atmosphère sont de plus en plus nombreux sur les routes. Les alternatives écologiques – le ferroviaire et la voie d’eau – dont on parle depuis trente ans n’ont pas été mises en place. Parallèlement rien n’a été fait pour garantir la sécurité des usagers. 
    Nous devons abandonner les projets pharaoniques dangereux et énergivores et redécouvrir la sobriété et la sagesse.
    Les gouvernants de la plupart des pays n’ont pas encore pris conscience des conséquences de leur désintérêt pour la question écologique. Un sondage réalisé en janvier 2018 pour l’Express indiquait qu’une majorité de Français était préoccupée par l’état de la planète. Mais plus de 60 % des sondés montraient leur pessimisme pour l’avenir. Ce chiffre est le signe d'un manque de confiance envers leurs dirigeants.

Il faut que ces personnes comprennent que le pessimisme n’est pas la solution. Agir massivement est le seul moyen d’éviter la catastrophe. Tel est le vœu que je formule en cette rentrée.

lundi 23 juillet 2018

Eté 2018 : Vacances


La Côte d'Opale entre Boulogne et Calais

VACANCES 

    

   Certains profitent de leurs congés pour assouvir une passion ou un rêve : les uns fréquentent les festivals, d'autres entreprennent une longue marche initiatique, d'autres encore participent à un chantier ou se rendent dans un pays pauvre pour soigner bénévolement des enfants...

     Il y en a qui associent systématiquement à l'idée de vacances l'envie de voyager, de faire de longs périples, d'aller vers des destinations lointaines qui apportent le dépaysement.

     En ce qui me concerne, les vacances sont avant tout un retour à temps plein vers la nature. Et pour cela, il n'est pas nécessaire d'aller bien loin.

     Les vacances, c'est la joie de parcourir les petits sentiers à l'écart des villages, ceux que l'on connaît bien et où l'on rencontre toujours quelque chose de nouveau ou ceux que l'on découvre. C'est le calme des berges, le cours lent du fleuve apaisé quand il se rapproche de la mer. C'est le plaisir de lire dans le silence de la montagne, de laisser vagabonder son esprit.
Et il y a aussi la rencontre des gens sur un marché, l'ambiance sympathique d'un petit restaurant au bord d'une route de campagne.
Le temps des vacances c'est avant tout la possibilité d'être soi-même.


           o O o




En cette période de vacances le blog fera une pause de quelques semaines.
Il reprendra le mercredi 29 août.

Merci de votre fidélité.


mercredi 18 juillet 2018

Carnets de voyages n° 3



Dans le prolongement des Notes de voyages qui avaient pour but d’aborder différents aspects de cette question (les lieux, les transports, les hébergements, le tourisme soutenable…) voici  une nouvelle série des Carnets de voyages.
    Autour d’une ou plusieurs photos, vous trouverez dans ces billets un  commentaire qui évoque des souvenirs et des impressions personnelles liés à  mes voyages. 



LA BRETAGNE


1- SAINT-BRIAC 


    Cela ne fait aucun doute : la Bretagne est l’une des plus belles régions de France. La présence de la mer y est bien sûr pour quelque chose. Lors de mon premier voyage en Bretagne, j’avais choisi de suivre la côte de Cancale à Pornic. Ce fut une succession de paysages superbes avec les rochers roses de Ploumanac’h, les belles plages de sable dans les environs de Saint-Briac (voir photo 1), les paysages sauvages de la pointe du Raz, le golfe du Morbihan… Mais la Bretagne intérieure a aussi son charme. Elle a inspiré de nombreux peintres, notamment Paul Gauguin.( voir photo 3)
J’ai séjourné à Cancale, à Saint-Malo, à Dinard, Perros-Guirrec, Vannes, Rennes ...J’ai marché au milieu des menhirs de Carnac (voir photo 2), je me suis promené dans les ruelles de Tréguier, la ville natale d’Ernest Renan.
J’ai ramené de mes voyages en Bretagne de nombreux souvenirs et des idées de poèmes. 

2 - MENHIRS DE CARNAC - Photo DEBORAHKBATES, pixabay.com


3 - BRETAGNE - Tableau de Paul GAUGUIN



mercredi 11 juillet 2018

Carnets de voyages n°2 : L'Auvergne


 Dans le prolongement des Notes de voyages qui avaient pour but d’aborder différents aspects de cette question (les lieux, les transports, les hébergements, le tourisme soutenable…) voici  une nouvelle série des Carnets de voyages.
    Autour d’une ou plusieurs photos, vous trouverez dans ces billets un  commentaire qui évoque des souvenirs et des impressions personnelles liés à  mes voyages. 


La Chaîne des Puys




      L’Auvergne est sans aucun doute la destination qui a eu ma préférence jusqu'à ce jour.
Comment expliquer l’attirance pour cette région ? La réponse est complexe. 
    En dehors de la beauté de ses paysages, de l’émotion sans cesse renouvelée quand j’aperçois dans les environs de Clermont-Ferrand le magnifique alignement des Puys aux sommets érodés par le temps, les volcans et leurs cratères, c’est l’impression d’être sur une terre de légende qui domine. 
    Quand on a eu devant les yeux ce  massif vieux de 500 millions d’années qui s’est modifié longtemps plus tard – entre 95 000 et 8400 ans – pour donner naissance à 80 volcans qui se sont tus depuis environ 8 000 ans, on n'est pas étonné d'apprendre que cette
merveille de la nature qu'est le Chaîne des Puys  (s’étendant sur une trentaine de kilomètres)  vient d'être classée par l'UNESCO au patrimoine mondial.

    Dans mes souvenirs scolaires, l’Auvergne est aussi le pays d’un peuple, les Arvernes,  entré dans l'imaginaire français avec Vercingétorix qui a  résisté à l’envahisseur romain, avec succès d’abord (en remportant la bataille de Gergovie) avant de se rendre à César après la défaite d'Alésia.
      Mais à ce rappel historique qui glorifie les héros des guerres du passé, je préfère la référence au personnage de la chanson de Brassens, découverte dans mon enfance, l'Auvergnat, symbole de l'homme fraternel et solidaire : 
« Elle est à toi cette chanson
Toi, l'Auvergnat qui, sans façon,
M'as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid... »

J'ai aujourd'hui encore l'impression que cette chanson m'a donné envie d’aller à la rencontre des habitants de cette belle région.

L'Auvergne en photos : 


   J'ai eu l'occasion de séjourner  dans les quatre départements qui constituent l'Auvergne : le Puy-de-Dôme, l'Allier, le Cantal et la Haute-Loire. J'y ai connu le contact avec la nature qu'offre le camping, les vacances à la ferme, la tranquillité des hôtels familiaux.
   Je garde le souvenir agréable de villages et de petites villes : Davayat, Riom, Volvic, Montmarault, Saint-Flour, Saint-Jeures et de lieux magnifiques  tels que le viaduc de Garabit et le Plomb du Cantal...
Voici un aperçu de deux d'entre eux :

Montmaraud, dans l'Allier


Une petite ville sympathique - L'église et quelques commerces

 Yssingeaux, en Haute-Loire


La tour de l'horloge

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