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mardi 30 janvier 2018

PAYSAGES



AU BORD DE LA LOIRE près de TOURS

Paysage : on utilise couramment ce mot courant sans se poser de questions sur sa signification.
Les dictionnaires eux-mêmes ne sont pas très explicites :
« Partie d’un pays que la nature présente à un observateur », voilà comment le Robert définit le paysage. Ce billet a pour but d'apporter quelques précisions sur ce mot.
    La qualité des paysages est l’un des critères qui interviennent dans le choix d’une destination.
Chacun de nous a en tête des paysages familiers ou exceptionnels  qu'il a appréciés pour leur beauté, leur rareté ou leur grandeur impressionnante. D’autres lieux qu’on a aperçus dans un magazine, un livre ou sur un écran nous ont donné l’envie d’aller sur place pour profiter du spectacle qu’ils offrent.
    Personnellement je pourrais citer quelques  paysages que j’ai beaucoup aimés : le volcan du Teide, sur l’île de Tenerife, à cause de sa flore riche qui change selon l'altitude à laquelle on se trouve, les chutes du Niagara impressionnantes par leur taille et le bruit permanent des remous de l'eau, la vue sur l'Etna et les odeurs mêlées de soufre et de fleurs, mais aussi dans les vastes plaines de Hollande l’alignement des moulins de Kinderdijk, la côte bretonne, les caps de la Côte d'Opale avec leur odeur d'algues et d'iode et les picotements de la bruine ou du vent sur le visage...
  Un paysage ne se regarde pas seulement, il s'adresse à tous les sens : on l’écoute, on le sent, on le touche.

   Longtemps considéré comme un objet d'études pour les géographes qui mettaient en avant la notion de territoire, d'environnement naturel modifié par l'homme, le paysage a vu sa définition évoluer à partir des années 1970, en prenant en compte sa complexité. Cette approche écologique fait donc intervenir des éléments relevant de la biologie, des sciences sociales, de l'archéologie, de la géologie...
La Convention européenne du paysage, signée en 2000, a défini le paysage comme " une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations ".

Cette définition a le mérite d’être beaucoup plus précise que celle des dictionnaires.

Qu'est-ce qu'une belle ville ?


   Je dois le dire : je ne suis pas attiré par les villes de très grande taille.                                                            
   Dans celles-ci, quelques jours pour voir les monuments et visiter les musées me suffisent. L'air de Londres, de Paris ou de Rome me paraît étouffant. Seule Cracovie, avec ses 850 000 habitants, échappe à cette critique car elle a gardé le charme et la convivialité des vieilles villes.

Quand on me demande de citer les villes que j'aime, je pense à quelques-unes de celles où j'ai pris plaisir à marcher : Honfleur, Dinard, Canterbury, Bruges...

S'il fallait définir ce qu'est une belle ville, je répondrais : " Une ville qui me donne envie d'y revenir."

Une belle ville ne doit pas être vue avec l'œil du touriste mais avec le regard de celui qui y vit.

    Une belle ville doit être de taille raisonnable, authentique et avoir du caractère. C'est une ville où les vieilles maisons, les églises, l'hôtel de ville, le beffroi, les remparts, racontent une histoire que les habitants d'aujourd'hui perpétuent.

Une belle ville doit accorder une large place à la nature. C'est pourquoi j'apprécie surtout les villes bâties au bord de la mer, avec leur port et leur plage, les villes traversées par une rivière ou une multitude de canaux, les villes où la verdure et les fleurs abondent. C'est la raison pour laquelle Bruges est l'une de mes villes préférées.

BRUGES

Au cœur de l’Aquitaine

Les halles - Photo Jacques MOSSOT - Creative Commons

    Au sud de Bergerac, la route qui conduit à Villeneuve-sur-Lot devient plus sinueuse. Ici dans les environs de Castillonnès, c’est la couleur verte qui domine. Nous sommes au cœur de la France rurale.
   En dehors des villages perchés sur des collines, peu de maisons. L’espace est occupé par les champs, les prairies, les haies, les arbres alignés ou regroupés en bosquets. Dans cet univers serein, certaines nouvelles déversées par les radios et les journaux nationaux ne retiennent pas l’attention. Les gens qui vivent ici privilégient le bon sens et les choses concrètes.   Dans ce coin discret d’Aquitaine on se préoccupe surtout de l’avenir des récoltes. On peste contre le temps trop humide ou trop froid. On constate que la météo est de plus en plus détraquée. On compatit au malheur des populations confrontées à de nouvelles inondations. On s’intéresse à la vraie vie.

    Le charme des petites villes d’Aquitaine ne réside pas seulement dans leur tranquillité. On est dans une région qui a une longue histoire. L’une des figures les plus marquantes reste Aliénor dont le destin ne fut pas banal. Au XIVe siècle, c’est Edouard II d’Angleterre, duc d’Aquitaine, qui fit fortifier Castillonnès. On se souvient aussi d’Edouard Plantagenet plus connu sous le nom de Prince Noir.
   La ville fait partie des bastides du Sud-Ouest créées au XIIe et XIIIe siècles. Celles-ci avaient un pouvoir politique et économique ; elles se dotaient aussi d’un plan local d’urbanisme.
   Aujourd’hui, des monuments et bâtiments attirent l’attention du voyageur : l’église Saint-Pierre, les halles, l’hôtel de ville. Dans un circuit consacré aux bastides, faire étape à Castillonnès est un choix qu'on ne regrettera pas. 


lundi 29 janvier 2018

La campagne anglaise



Pour ceux qui, comme moi, vivent sur la  Côte d’Opale, la présence de l'Angleterre se ressent de manière quasi permanente. De chez moi, par temps clair, on distingue nettement les falaises de Douvres. Par un effet d'optique, elles paraissent toutes proches. Les manifestations qui célèbrent l'Entente Cordiale entre nos deux pays sont fréquentes.
  Pourtant, malgré la construction du tunnel qui permet de traverser la Manche en une demi-heure, le voyage en Angleterre reste un vrai dépaysement, une escapade qui nous plonge dans un autre univers.
   Dès qu'on arrive à Douvres ou à Folkestone, c’est toujours un grand plaisir de revoir la campagne anglaise. Les petites routes si calmes du Kent traversent des prés d'un vert soutenu que je n'ai vu nulle part ailleurs. Des moutons et brebis à la fourrure épaisse et bouclée et à l’allure bonasse y paissent tranquillement.
  Mais c'est à bord d'un narrow boat ─ ce bateau typique aux allures de petite maison flottante rouge, vert sombre et blanche et au toit plat ─ qu'on apprécie le mieux la beauté de la campagne. En aménageant dans les années 90 les berges des canaux et des rivières, les Anglais ont rétabli des lieux de vie qui créent une harmonie parfaite entre les gens, la voie d'eau et les docks réhabilités.

  La modernité s'y conjugue avec un art de vivre souvent  oublié ailleurs.

jeudi 25 janvier 2018

Les lieux et les gens



SAINT-LOUIS DU SENEGAL
     Nos sentiments vis-à-vis des lieux que nous visitons sont comme ceux qu'on éprouve vis-à-vis des personnes. Parfois la première impression nous éblouit et les rencontres qui suivent nous déçoivent.
On aime vraiment un lieu quand on le connaît bien.


  Rodolphe a découvert les vieilles ruelles de Cordes-sur-Ciel, un jour d'automne, sous la pluie. La jeune femme qui l'accompagnait l'aimait profondément. Le village l'avait séduit. Il était persuadé que Cordes était le plus beau village de France.
Cet été, Rodolphe a refait seul le même chemin. Sa compagne l’avait quitté.
Cordes lui est apparu désespérément triste.

  Les lieux racontent tous une histoire. Celle-ci m'intéresse autant - voire plus - que le spectacle que j'ai devant les yeux.
Je ne peux regarder un château sans penser à ceux qui l'ont construit. La foi des bâtisseurs de cathédrales m'étonne toujours.

   Les ancêtres qui ont choisi un jour de s'installer dans un lieu ont dû - et ont su - s'adapter au relief, au climat, à la terre. Le milieu naturel impose sa loi aux hommes.
Transgresser les règles, oublier les colères du fleuve, de la mer, de la montagne, en faisant confiance aux techniques les plus élaborées, conduit aux pires catastrophes.

FONTEVRAUD



    Entre Saumur et Tours, à quelques kilomètres de Montsoreau, l’abbaye de Fontevraud est l’un des plus beaux monuments du Val de Loire.
Quand on pénètre dans ces lieux — quelles que soient les convictions philosophiques de chacun — on est frappé par le silence qui y règne, un silence apaisant, semblable à celui qu’on apprécie quand on marche au cœur d’une vaste forêt.
Se promener dans la cité monastique de Fontevraud, c’est aussi plonger dans le passé et chercher à comprendre le mystère de ces pierres assemblées — pour les parties les plus anciennes — il y a neuf siècles. Pierres qui constituent une des merveilles les plus abouties de l’architecture médiévale.
En entrant dans cet endroit mythique ( et mystique), on pénètre dans la complexité et les contradictions d’une société fondée sur l’ordre, la discipline, sur la prédominance de la religion chrétienne, sur la domination de l’homme sur la femme, une société qui permettait pourtant à une abbesse d’exercer son autorité sur les hommes et les femmes de Fontevraud.

Enfin, on y fait un long voyage dans l’histoire.

Dans la nef de l’église abbatiale, on s’arrête devant les gisants de personnages dont on avait perçu le destin romanesque à travers les lectures de jeunesse : Aliénor d’Aquitaine qui fut à la fois reine de France et d’Angleterre, son mari Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou, duc de Normandie puis roi d’ Angleterre, leur fils Richard Cœur de Lion…Des personnages célèbres qui continuent d’inspirer les historiens, les romanciers et les cinéastes.

Athènes



    Quand on arrive pour la première fois à Athènes, on a déjà l’impression de bien connaître la ville : les livres d’histoire et de littérature nous ont rendu  l’Acropole et le Parthénon familiers. On est rempli de respect et d’admiration pour les grands auteurs grecs de l’Antiquité, pour ceux qui ont représenté la culture moderne, Mikis Theodorakis, Melina Mercouri…

  J’ai découvert l’Acropole et le Pirée avec plaisir, j’ai longuement flâné dans la ville moderne sans lui trouver beaucoup de charme. Les grands bâtiments couverts de gigantesques panneaux publicitaires ne se distinguent pas de ceux qu’on voit dans les autres capitales européennes.
La Grèce est entrée dans le moule de la mondialisation avec tous les travers de celle-ci et ses problèmes sociaux et économiques. La place Syntagma est le lieu de rassemblement des citoyens en colère. 

    Pourtant, quelque chose m’a surpris dans cette capitale : c’est la beauté du métro. Pour que les gens aient envie de prendre les transports en commun, c’est bien connu, il faut  leur proposer des conditions de déplacement optimales (confort, propreté, sécurité, bonne intermodalité...) 
   De ce point de vue, le métro d’Athènes est une belle réussite. On y circule dans des couloirs spacieux, presque trop luxueux, et en passant devant les statues exposées, on a l’impression de visiter un musée. On revient ainsi aux sources de ce qui a fait la renommée d’Athènes : sa culture ancienne.

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