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mardi 19 mai 2009

Réhabiliter la politique



"Je ne m'occupe pas de politique", 
c'est comme si vous disiez "Je ne m'occupe pas de la vie".

                                  Jules Renard ( Journal)


La politique est indispensable pour préserver la paix, les libertés, pour créer,
par le biais des lois, un cadre fixant les règles  qui touchent à notre vie quotidienne,qui garantissent à tous les mêmes droits. On ne peut donc se passer d' elle.
Pourquoi alors tant de citoyens s' en détournent, ne se sentent pas concernés par les débats qui précèdent les élections ( comme c' est le cas actuellement avec les élections européennes) et se réfugient dans l' absention?
On pourrait penser que ce désintérêt est lié à la montée des individualismes.
C' est sans doute vrai en partie. Cependant la vitalité des associations menant des actions de solidarité ou défendant l' environnement prouverait plutôt le contraire.
Alors, n' est-ce pas tout simplement, parce que la politique les déçoit?
   D' abord parce que, depuis des décennies, la démocratie représentative a montré ses limites. Les citoyens d' aujourd' hui ont davantage d' exigences démocratiques que par le passé. Un vote tous les cinq ou six ans ne leur suffit plus, ils souhaitent être informés et s' exprimer dès qu' un projet voit le jour.
Devant la gravité de la crise économique ou écologique,ils ressentent l' impuissance des élus face à un système économique que peu d' entre eux remettent en cause.
D' autre part, combien d' élus ayant une vision réduite au court terme ( généralement limitée à leur prochaine réélection) ont le courage de prendre des décisions courageuses et impopulaires?
Dans le système français, l' élection présidentielle aggrave la situation. Le débat politique est phagocyté par la compétition qui met  aux prises les deux  partis les plus forts. Quelle que soit l' élection, cette compétition est toujours présente en arrière-plan.
La réhabilitation de la politique passe nécessairement par un changement des comportements, par de nouvelles pratiques.
Il s' agit là d' un exercice difficile. Jusqu' à présent, ceux qui ont déclaré vouloir faire de la politique autrement ont fini par ressembler à leurs aînés.
Si quelques mesures  peuvent contribuer à réhabiliter  la politique ( instituer le mandat unique, limiter à deux le nombre des mandats), l 'essentiel me paraît relever de l' éthique.
Par exemple, l' engagement solennel d' un candidat à tenir ses promesses ne contribuerait-il pas fortement à redonner de la crédibilité aux politiques?

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