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dimanche 3 mai 2009

RUPTURES 5: LE MANUEL ET L' INTELLECTUEL




Dans un billet intitulé " Le temps des ruptures",  j' écrivais dernièrement:
"Si l'on cherche à comprendre la crise que nous traversons actuellement, 
on constate que cette crise est multiforme et que, dans la plupart des domaines, 
nous vivons une époque de ruptures."
Après avoir évoqué la rupture entre générations, entre l' homme et la nature, l' école 
et l' entreprise, je parlerai aujourd' hui de la rupture entre le manuel et
l' intellectuel, une fracture qui cause bien des dégâts dans la société
d' aujourd'hui, le plus grave étant selon moi les erreurs d' orientation scolaire
qu' elle provoque.
Le formatage  des esprits dû à la société de consommation n' épargne pas
les enseignants et touche la plupart des familles. Dans un souci d' ascension
sociale, les travailleurs manuels souhaitent que leurs enfants occupent plus tard
un poste plus élevé que le leur. Pour la plupart des parents exerçant une profession
intellectuelle, l' orientation d' un enfant vers un métier manuel est 
vécu comme un échec. Dans un cas comme dans l' autre, le choix d' une
formation technique ou d' un métier manuel se fait le plus souvent par
défaut.
En dehors de ce fait de société, il faut aussi noter la part de responsabilité
qui incombe à l' enseignement, trop axé sur l' abstraction, au détriment 
d' autres formes d' intelligence ( habileté, relationnelle...) qui sont négligées.

Il est temps de sortir de cette opposition caricaturale entre l' intellectuel
qui pense et le manuel qui utilise sa force physique. Dans le travail mais
aussi en dehors, à la maison, dans les loisirs, l' intellect et le geste
opèrent un métissage permanent.
Dans une entreprise ou dans un service - l' hôpital par exemple - c' est la
complémentarité des deux qui assure son bon fonctionnement.

J' ai toujours pensé qu' il valait mieux être un menuisier heureux  dans son
travail qu' un professeur malheureux, qu' il valait mieux devenir un bon 
électricien   plutôt qu' être un mauvais médecin

Réhabiliter les métiers manuels est une nécessité. Cela passe aussi par une
reconnaissance au niveau des salaires. Les écarts constatés de nos jours
sont inadmissibles. Pour changer les choses, inspirons-nous de l' esprit des
SEL (Système d' échange local)  dans lesquels un service 
a la même valeur, quelle que soit la profession de celui qui le reçoit ou le rend.


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