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jeudi 22 mars 2018

La Crète

 Ceux qui ne sont jamais allés en Crète connaissent au moins deux choses de cette île : la place qu’elle a tenue dans l’Antiquité avant de s’effacer devant la Grèce, et son régime alimentaire basé sur la consommation régulière de céréales complètes, de fruits et de légumes, de noix et de graines sans oublier l’huile d’olive et le verre de vin rouge quotidien. Un régime qui permet d’assurer aux Crétois une longévité supérieure à celle de beaucoup d’autres populations.
    D’autres raisons conduisent à visiter cette île qui a été rattachée à la Grèce en 1913, après des siècles d’histoire mouvementée.
La première est qu’elle a le charme de la plupart des îles ; l’omniprésence de l’eau est un atout touristique. Les plages, les ports, les beaux villages de pêcheurs comme Elounda. attirent les visiteurs.
   L’île possède d’autres atouts : ses paysages, les sites archéologiques (Knossos) et les villes. Heraklion est celle qui offre le plus d’intérêt ; outre son port, il faut voir son musée qui abrite de nombreuses pièces de la civilisation minoenne ( entre 2000 et 1400 av JC),

    L’îlot de Spinalonga est une curiosité à voir absolument. Situé au nord-ouest d’Elounda, cet îlot rocheux a d’abord été une forteresse servant à protéger la cité d’Olounta.
En 1903, il est devenu un refuge pour les lépreux crétois puis grecs. Vivant au départ dans des conditions rudimentaires, les lépreux ont montré une énergie étonnante pour vivre mieux. Ils ont transformé l'endroit.
    La léproserie a fermé en 1957 et Spinalonga est devenu un lieu touristique très fréquenté.
    Cette brève présentation de la Crète serait incomplète si l’importance des vents n’était pas évoquée. Vents froids, vents chauds. Ceux-ci ont inspiré le journaliste américain Donald MacNeil Doren qui a vécu dans l’île ; il a écrit un livre intitulé Winds of Crete qu'on peut lire pour mieux comprendre l'île.                         





DURAS et ses environs



Duras. Ce nom est connu dans le monde entier grâce à Marguerite, grande figure de la littérature et à son vin, le fameux Côtes-de-Duras. Intéressons-nous au village et à ses environs.
    Au nord-est du Lot-et-Garonne, aux limites  des départements de  la Gironde et de la Dordogne, le pays du Dropt offre ses paysages paisibles, ses vieux villages chargés d’ histoire. Là, on ne fait pas du tourisme au sens moderne du mot, on voyage  pour rencontrer des gens,  pour se plonger dans un passé que nous rappellent ici une vieille église, là un château perché sur une colline ou une place qui a conservé ses pavés usés.

    Duras est sans doute le village le plus connu de cette région, bien qu’il soit de taille modeste ( à peine 1 200 habitants, soit 500 de moins qu’au 19e siècle, ce qui prouve que les campagnes, malgré leur charme, n’ont pu malheureusement, résister à la désertification due à la révolution industrielle).
    Duras doit sa réputation à son vin, mais aussi à son château et à Marguerite Duras. 
Les liens entre la femme de lettres et la commune de Duras sont, il faut le dire, assez ténus. Si une place du village porte son nom, c’est parce que Marguerite, de son vrai nom Donnadieu,  avait choisi de prendre Duras pour pseudonyme, en se souvenant des agréables vacances passées dans sa jeunesse dans la maison familiale, près de là.

    Quant au château, témoin de nombreuses luttes pendant la guerre de Cent ans et les guerres de Religion, il fut détruit pendant la Révolution. Complètement restauré, après trois décennies de travaux, il présente la particularité d’appartenir depuis 1969 à la population : c’est en effet la municipalité qui l’a racheté et la mairie s’y est installée, près de l’entrée.

   On profitera de cette visite à Duras pour se promener dans les environs au milieu de  paysages tranquilles.



vendredi 16 mars 2018

Rêve, Utopie et Réalité

PHOTO Marc HALOT - pixabay.com
CHOIX DE TEXTE n° 13

    Dès les premières lignes de son livre Dire non, Edwy Plenel cite une phrase de Gramsci écrite en 1930 : « La crise consiste ... dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître. »
Et un peu plus loin, on trouve cette variante : « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et, dans ce clair-obscur, surgissent des monstres. »
Depuis quelques décennies, nous sommes entrés dans une période qui est trop longue pour être appelée crise ; nous sommes au cœur de la transition entre deux ères.
Ils sont nombreux ceux qui depuis quarante ans ont lancé des cris d’alarme pour faire prendre conscience d’une réalité qui mène l’humanité à sa perte.

    Alors que la société industrielle est en train de  s’écrouler, certains profitent de l’inquiétude créée par l’incertitude du lendemain pour semer la peur en  annonçant des dangers infondés au lieu de se préoccuper des vrais problèmes : la misère, la famine, le dérèglement climatique... On voit de tristes histrions déverser leur haine et leurs mensonges sur les écrans de toutes tailles. Vulgarité, médiocrité, bêtise, méchanceté, égoïsme, on n’en peut plus. 
   Dans une période où tout doit être refondé, où toutes les énergies devraient être tendues vers un retour aux équilibres grâce à une autre façon de penser, de vivre, de produire beaucoup de gens tournent le dos à la réalité. Celle-ci fait peur à certains, elle n’intéresse pas les cyniques et les égoïstes.

    Être raisonnable aujourd’hui, c’est affirmer que la société actuelle n’est plus acceptable.
Il faut en concevoir une autre. L’heure est à la mise en œuvre des utopies. Le poète Édouard Glissant a écrit :
« L’utopie n’est pas le rêve. Elle est ce qui nous manque dans le monde.»
Pour juger cette phrase, il faut d’abord définir les mots Utopie et Rêve. Pour cela le dictionnaire est peu utile.
Il précise que l’utopie « ne tient pas compte de la réalité » et qu’ « elle paraît irréalisable ». Quant au rêve, en dehors de l’activité psychique pendant le sommeil, il est une « construction de l’imagination destinée à échapper au réel ». Le Robert cite ensuite le mot illusion comme synonyme.
Pour le dictionnaire, le rêve et l’utopie ont un trait commun : il est impossible de les traduire dans la réalité. C’est une erreur. L’histoire nous rappelle que l’Homme  a longtemps rêvé de voler, d’aller sur la Lune ; il a inventé l’avion, la fusée et les outils permettant  de naviguer dans l’espace. Dans les siècles précédents des utopistes imaginaient la fin de la royauté, l’union européenne, l’abolition de l’esclavage, de la peine de mort, le droit de vote pour les femmes...Tout cela est devenu réalité.

   Le drame de notre époque est de ne pas croire suffisamment en l’Utopie. Aveuglés par leur soumission au Dieu Argent, ceux qui nous gouvernent conduisent le monde au chaos.




mardi 13 mars 2018

LONDRES, la Tamise et le port

LA TAMISE vue du 49e étage d'une tour
    Mes séjours à Londres ont été assez nombreux. Longtemps, en partant de Boulogne ou de Calais, une seule possibilité existait : il fallait traverser la Manche en bateau, on entrait en Angleterre à Folkestone ou à Douvres, et l’on poursuivait sa route vers Londres par divers modes de transport. Puis vint l’heure du Tunnel, de l’Eurostar et des navettes qui font gagner du temps mais n’ont pas le charme du ferry-boat.

    Comme pour beaucoup de gens, mes premières visites à Londres, faites en famille ou dans le cadre des voyages scolaires de fin d’année furent des plus classiques. Le choix des visites s’inspirait des guides touristiques, on allait voir ce qu’il ne faut pas manquer : Tower Bridge, Big Ben et la Tour de Londres, Buckingham Palace, la relève de la garde, l’abbaye de Westminster…Lors d'une autre visite on se promenait longuement dans les allées de Hyde Park, on passait une journée entière dans National Gallery qui est l’un des musées les plus intéressants au monde. Ou bien en allait découvrir un quartier pittoresque de la capitale, Notting Hill ou Camden Town, 

LA TAMISE ET LE PORT

     Mais la visite de Londres ne peut se limiter à ces lieux très fréquentés. On ne peut oublier la présence de la Tamise qu’on a déjà pu apercevoir en passant devant Tower Bridge. Pour en avoir une vue plus large, il faut se rendre au dernier étage d’une des hautes tours qui ont surgi au siècle dernier. Alors, entre les bâtiments anciens et modernes on aperçoit le fleuve qui coule lentement   faisant de nombreux méandres.

   Londres est aussi un port important. Soixante kilomètres séparent Tower Bridge de l’estuaire. Dans le Grand Londres, le port fluvial accueille les petits bateaux. Il y a une quarantaine d’années on a commencé à réhabiliter le quartier des Docks, à l’est de la ville. Cette réalisation est une belle réussite ; les commerces, les résidences, la qualité de l’architecture ont donné à ce quartier dynamique un aspect agréable. Je conseille d' aller s’y promener.



QUARTIER DES DOCKS 

vendredi 9 mars 2018

Printemps des Poètes 2018




POÉSIE (choix de texte n° 12)


    Que représente la poésie en ce début de siècle tumultueux?
Est-elle essentielle à l'Homme ou  n'est-elle qu'un  aimable divertissement, l'alignement de mots aux sonorités plus ou moins belles, un simple jeu de l'esprit? 
La poésie, étrangère à tant d'individus, serait-elle condamnée à rester un mode d'expression réservé à quelques amateurs?

   La poésie, pour beaucoup, souvenir du temps de l'école primaire où elle n'était qu'un exercice de mémoire. Apprendre par cœur un texte qu'on n'avait pas choisi et qui parfois n'évoquait rien !  Certains enseignants croyant bien faire proposent à leurs élèves des textes sans grande valeur poétique. Ils oublient que la poésie ne  doit pas être nécessairement comprise : le langage poétique s’écartant de la langue courante, ce qui compte avant tout, c’est l’émotion enveloppée de mystère créée par la musicalité des mots, l’originalité du style et la force des images. Arthur Rimbaud plutôt Pierre Dupont ! (J'ai deux grands bœufs dans mon étable).
Plus tard, au collège et au lycée, il fallut disséquer, analyser le poème. Le texte était si trituré qu'on en oubliait l'essence, la beauté de la musique qui se dégageait des mots.
Et c'est ainsi que des générations d'élèves sont passés à côté de la poésie, que certains  en furent dégoûtés à tout jamais.

   Il en faudra du temps - et sans doute l'avènement d'une société moins matérialiste - pour que la poésie occupe une place plus importante !
   
L'ARDEUR,
thème du 20e Printemps des Poètes


   Il faut bien le dire : en 2018 la poésie n’occupe toujours pas la place qui devrait être la sienne. Dans les grands médias, elle est quasiment absente ; en dehors des ouvrages destinés aux scolaires, les livres de poésie se vendent plutôt mal. Heureusement il existe des manifestations telles que le Printemps des Poètes et des hommes et des femmes qui défendent la poésie avec persévérance. Enfin il y a celles et ceux ceux qui la font, poètes ayant acquis une certaine notoriété  et poètes inconnus.

    En choisissant l’ardeur comme thème de l’édition 2018, les organisateurs ont visé juste.
En effet, l’ardeur qui signifie chaleur vive, fougue et énergie, est ce dont le poète a besoin pour traduire sur le papier les sentiments, les états d’âme qui le traversent.
   L’ardeur lui est nécessaire pour refuser les travers de  son époque et proposer une vision plus élevée du monde, pour combattre les injustices de la société, pour s'extraire de la médiocrité dans laquelle se complaît une partie de ses congénères. 
Certains poètes ont payé de leur vie leur engagement en faveur des libertés, beaucoup ont été incompris.
La société a besoin de ces visionnaires qui préparent un monde meilleur (Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Anna Akhmatova, Julia de Burgos...)






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mardi 6 mars 2018

La Sologne

Sous-bois solognot

    Au début de l'automne, la Sologne offre des paysages magnifiques, même sous la pluie. Si les champs de maïs sont monotones et lassent rapidement le regard, il y a souvent de l'autre côté du chemin ou à l'horizon, un étang, une forêt et parfois un vignoble où, à cette époque de l'année pendent les grappes de raisin que l'on va bientôt cueillir. Ce territoire est le paradis des promeneurs, des amis de la nature, qui avancent doucement sur les sentiers dans l'espoir d'assister au passage d'un chevreuil, à l'envol d'un canard.

La Sologne  est située entre la Loire et son affluent le Cher et fait partie de de la Région Centre -Val de Loire.
   Sauvage, humide avec ses nombreux marécages et ses étangs (on en compte un peu plus de trois mille), la Sologne humide a longtemps été une région pauvre. Il a fallu attendre le 19e siècle pour qu’elle change de visage. 
   Maurice Genevoix, auteur de Raboliot (1925) a très bien décrit la vie des Sognolots, des  gens passionnés de pêche et de chasse. Un autre écrivain régional, Alain Fournier s’est fait connaître en écrivant Le grand Meaulnes.
   Dans la Sologne sèche on produit des vins d’excellente qualité, comme le Cheverny.
Les châteaux de la Renaissance (Chambord, Cheverny…) sont visités chaque année par des touristes venus du monde entier.
   Les forêts abritent de nombreuses espèces d’animaux tels que le cerf, le chevreuil, le sanglier ainsi qu’une grande variété d’oiseaux. Leur présence a, depuis des siècles, fait la joie des chasseurs. Faut-il répéter ici que la tradition ne justifie plus aujourd’hui la pratique de cette activité. La chasse est un loisir d'un autre temps. Dire qu'elle est une activité écologique est une imposture.

   Profitons plutôt d’un séjour en Sologne pour admirer ses forêts et le monde vivant qui les peuple ou pour visiter les  superbes châteaux qui défient le temps.

Château de Soings-en-Sologne

vendredi 2 mars 2018

Le Salon de l'Agriculture




CHOIX DE TEXTE n° 11

Voilà ce que j’écrivais à propos du Salon de l’Agriculture en 2011 :

    Le dernier Salon de l'Agriculture de Paris était placé sous le signe du développement durable.
   Les discours qui s'y sont tenus, en particulier celui du Président de la République (1), ont montré une nouvelle fois les aspects hypocrites et contradictoires de cette expression développement durable dont le sens - surtout dans la bouche des partisans du libéralisme - est très éloigné d'une vision écologique du monde.
   Comment peut-on prétendre prendre la défense de l'environnement quand on propose au nom de la concurrence économique de s'affranchir des engagements du Grenelle de l'environnement (2) qui pourtant n'étaient pas très ambitieux : nulle part on y lisait l'abandon du productivisme et de ses pratiques nuisibles à la nature et à l’homme ?
   Le défi posé au XXIe siècle à l'agriculture mondiale est énorme. Dans un contexte qui voit régulièrement diminuer les surfaces agricoles cultivées, il s'agit, à l'horizon 2050, de nourrir une population mondiale qui pourrait atteindre 9 milliards d'habitants, tout en rétablissant l'équilibre entre des pays du Nord et du Sud.
   Même si ce chiffre n'est pas atteint - ce qui me paraît souhaitable - poursuivre dans la voie prise par l’agriculture il y a une quarantaine d'années est impensable : cela conduirait à une dégradation insupportable de l'environnement et maintiendrait le déséquilibre entre pays riches et pauvres. La seule alternative réaliste à l’agriculture industrielle est d'aller dans tous les pays vers une une agriculture naturelle.

    Aujourd'hui, cette grande mise en scène visant à présenter l'agriculture – et surtout l'élevage – sous son visage le plus attirant continue d'avoir du succès. On connaît pourtant désormais la triste réalité : des animaux élevés dans des conditions horribles, des légumes et des fruits contenant maints pesticides, insecticides, engrais chimiques... Et pendant ce temps, les paysans respectant l’environnement souffrent énormément.

1. N.Sarkozy
2. Une promesse vite abandonnée

Mars 2018. Les présidents changent. Ils défilent tous - plus ou moins longtemps – dans les allées du Salon, mais rien ne bouge. Les légumes, les fruits provenant de l’agriculture industrielle continuent de pousser en polluant les sols, l’eau, l’atmosphère. Tous les produits chimiques mauvais pour la santé pénètrent dans nos corps. On croyait être débarrassé rapidement du glyphosate, ce désherbant dangereux ; il a suffi que quelques agriculteurs haussent le ton pour que le gouvernement fasse marche arrière, confirmant ainsi que la volonté politique de produire autrement n’existe pas.
Et que dire de l’élevage ? Ces jolis poussins qui attendrissent les enfants, ces cochons au regard malicieux, ces vaches que l’on brosse avec soin pour qu’elles paraissent plus belles, pourquoi sont-ils exposés au public ?
- Pour donner une belle image de l’élevage, une image trompeuse éloignée de la vérité.
Les militants de la cause animale, nombreux cette année au Salon, ont agi et parlé pour rétablir la vérité. Les décideurs et les grands groupes les regardent avec dédain. Ils ont tort. Leur message sera de plus en plus entendu.


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