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lundi 22 mai 2023

la liberté

 


  La Liberté


Première partie

 

 

     Nos ancêtres ont connu la servitude et le poids d'une religion monothéiste qui leur a appris la résignation sur terre, dans l'attente d'une vie meilleure. La Révolution française a fait inscrire le mot Liberté sur la façade des bâtiments publics et a permis au peuple de se détacher plus ou moins de la religion en faisant avancer l'idée de la laïcité qui sera reconnue en 1881.

  Dans de nombreux pays, on a de nos jours le droit de pratiquer la religion que l’on souhaite ou d’affirmer son athéisme. On peut se  déplacer librement ( dans les limites des moyens financiers). 


Mais notre pensée est-elle libre ?


   Comme l'a montré Herbert Marcuse dans L'homme unidimensionnel, avec quelques décennies d'avance sur le monde d'aujourd'hui, malade de la surconsommation et de la communication à outrance, cette liberté est illusoire. Nous pensons avoir la possibilité de faire des choix dans tous les actes de la vie quotidienne. En réalité, les lois du marché conditionnent notre vie en créant de faux besoins au détriment des besoins essentiels, en imposant un mode de travail stressant, angoissant en raison du risque de chômage, en formatant les esprits, de l'école primaire à l'université.

  Dans la société actuelle, peu de gens peuvent dire qu'ils sont complètement libres, et s'ils prétendent l'être, c'est parce qu'ils n'ont pas suffisamment conscience des influences – ou aliénations - qu'ils ont subi dès l'enfance.



lundi 15 mai 2023

billet n°53

 


                                     L'ÉMANCIPATION, 

                     une révolution


 L’employé qui à longueur d’année doit subir les remarques désobligeantes d’un chef ou d’un patron grincheux et celui dont le travail est si absorbant qu’il n’a plus le temps de lire ou d’aller voir un bon film, ceux-là rêvent  pendant quelques semaines de vivre autrement.

   Est-il normal d’attendre l’heure de la retraite pour se sentir libre ? Ou de l’être seulement quelques jours dans l’année ?

     Le temps de l’émancipation pour tous n’est pas encore venu en France et ailleurs. Ce sera un long combat qui nécessite un changement des mentalités et des décisions politiques permettant d’atténuer et parfois de faire disparaître les contraintes qui touchent tant de gens telles que l’autorité masculine qui persiste dans certaines cultures ou le poids de la hiérarchie…

 

    L’émancipation commence d’abord dans les familles. Mais beaucoup de parents, croyant bien faire, exercent une présence qui étouffe leurs enfants et, poursuivant la tradition, leur imposent leur point de vue, leur religion, leurs habitudes alimentaires. 

    L’émancipation devrait se poursuivre à l’école. Hélas, les directives de l’Éducation nationale ne vont pas dans ce sens. Seule une minorité d’enseignants pratique une pédagogie émancipatrice : le mouvement Freinet, les écoles Montessori et, depuis 1910, des enseignants syndicalistes regroupés dans l’École émancipée. Ceux-ci veulent changer l’école et en même temps la société. Leur pédagogie est basée sur la coopération, la mise en valeur de l’égalité et de la solidarité. Leur message politique est clair : ils luttent contre l’exclusion et la précarité. 

  Quant à l’émancipation dans le travail, elle n’est encore pour l’instant qu’une idée mise en pratique dans de rares entreprises autogérées et plusieurs événements récents ont montré que la toute-puissance du patronat restait une réalité.

Il faut en avoir conscience : l'émancipation sera une révolution.



 

   

 

lundi 8 mai 2023

n°52 les générations

                   


                                          La solidarité des                                         générations 

                                



   La durée qui va de la naissance d’un parent à celle d’un enfant est une génération. Il est assez difficile de définir avec précision cette durée. On note que l’écart entre l’âge du père et celui de l’enfant est souvent plus élevé que l’écart mère - enfant. On a longtemps pensé que l’écart entre deux générations était compris entre 20 et 25 ans. En 1973, l’archéologue Kenneth Weiss, après avoir mené une étude sur la question, a évalué cet écart à 27 ans (et sans doute un peu plus aujourd'hui). On peut estimer   que  soixante-seize générations se sont succédé depuis la bataille d’Alésia, en 52 av. J.-C.

     Ce chiffre n’est pas énorme ! Entre le Gaulois qui essayait de repousser les Romains et le Français qui défile pour inciter le gouvernement à lutter efficacement contre le dérèglement climatique, moins de cent générations se sont succédé.

Celles-ci  sont toutes  solidaires les unes des autres. C’est ce que les leçons de morale ont appris à ma génération.   Dans le livre  L’éducation morale à l’école primaire  écrit en 1947 par Joseph Cressot, inspecteur général de l’Instruction publique et écrivain, un chapitre s’intitulait  Ce que nous devons aux morts. Il recommandait de « respecter, de regretter, d’aimer les disparus », d’abord « ceux de notre famille », ceux qu’on avait connus et les aïeux qu’on n’avait pas connus mais dont on avait hérité parfois quelques traits ou le caractère. 

***

Pendant sept millions d’années, pas à pas, les hommes ont montré leur génie collectif, en Afrique d’abord puis dans le monde entier.  La domestication du feu fut une première étape importante, puis il y eut l’invention de   la roue en Mésopotamie, 3100 ans av.J.-C. Nos lointains ancêtres avaient l'intelligence et la volonté qui permettent de progresser.

  L’écriture apparut en Egypte, on doit l’algèbre au monde arabe. Les peintures rupestres, la création de bijoux, révèlent les dons artistiques de l’homme préhistorique. Les menhirs, les pyramides démontrent des qualités techniques étonnantes.  Plus tard, architectes, artisans et ouvriers ont bâti   des cathédrales et des châteaux dont on admire encore la beauté. 

  Depuis l’Antiquité, chaque génération a compté dans différents domaines ( philosophie, poésie, théâtre, arts, sciences...) quelques génies qui ont inspiré les générations suivantes.


Chacun de nous trouve dans les œuvres des anciens  des éléments qui enrichissent la pensée  et apportent des sources de plaisir. 


 

 












mardi 2 mai 2023

billet n°'51 (2ème partie)

      

            Vers l'homme " complet" (2ème partie)

                                         


    Nous avons vu dans la première partie que la spécialisation à outrance n'est pas une bonne chose. Dans le passé, de nombreux personnages connus avaient été des hommes "complets".

                                                      *
   La routine, le conformisme, sont les plaies de la société française.
Dans mon métier d'enseignant, dans les responsabilités que j'ai exercées dans le domaine de la formation et bien sûr dans l'éducation de mes enfants, je me suis toujours efforcé de lutter contre ce mal français en mettant en pratique certains principes d'éducation qui me semblent indispensables à l'épanouissement de chacun. Je les résumerai ainsi :
- Développer l'esprit critique pour que chacun puisse apporter un jugement en toute liberté, en toute autonomie.
- Apprendre à travailler ensemble, en coopérant. 
- Développer sa sensibilité, sa créativité, car le projet de vie ne se limite pas au travail qu'on exercera plus tard. La musique, la poésie, la peinture... contribuent à l'épanouissement ( de même que le sport)
- Ne pas s'enfermer dans une spécialité, mais être ouvert sur le monde, sur toutes les disciplines, ce qui signifie qu'en dehors de celle qu'on maîtrise le mieux, on s'intéresse à d'autres.

 Actuellement  l'éducation nationale ne répond pas hélas à ces idées. Elle s'enfonce dans    une pédagogie d'un autre temps.


 

lundi 1 mai 2023

actualité 1er mai

 


                                 PREMIER MAI

                          



  La journée internationale des travailleurs est une émanation du mouvement ouvrier.
Faut-il rappeler les conditions pénibles dans lesquelles travaillaient au milieu du 19e siècle les femmes, les enfants, les hommes ?  Il suffit de lire Zola pour pénétrer dans l’atmosphère sociale de cette époque.
L’amélioration de la condition ouvrière ( et avec elle plus tard celle des employés et des cadres) n’a été obtenue qu’à la suite de luttes, de grèves. En France, les syndicats ont été autorisés en 1884. Ils sont donc légitimes et nécessaires car ils contribuent à la défense des travailleurs et participent au dialogue social.
 Pour les travailleurs, le 1er mai est une date qui rappelle de sinistres événements du passé :
— le  1er mai 1886, à Chicago, une manifestation devant des usines avait conduit à l’arrestation de militants qui avaient été condamnés et pendus.
— le 1er mai 1891, à Fourmies, petite ville du Nord, des ouvriers qui demandaient des journées de travail de 8 heures s’étaient mis en grève. Pour chasser les manifestants, les  forces de l’ordre avaient été appelées en renfort. On avait dénombré une trentaine de blessés et 10 morts. Parmi eux, des jeunes filles et un enfant.
Cette année, le premier mai présente un aspect particulier : il s'agit de montrer à E.Macron que les travailleurs encouragés par une grande partie du peuple refusent la retraite à 64 ans.

                                       *
Note : la suite du billet n°50 paraîtra mardi

lundi 24 avril 2023

la spécialisation n°50

 

  POUR UN AUTRE MONDE

                               


 2. Vers l'homme " complet"


On a pris l'habitude pendant des siècles de cloisonner les disciplines. La société industrielle a aggravé ce phénomène en inventant l’hyperspécialisation.

   Pourtant il suffit d'un regard sur 2500 ans de vie culturelle et politique pour constater que certains ont réussi à se libérer des frontières que l’on a créées entre les différentes disciplines.

C’étaient pour la plupart des gens privilégiés qui avaient fait des études alors que le peuple était illettré. Léonard de Vinci fait partie de ceux-là. Certes, c’était un enfant illégitime et sa mère était pauvre. Mais il eut la chance d’être entouré dans sa jeunesse de personnes qui firent son éducation. Et puis, il se distingue de la majorité des humains par des dons exceptionnels. C’était un génie à l’aise dans maintes disciplines : les sciences, la peinture, la sculpture, l’architecture, la philosophie...

  Henry-David Thoreau fut à la fois un poète et philosophe et s'intéressa de près à la politique. Il est un des précurseurs de l’écologie. Son ouvrage La désobéissance civile écrit en 1849 définit la résistance passive qui inspira Gandhi et Martin Luther King dans leur action.

  Jean Jaurès fut d'abord un brillant élève de l'Ecole Normale Supérieure. Après avoir choisi pour thème de sa thèse la réalité du monde sensible, il ne cessa dans son action politique de mettre en pratique des principes moraux : position sur la guerre, rapport entre l'idéal et le réel («  Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel »)

  Victor Hugo est encore un exemple de l’homme «complet». Poète, romancier, auteur de pièces de théâtre, il s’engagea dans la politique pour défendre les pauvres, dénoncer la dictature et lancer l’idée de l’abolition de la peine de mort. 

   Plus près de nous, on peut citer Théodore Monod qui fut théologien, explorateur, savant naturaliste, écrivain et surtout humaniste défenseur de belles causes.  

Bien sûr, ces personnalités étaient des hommes d’exception vivant dans un milieu favorisé. Il n’est pas question de penser que dans une société mieux organisée et plus juste chaque enfant qui vient au monde pourrait avoir un pareil destin. Mais ce qui est possible et souhaitable, c’est que chaque enfant, quel que soit le milieu dont il est issu, puisse développer ses qualités, les exprimer librement et ainsi s’épanouir.



samedi 22 avril 2023

actualié JDLT

 

       JOUR DE LA TERRE

               


   L'idée d'organiser chaque année – le 22 avril - une journée consacrée à la Terre est née en 1970 aux Etats-Unis. La prise de conscience de la fragilité de la Terre s'était produite en décembre 1968 lorsque les images transmises de la cabine Apollo sont arrivées sur nos écrans. Cela produisit un choc : on s'est rendu compte alors que la Terre était superbe mais si petite pour abriter des milliards d'humains et d'animaux.
En Amérique du Nord et notamment au Québec de nombreux évènements ont lieu à cette occasion. En France, le Jour de la Terre n'a jamais eu un énorme succès, sans doute parce qu'on n'a pas réussi à faire comprendre aux gens, surtout préoccupés par leur avenir professionnel et leur pouvoir d'achat, que la question sociale est intimement liée à l'environnement, ce qui signifie aussi qu'il ne peut y avoir de progrès écologique sans progrès social.
   
                      *
 Le Jour de la Terre est là pour nous rappeler que chaque citoyen dans le monde  a un rôle à tenir en vue de protéger la planète.
Depuis 1970 et surtout après 1992 (année du sommet de la Terre à Rio), il serait injuste de dire que rien n’a été fait. Les actions menées par les associations, les ONG, de nombreuses collectivités locales (dans le cadre des agendas 21) et certains pays ont agi. Mais les rapports scientifiques  le disent clairement : l’état de la planète ne cesse de se dégrader. En témoignent le réchauffement climatiques et les perturbations et catastrophes qui y sont liées, la dégradation de la biodiversité, le problème de l’eau potable inaccessible pour des millions de personnes. La consommation d’énergie ne cesse d‘augmenter, les ressources naturelles s’épuisent.
Plus nous attendrons pour entamer la transition vers une société plus sobre, plus les dégâts seront difficiles à corriger.
 
   

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