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jeudi 29 mai 2014

Végétarisme : réponse à ceux qui déforment la vérité



Sur le site wikistrike.com, on peut lire un article qui pourrait troubler tous ceux qui ont décidé d'abandonner la viande au profit des fruits et des légumes ; on leur annonce que « les végétariens tuent 25 fois plus d'animaux par kilo » que les omnivores.
Cet article part d'une affirmation de Peter Singer, le philosophe australien connu pour avoir écrit La libération animale, livre qui lui a permis d'être considéré comme l'un des grands défenseurs modernes des droits des animaux.
Peter Singer est souvent au cœur de controverses causées par  certaines positions manquant de cohérence. Gary Francione, philosophe américain, lui aussi défenseur des animaux et  partisan du droit moral,   s'est opposé à Singer qui se veut utilitariste, c'est-à-dire favorable au bien-être accordé à tout être sensible.
Au nom de l'éthique, Francione refuse de tuer des animaux ; Singer, lui, reste dans une vision dépassée qui donne à l'homme le droit de tuer des animaux, dans un abattoir ou à la chasse.

Ceci étant précisé, analysons les arguments présentés dans cet article.
La démonstration souffre de faiblesses qui contribuent à déformer la réalité.
La première consiste à s'appuyer sur un exemple local, l'Australie, pays où l'élevage tient une grande place dans l'économie ( on peut d'ailleurs se demander si l'influence du lobby des éleveurs n'a pas orienté l'article). Il aurait été plus judicieux, pour faire un travail sérieux sur le végétarisme, de s'appuyer sur une étude mondiale de l'élevage.
La seconde erreur – et elle me paraît plus grave – est l'absence de vision écologique sur le long terme.
Contrairement aux arguments exposés dans le livre No steak qui place le végétarisme  dans le cadre de l'évolution humaine qui se poursuivra dans les prochaines décennies  et au-delà, on a dans l'article en question une critique de la situation actuelle de l'agriculture, limitée au territoire australien. L'auteur parle donc d'une aggravation des problèmes environnementaux liée à la monoculture, à l'emploi des pesticides, des engrais, des herbicides, il dénonce un affaiblissement de la biodiversité causé par le défrichage des pâturages qui cause la mort d'oiseaux de proie, de petits mammifères, de serpents, de lézards...
En ce qui concerne la biodiversité, l'honnêteté aurait été de rappeler d'abord le rôle joué depuis deux siècles par les activités humaines dans la destruction des milieux naturels (construction d'autoroutes, de lotissements, agriculture intensive).

On remarquera enfin que la démarche de transition entamée à l'échelle mondiale depuis huit ans et qui a pour but de concevoir un autre mode de développement en réduisant les pollutions, en relocalisant les productions, en économisant l'eau, est dans cet article complètement ignorée. L'agriculture de demain sera obligée d'intégrer  l'aspect écologique.

Or le passage au végétarisme s'inscrit dans une vision globale de la société dans laquelle il s'agira de nourrir tous les habitants de la planète, de donner un travail à tous, d'améliorer l'état de l'environnement et de ne plus faire souffrir les êtres sensibles qui ont, comme les humains, leur place sur la terre qui nous est commune.
C'est pourquoi le végétarisme est appelé à se développer. 




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