4. Musique(s) et pouvoir(s)



Depuis toujours, la musique a été partagée entre deux
options opposées : la soumission à un pouvoir et
l'expression de la liberté sous différentes formes
( subversion, contestation )
" La musique qui marche au pas
Cela ne me regarde pas." chantait Brassens. Je suis
de son avis. La musique est un mode d'expression
qui mène à l'émancipation. L'obéissance à une quelconque autorité ne lui convient pas.
Le comble de la perversité a été celle des nazis qui forçaient les musiciens à se produire devant eux dans les camps de concentration où les humiliations qu'ils subissaient étaient la négation absolue de l'humanité.

Lorsque le pouvoir politique cherche à imposer une
culture officielle, qu'elle demande aux auteurs, aux
artistes, aux compositeurs, de créer des œuvres à la
gloire du régime, c'est qu'il devient une dictature.
Les vrais artistes entrent alors en résistance ou,
quand il le peuvent, s'expatrient.

Du Moyen-Age au 19e siècle, en Europe, la religion
a fortement influencé la musique. La liste des
musiciens ayant composé des morceaux à la gloire
de Dieu serait longue. Jean-Sébastien Bach est sans
doute celui qui a le plus exalté le sentiment religieux,
avec Haendel, Vivaldi. Les Requiem, Ave Maria,
Stabat Mater, sont nombreux.
Si Pergolesi, Boccherini, Scarlati, Mozart et bien
d'autres, trouvaient une inspiration dans la religion,
ils composaient en toute liberté. Leur musique a une
beauté qui touche tout le monde et une profondeur
qui interroge chacun de nous, croyant ou non-croyant.

On ne peut parler musique sans évoquer l'aspect
économique qu'elle englobe. Même si, à la marge,
la musique reste un moyen d'échanger avec d'autres
- et parfois gratuitement - des moments d'écoute et
des impressions, c'est désormais l'argent qui impose
ses règles, société de consommation oblige.
C'est par des actions ciblées de marketing, des
campagnes publicitaires, des passages répétés de
leurs chansons sur les radios et les télés que
surgissent régulièrement des vedettes sans
personnalité, aux mélodies pauvres et aux textes
affligeants.
Pour sortir de l'anonymat sans avoir recours à
ce matraquage, il faut avoir un talent qui sort de
l'ordinaire. Ce fut le cas de Brassens, de Brel, de
jours. Il faut espérer que demain les réseaux
sociaux portés par Internet et les réseaux
associatifs aient assez de force pour contrebalancer
le pouvoir de l'argent.

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