La Loire
D'abord, ce n’était qu’un maigre filet d’eau, puis le ruisseau a grossi, est devenu fleuve fougueux, il a traversé des gorges verdoyantes.
Je l’ai vu s’assagir et devenir fleuve épanoui et majestueux avec ses îlots ombragés et ses bancs de sable. C’est là, au cœur du Val de Loire, que j’apprécie le mieux ses charmes.
L'osmose entre la nature si apaisante en cet endroit et le génie humain qui a construit ponts, abbayes, églises et châteaux élégants, y est parfaite.
Au bord du fleuve
Le fleuve est calme et lent
comme les vieux qui le regardent
aller vers la ville
qu’ils ne connaîtront pas.
La douceur de l’air tend son piège.
Nul ici n’entendra
la complainte des miséreux
et le cri douloureux de la Nature.
(Écrit au bord de la Loire)
Parmi les quatre grands fleuves français, la Loire est celui que je trouve le plus beau. C’est aussi celui que je connais le mieux. De sa source à l’estuaire, à pied, à vélo, en voiture ou en train, je l’ai longée, cherchant pendant des années à percer ses secrets.
" Les sources naissent des pierres.
Elles ont, dans l'herbe,
Le goût des framboises."
écrivait Blaise Cendrars.
D'abord la Loire n’est qu’un maigre filet d’eau au Mont Gerbier-de-Jonc ; elle grossit pour devenir un fleuve fougueux avant de s’assagir en arrivant à Orléans.
Puis elle poursuit son chemin, traverse villages et villes que dominent maints châteaux et se dirige vers l’océan.
Elle n’est plus alors le fleuve sauvage qu’aiment les poètes, la Loire de Maurice Genevoix qui affirmait avoir, grâce à elle avoir « accédé dans l’enfance au sentiment de la beauté ».
Elle a perdu la fougue que lui avait donnée la montagne, elle a alors un autre visage, elle s’est assagie. Elle est devenue majestueuse, et les grands ponts qui l’enjambent s’intègrent parfaitement au paysage.
C'est là que la beauté de la Loire s'apprécie le mieux, entre Blois et Angers. Elle flâne alors au milieu des vignes et des châteaux dans une atmosphère douce et légère, à l'image des vins qu'on y produit.
Ce long fleuve envoûtant a failli perdre son âme au début des années 70 quand des projets de barrages ont vu le jour. Pendant vingt ans, les militants de SOS Loire Vivante ont combattu ces projets. Grâce à eux et aux milliers de personnes qui les ont soutenus, le projet de barrage de Serre de la Fare a été annulé en 1971.
Les défenseurs de la nature l'ont emporté sur les maîtres du béton et la Loire a gardé son caractère.
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