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jeudi 2 juillet 2009

Nénuphars


" Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux."
Paul Verlaine
( extrait de: Promenade sentimentale; Poèmes saturniens)


Le nénuphar a un charme particulier que traduit le nom qui le désigne.
L' orthographe du mot qui était " nénufar" jusqu' en 1935 a pris sa
forme actuelle en 1990, pour respecter, paraît-il, son origine persane.
Son appellation scientifique - nymphea - évoque clairement ces divinités
qui personnifiaient les activités créatives de la nature, et plus encore
les naïades, ces nymphes qui régnaient sur les fontaines, les rivières
et les fleuves.

Le jardin qui est consacré aux nénuphars au Temple-sur-Lot et dont
les immenses bassins présentent plus de 250 variétés permet de
découvrir une plante dont les fleurs ont des formes, des tailles et des
couleurs variées, allant du blanc au rouge, en passant par le rose et
le jaune. Etranges fleurs qui ont parfois des airs de tulipes
ou de roses et que le profane que je suis confondait jadis avec les lotus.

Si Van Gogh a immortalisé le tournesol, c' est sans conteste Claude
Monet qui est le peintre des nénuphars. Le petit musée installé au fond
du jardin rappelle d' ailleurs les liens qu' il avait avec le Temple-sur- Lot:
les nénuphars de son jardin de Giverny - qui lui ont inspiré la série des
Nympheas - provenaient de ce village.

dimanche 7 juin 2009

CHANT DE LA MER (1)



1

D' abord le voile de la nuit s' est déchiré, la séparant du ciel avec délicatesse.
Alors elle a jailli de l' ombre, onduleuse, secrète. Et je reviens vers elle
à l' heure du réveil la voir avec ferveur.
Mais quand donc l' ai-je vue pour la première fois? Je ne saurais le dire.
Elle m' est familière comme ces visages qu' on a toujours connus.
Et je reviens vers elle subir l' envoûtement. Mais pourquoi cette fascination,
pourquoi ce besoin d' elle, cette envie de la voir ?
Ce désir de la comprendre...
2

Les tissus de la mer. La mer rideau de soie.
La mer drap gris des matins lourds, drap froissé des amours, immense page
qui s' étire, page blanche qui palpite.
Et c' est cette page que je veux noircir en regardant le roc, en écoutant la
vague. Je me battrai avec la feuille blanche et j' en triompherai.
Je décrirai la mer et je l' inventerai.
Emportez-moi ô vagues jusqu' aux portes du rêve et de la déraison
au rythme de vos frémissements.

3

La mer est belle quand l' aube triomphe des ténèbres.
La mer est belle dans sa robe gris-vert. Impalpable, fluide. Divine dans sa
simplicité ( ô majesté des lignes pures)
J' admire le tableau qu' un peintre de génie posa devant mes yeux.
Horizontalité de la mer et disque parfait du soleil posé au-dessus d' elle.

mercredi 3 juin 2009

L' homme et l' animal


Les grands singes  sont menacés d' extinction à cause des activités humaines.

Les rapports entre l' homme et l' animal, tels qu'ils existent encore de nos jours, ont été fortement marqués par l' influence des religions et, dans notre civilisation occidentale, par les écrits de Descartes.
Dans son livre " Nouvelle histoire de l'Homme", Pascal Picq rappelle les diverses positions adoptées par la chrétienté vis-à-vis de l' animal depuis l' exclusion par les apoligistes qui rejetaient tous les non-chrétiens, les femmes et les animaux, en passant par la condamnation à mort d'animaux " considérés comme des créatures du Seigneur" ou la sympathie éprouvée par saint François d' Assise qui pensait que les animaux " honorent leur Créateur".

En France, la pensée mécaniste de Descartes a formé de nombreuses générations qui ont mis  en application ses idées, avec les dégâts qu'on connaît : l'homme devant dominer la nature et l'animal étant selon Descartes dépourvu de sensations, il  a eu recours à la technique - de plus en plus sophistiquée - pour tirer profit des richesses naturelles et  parfaire ses connaissances ou pour faire progresser la médecine, il n'a pas hésité à pratiquer des dissections et des expériences sur des animaux vivants.
Les travaux de Darwin sur l'évolution des espèces ont constitué une étape importante dans la pensée occidentale. En intégrant l'homme dans le monde animal et en faisant de lui un proche des grands singes, il remettait en cause
la conception biblique du monde et surtout il ouvrait la voie à l'écologie.
Mais il  fallut attendre le 20e siècle et la naissance de l' éthologie moderne ( dans son sens restreint d'étude objective et scientifique des comportements animaux) pour que le regard porté sur l'animal change vraiment.
Les travaux récents des scientifiques ont montré la fragilité et l'insuffisance des schémas anciens en ce qui concerne les limites entre humanité et animalité: la référence au langage, à l'outil, à l'adaptation à des situations nouvelles s' avère inopérante quand il s'agit d'animaux intelligents et sociaux comme les cétacés et les grands singes.
Pourtant, si le regard de l'homme sur l'animal commence à changer, les pratiques barbares continuent d'être pratiquées: corrida, combats de coqs, gavage des oies et des canards, expérimentation animale...
Les poursuivre au nom des traditions, des progrès de la médecine, ou du profit ( commerce de la fourrure) est intolérable.
Tout être civilisé devrait s'y opposer.

samedi 30 mai 2009

SAUVER LES FORETS



SAUVER LES FORETS POUR SAUVER LE CLIMAT

Les conséquences de la déforestation tropicale sur l'environnement
mondial (elle est à l' origine de 20% des émissions de gaz à effet de serre)
sont dramatiques sur le plan écologique.

Le prochain sommet des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra en
décembre à Copenhague aura une importance capitale.
A l' occasion de ce sommet et de la loi sur le bois qui est en discussion au sein de l' Union
européenne, Greenpeace a lancé un appel pour stopper la déforestation d' ici 2020.
Plus les citoyens du monde seront nombreux à signer cet appel aux décideurs politiques, plus
les chances de sauver les forêts seront grandes.


vendredi 29 mai 2009

Regard sur l' école



«  Vouloir assurer l'éducation universelle par l'école représente un projet irréalisable; 
les chances de réussite seraient plus grandes si c'était là l'affaire d'organismes 
orientés dans la direction inverse de celle prise par l'école d'aujourd'hui. En effet, 
il ne suffit pas de vouloir modifier l'attitude des professeurs face aux élèves, ni
d'avoir recours à un matériel pédagogique, électronique ou non, sans cesse plus 
encombrant, ni encore de vouloir étendre la responsabilité du pédagogue jusqu'à 
lui permettre d'envahir la vie privée de ses "disciples". Ces efforts-là ne sauraient
conduire à l'éducation Universelle.  »  
                               Ivan Illich.

Depuis qu'  Ivan Illich a écrit  son livre « Une société sans école » (1971), la situation du système 
scolaire ne s' est pas améliorée, bien au contraire. Les évènements de ces dernières semaines ont
mis en évidence les tendances sécuritaires ministérielles. La répression n' est sûrement pas le meilleur
pilier d' une bonne politique  éducative.

Lorsqu' on observe l' évolution de l' institution, de Jules Ferry  à nos jours, on fait le constat que le
système éducatif s' est toujours  adapté  aux valeurs prônées par la société de son temps: à la fin
du 19e siècle il enseignait le patriotisme et parlait du colonialisme sans en faire la moindre critique. 
Les leçons de morale mettaient l' accent  davantage sur l' obéissance et le respect de la hiérarchie
que sur le développement de l' esprit critique. L' enseignement s' est adapté également aux  besoins 
économiques, et cette  tendance  va en s’ aggravant actuellement  avec l’entrée de la publicité dans 
les écoles,  contribuant à l' aliénation de générations entières.
On peut  aussi reprocher à l‘institution son incapacité  à réduire le fossé entre les élèves de milieux 
favorisés culturellement ou financièrement et ceux  venant de milieux défavorisés ( à part quelques
exceptions ).
Cela  résulte  d’ une part d' une politique sociale insuffisante pour réduire les handicaps  des enfants
avant leur entrée à l' école, et d' autre part d' une conception conservatrice de l’ Education nationale
qui, dans les critères d' évaluation, ne  prend pas en compte ( ou insuffisamment) certaines
compétences ( habileté manuelle, qualités relationnelles, aptitudes artistiques, par exemple ). Comme
l' écrivait Illich, il faut rendre à la vie sociale, au travail, au loisir, leur valeur éducative.

L' Etat centralisateur a combattu avec acharnement, par le biais de l' école, les langues régionales,  patois et dialectes, porteurs de cultures  riches du point de vue linguistique.
L' enseignement, surtout au niveau universitaire, a tendance à enfermer les élèves dans un moule qui est celui de la pensée unique et de la docilité.
L’ école maternelle mise à part, les capacités de création et d’innovation des élèves ont été trop souvent étouffées.
Enfin  l' école a contribué à véhiculer une conception masculine  de la culture. Rappelons les programmes restrictifs pour les filles sous Jules Ferry, les a-priori machistes rencontrés dans les manuels scolaires.

Bien sûr, cette critique vise l’ institution et son cadre pesant,  l’ Education nationale. Des enseignants ont eu le courage d' explorer d' autres pistes que les voies officielles. Parmi eux Célestin Freinet et son épouse Elise.  
Freinet ( 1896-1966) , influencé par les travaux de Dewey, a mis au point une pédagogie basée sur
l' expression libre des élèves, l' organisation du travail en équipes ( apprentissage de la démocratie)
et du travail individualisé qui   conduit à l' autonomie.
Mais cette pédagogie révolutionnaire ne plut pas à sa hiérarchie et il dut quitter l' Education nationale.
Et il faut bien reconnaître que malgré leur dynamisme, les partisans de Freinet restent de nos jours très minoritaires.

Quelle école pour demain?
L’ école alternative devrait s' inspirer de la pédagogie de Freinet. Par ailleurs, elle  doit être conçue dans le cadre d’un grand service public chargé de l’éducation permanente, celle-ci intervenant tout au long de l’existence et s’ appuyant sur  l ’école, en liaison avec des organismes mis en réseaux et sur l' auto-formation à laquelle chacun aurait été préparé.
Cela suppose une remise en cause d' un système dans lequel  les années de scolarité obligatoire déterminent à tout jamais l' avenir des jeunes et la mise en place d' une véritable formation permanente, conviviale,  en prise direct avec la réalité de la vie et l’expérience et s' appuyant sur des réseaux qui mettraient en rapport les détenteurs et demandeurs de connaissances et d’informations. 

lundi 25 mai 2009

Regard sur l' écologie politique



Les écologistes ont fortement contribué au développement des
énergies renouvelables.

   En France et ailleurs, le bilan de l' écologie politique s'avère, après trois décennies d' existence, plutôt mitigé.
  Si elle était porteuse d'idées nouvelles et d'une volonté de faire de la politique autrement, l' écologie politique a vu son efficacité se diluer au fil du temps et n'a pu empêcher la dégradation de l'état de la planète, malgré une participation à plusieurs gouvernements, au point de voir ses relations se distendre avec certaines  associations écologistes.

  Sur le plan des idées, l'apport de l' écologie est indéniable.
  Dès la fin des années 60, les écolo-alternatifs ont été les premiers à poser la  question de la croissance, de l’ énergie nucléaire, de la démocratie locale et participative, du progrès social, du travail salarié et de la réduction du temps de travail.
La question de la croissance économique  dont se réclament tous les partis de droite et une grande partie de la gauche a placé  les écologistes dans une position originale, en dehors des partis traditionnels. 

 S'appuyant sur les thèses d' intellectuels se réclamant de l’écologie comme Ivan Illich, 
Georgescu- Roegen, ils  ont fait une critique pertinente  de la société de consommation et ont introduit  l’idée de complexité, la pensée globale,  la nécessité d’agir en pensant sur le long terme. 

  Malheureusement, le message des théoriciens  a été déformé par la médiatisation,  mal compris par une grande partie de la société. Les propositions des écologistes sur la remise en cause du travail salarié, sur la réduction du temps de travail, sur les rapports Nord/ Sud, sont souvent passées inaperçues,  avant d’être reprises par d'autres. 

  Malgré leurs efforts de communication, les propositions faites en faveur d’un autre type de société ont été occultées et les écologistes ont été le plus souvent cantonnés dans  la gestion des questions environnementales.

Ainsi l’intervention sociale des écologistes a-t-elle été perçue comme une action tournant le plus souvent autour de la défense du cadre de vie, de l’environnement. Ce qui n’est pas conforme à la réalité.
Car on ne peut oublier que les écologistes ont contribué par l’ expérimentation sociale à lancer des pistes qui étaient des brèches dans la société capitaliste et qui tentaient de construire une société alternative : coopératives artisanales ou agricoles, radios libres, réseaux d’information, écoles parallèles, diffusion des technologies douces, et plus récemment la mise en place de projets d’économie solidaire, la création de banques solidaires.

Quelles sont les  raisons de cet échec  de l'écologie politique? 

L’incapacité  d'obtenir une forte adhésion à son projet de société alternative peut s' expliquer en partie par le contexte : l’aliénation des esprits marqués par la société de consommation était si forte qu’un projet radicalement opposé était difficilement admis par les syndicats, par les militants de formation marxiste. D'autre part l’aggravation de la crise sociale a mis au second  plan  la question environnementale, alors que le lien entre ces deux crises est évident.
On peut penser aussi que la notion de développement durable soutenue par les écologistes a été un leurre. 
Les mesures préconisées par les sommets mondiaux, par les traités, étaient insuffisantes pour résoudre la crise, et de plus, elles n’ont pas été appliquées par tous les pays. Si les agendas 21 ont permis quelques avancées ici et là, ils n’ont pas traité le fond du problème. 
La remise en cause du capitalisme financier est un préalable à une politique sociale et environnementale réellement écologique.
Sur ce plan, il faut bien constater que certains représentants de l’écologie politique ont contribué à la confusion, qu' il s'agisse des Verts prônant des stratégies divergentes selon leur courant ou de personnalités telles que Brice Lalonde  défendant l' économie libérale. 

Le mouvement écologiste ayant perdu la force contestataire et innovante de ses débuts, il n'est pas étonnant de voir aujourd'hui  monter en puissance  une nouvelle force radicale adaptée  à l'aggravation de la crise écologique: la mouvance se réclamant de la décroissance.


samedi 23 mai 2009

L' ENCLOS


Parfois, quand leur mémoire caduque
ne connaît plus le goût des grands espaces,

subrepticement, des chevaux fatigués
accrochent aux barbelés de l' enclos
un brin de  rêve.

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