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samedi 31 octobre 2009

Regard sur la corrida



L'Espagne est un pays que j'aime pour sa langue, sa littérature, sa musique. Pendant près de quarante ans, elle a connu la dictature dont elle a pu se débarrasser
après la mort de Franco. Ce qu'elle n'a pas réussi à faire avec une tradition que rien ne justifie aujourd'hui : je veux parler de la corrida qui depuis 150 ans a franchi
les frontières pour s'installer dans le sud de la France.

La culture occidentale ( j'ai déjà eu l'occasion de l'évoquer dans des billets précédents) s'est construite en partie sur l'idée de domination : elle a été - et le reste plus ou moins - phallocratique, colonialiste. En ce qui concerne l'animal, cette domination existe toujours.
Ce principe est en lui-même contestable. Lorsqu'il va jusqu'à la cruauté, au supplice, à la torture, il est totalement inadmissible.
C'est la raison pour laquelle je pense comme beaucoup d'autres que la corrida n'a plus de raison d'être.

Lutter pour que de telles pratiques disparaissent, comme le font certaines associations ( Alliance Anticorrida par exemple) n'est pas un signe de sensiblerie, mais une
question de dignité. Nul ne doit accepter l'idée de faire souffrir un être vivant.

mardi 27 octobre 2009

Jardin : petits plaisirs simples




Dans le monde chaotique où nous vivons, avoir un jardin
est une chance.
Le jardin est un refuge qui permet sans aller bien loin
d'échapper aux agressions permanentes de la société
moderne.
Avoir un jardin procure des plaisirs simples, donne un
sentiment de liberté. Cela peut être aussi un engagement
écologique qui vous conduit à préserver les haies, à fournir aux insectes pollinisateurs des plantes mellifères, à produire
naturellement fruits et légumes. Un vieux tas de bois peut servir de refuge à un hérisson de passage, un recoin abandonné à la nature est une aubaine pour une faune meurtrie par l'agriculture intensive.


On jardine pour rester proche de la nature. On observe toujours quelque chose de neuf dans un jardin.
Ce matin, une colonie de champignons au chapeau brun et conique avait envahi une partie de la pelouse. La veille, au même endroit, il n'y en avait aucun. Surgissant
d'une haie, une rose solitaire se dressait vers le ciel comme aux plus beaux jours d'été. Les framboisiers étaient couverts de fruits, ce qui est rare à la fin d'octobre dans notre région.
Faire le tour du jardin le matin, c'est l'un de ces plaisirs simples qui vous font démarrer la journée dans la bonne humeur, ce sont
quelques instants simples de bonheur.

dimanche 25 octobre 2009

Un mot, une idée : créer







Réflexion autour d'un mot : créer

d'une idée : résister




Dans la notion de création, il y a toujours, me semble-t-il, l'idée de résistance.

Sous les coups du burin, le marbre de Carrare
résiste avant de devenir visage ou allégorie.
La souche de vigne résiste quand la gouge du sculpteur la transforme en corps de femme.
Les mots, matériau impalpable que le poète
assemble avec la patience de l'artisan, résistent souvent plus durement que la pierre.

Son œuvre terminée, désormais immuable,
l'artiste la confie au regard des autres.

Pour le poète qui abandonne ses mots, ceux-ci restent des êtres inachevés, en perpétuelle construction.

vendredi 23 octobre 2009

Un prix Nobel de l'économie encourageant



Une économie responsable doit penser à l'avenir des générations futures

En 2001, Joseph Eugène Stiglitz recevait le prix Nobel d'économie. On pouvait voir dans cette récompense un encouragement à mettre en valeur des travaux
permettant de faire émerger une économie prenant ses distances avec les vieilles théories responsables du dérèglement social et environnemental mondial.
En attribuant cette année le prix Nobel de l'économie aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom, le comité va encore plus loin : c'est une autre vision de
l'économie qui est défendue par les lauréats.

Dans ses travaux, Elinor Ostrom montre que des
associations d'usagers et des entreprises responsables
peuvent être plus efficaces que le marché et les gouvernements. Elle remet ainsi en cause l'idée de tragédie des biens communs selon laquelle ceux-ci seraient
surexploités. Elle s'appuie pour cela sur des études faites sur la gestion et l'organisation des ressources par des groupements de forestiers, de pêcheurs et d'éleveurs.
Ses thèses sont un plaidoyer pour une économie et une démocratie de proximité. Pour définir les problèmes et les résoudre, l'organisation habituelle en multiples
échelons s'avère beaucoup moins efficace.

Cela vaut naturellement pour les questions
environnementales.
Si l'on veut par exemple préserver la biodiversité, il est nécessaire d'intervenir de manière démocratique à tous les niveaux. Elinor Ostrom refuse "un mécanisme
imposé par le haut... Ce système tuerait au lieu de guérir", dit-elle.
Si les positions défendues par Elinor Ostrom arrivaient
à s'imposer dans le monde économique, l'avenir du monde pourrait sans aucun doute être envisagé
avec plus d'optimisme.

mercredi 21 octobre 2009

POESIE DU LANGAGE POPULAIRE

Le "coucher "du soleil : une expression poétique contredite par la science.


La poésie est l'art du langage. Selon la définition du Robert, elle " vise à exprimer ou suggérer quelque chose par le rythme, l'harmonie et l'image". Bien avant l'écriture, l'Homme a exprimé sa puissance poétique à travers le langage.

A l'origine, le langage s'est fréquemment confondu avec la poésie par sa naïveté et sa spontanéité. Nous retrouvons dans certaines expressions, dictons ou proverbes, des traces
de cette naïveté liée au manque de connaissances scientifiques de nos lointains ancêtres.
Ainsi lorsque nous disons que le soleil se lève et se couche, nous exprimons une croyance primitive.
Dans son Livre d'Or de la poésie française des origines à 1940, Pierre Seghers a consacré deux pages aux proverbes et dictons qui illustrent la force poétique du langage populaire. Citons-en quelques-uns:
- Remuer ciel et terre
- Avoir un cœur d'or
- Coûter les yeux de la tête
- Un homme de paille
- Faire feu des quatre pieds.

De même on observe que la dénomination courante de certaines choses est souvent bien plus évocatrice que leur nom scientifique.
Ainsi la monnaie du pape fait allusion aux fruits plats, ronds et translucides de la lunaire annuelle. L'évocation de la pièce de monnaie est très pertinente. Quant au groupe nominal l'amour en cage ( appelé aussi lanterne du Pérou) qui désigne l'alkékenge - plante de l'espèce des physalis- il est bien plus évocateur que le nom utilisé par les botanistes.

jeudi 15 octobre 2009

Contre le réchauffement climatique


La fonte des glaciers est un signe probant du réchauffement climatique



Dans plusieurs billets précédents - celui du 15 mai 2009 intitulé Le réchauffement climatique, et celui du 30 mai, Sauver les forêts - j'évoquais l'importance de la Conférence de l'ONU sur le climat qui se tiendra à Copenhague, à partir du 7 décembre 2009.
L’avenir climatique de la planète s'y jouera en grande partie.
Peu de jours nous séparent de cette conférence primordiale. A cette occasion le WWF a souhaité que sa troisième université de rentrée soit consacrée à
l’ultimatum climatique.


Elle se tiendra les 20 et 21 octobre au Pavillon de l'Eau, 77 avenue de Versailles à Paris.
Son but est d'éclairer le débat et de proposer des solutions concrètes.


mardi 13 octobre 2009

Un mot, une idée: hiérarchie


PARADOXE

Il y a des gens qui détestent tant l'idée de hiérarchie qu'ils décident un jour de franchir tous les échelons de celle-ci afin de ne plus subir les caprices d'un chef.
Alors les mêmes, arrivés au sommet de la hiérarchie, imposent souvent aux autres leur
autoritarisme et leurs rodomontades.

vendredi 9 octobre 2009

Regard sur l'écologie "médiatique"








ECOLOGIE MEDIATIQUE : 
Limites et ambiguïtés


   Depuis une trentaine d'années, l'écologie a ses hérauts.
Personnages connus en raison de leurs activités médiatiques, ils utilisent leur notoriété avec plus ou moins de talent et de crédibilité pour faire passer auprès du grand public leur message sur la crise écologique.
   Le commandant Cousteau fut le premier d'entre eux.
Sa connaissance de la mer, la réalisation de films comme le Monde du Silence et d'émissions de télévision, contribuèrent fortement à sensibiliser les gens à la dégradation des écosystèmes.
Jacques-Yves Cousteau se contentait de faire de la pédagogie et refusait d'intervenir dans le débat politique.
Nul ne peut nier l'importance de son travail de sensibilisation.
En ce début de siècle, l'écologie "médiatique" a changé de visage et perd en crédibilité, qu'elle vienne du monde politique (Al Gore) ou de celui des médias
(Yann Arthus-Bertrand, Nicolas Hulot).
Lorsque Henry David Thoreau théorisait sur l'écologie ou la désobéissance civile, lorsque Gandhi parlait de non-violence, leur discours était crédible car il était en harmonie avec leur façon de vivre.

   Que penser de nos hérauts modernes de l'écologie ?
Leur mode de vie passée et actuelle, leurs liens avec le monde du business, responsable de la crise écologique, brouillent leur discours.
Alerter les citoyens sur les risques encourus par l'humanité, leur demander de faire chaque jour quelques gestes pour sauver la planète, les culpabiliser parfois, est un combat vain car il ne permet pas de s'attaquer aux racines de la crise, à ceux qui poussent à produire toujours plus pour qu'on consomme toujours plus et que leurs profits grandissent toujours plus.
   Ce discours salutaire, Nicolas Hulot ne peut le faire car il est lié à ceux qui le font vivre ou qui financent sa fondation : TF1 symbole d'une télévision commerciale qui a en permanence l'œil rivé sur l'audimat, l'Oréal, EDF pilier du
lobby pro-nucléaire.
Le combat écologiste ne peut s'appuyer sur ces messagers ambigus. Il a besoin de l'engagement de citoyens du monde à l'esprit libre, usant de leur pouvoir pour faire basculer les politiques vers des pratiques écologiques.






samedi 3 octobre 2009

Liberté





Je veux comme un cheval sauvage
courir à l'aube sur les plages
traverser le soir les marais
rêver à l'ombre des forêts

aller malgré les vents contraires
où mes désirs m'emportent

Et si je n'ose refuser
de me laisser apprivoiser
par ceux qui m'aiment malgré tout
j'entends la bride sur le cou

aller malgré les vents contraires
où mes désirs m'emportent

jeudi 1 octobre 2009

PAPILLON DE NUIT



LE PAPILLON DE NUIT

Sur la fenêtre de ma chambre qu'un rayon de soleil traverse, un papillon nocturne vient se cogner, malhabile.
Il a les couleurs ternes de la nuit.

Papillon égaré que la lumière blesse.

Ses gestes sont désordonnés. Il heurte ses ailes poudreuses contre la vitre. L'éclat du soleil le gêne.

Dérangé dans ses habitudes, le papillon de nuit est désemparé. Son monde à lui, ce sont les ténèbres.

Ne lui demandez pas de se pavaner dans les jardins, les ailes déployées, sous le soleil d'été. 
C'est dans l'obscurité qu'il trouve le bonheur.


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