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mercredi 14 septembre 2011

ECHANGE, le mot de la semaine (47)


Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   Echange



L’échange est d’abord un processus naturel ; il concerne tous les êtres vivants : la respiration, par exemple, entraîne un échange gazeux entre le milieu extérieur et le milieu intérieur.
Dans les sociétés humaines, des échanges variés se sont toujours produits entre personnes, groupes puis Etats. Ces échanges représentent  le plus souvent  une notion positive.
Quelques exemples :
Les relations humaines, basées sur l’ idée de confiance, de partage, qu’ elles se produisent dans le cadre de la  famille, du travail ou de la vie associative, contribuent à l’ équilibre des personnes, à leur épanouissement.
La collectivité organise des échanges  entre élèves, sportifs, artistes, habitants d’ une même ville, d’ une même région…qui permettent une meilleure connaissance des autres cultures et entretiennent l’ amitié entre les peuples.

L’ échange est aussi une opération économique qui fut, dans un passé très éloigné, une action juste et morale quand il s’ agissait du troc.
La société moderne et la mondialisation ont hélas abandonné ces valeurs et toute référence à l' éthique. Remettre celles-ci à l’ honneur ne serait pas inutile. Certaines expériences allant dans ce sens sont déjà menées à travers le monde. Elles ouvrent la voie à de nouvelles perspectives. 





lundi 12 septembre 2011

Le pétrole ou la mangrove :

LE CHOIX EST CLAIR



Les télés et radios viennent de nous apprendre  avec un enthousiasme et un manque de réflexion ▬ auquel nous sommes habitués ▬ " la découverte historique" de pétrole au large de la Guyane française, à 150 km environ au nord-est de Cayenne.

L' expression " découverte historique" alors même qu' on ignore pour l' instant l' importance des réserves de pétrole ( mais certains prédisent un gisement correspondant à des milliards de barils de brut) n' a qu' un but : attirer l' attention sur cette nouvelle (prétendue bonne) pour convaincre le public que la fin annoncée du pétrole n' est pas pour demain, comme l' annoncent les écologistes.
Dans la présentation de cette information, l' accent a été mis sur l' intérêt économique de cette découverte.
Brisons tout de suite cet enthousiasme irresponsable en précisant que ce pétrole se situe à 6 000 mètres de la surface et en rappelant que la Guyane abrite un écosystème exceptionnel qui comporte une importante zone de mangroves.
Celles- ci ont un rôle écologique essentiel : elles fournissent des ressources forestières et aquatiques indispensables aux populations locales et dans les zones côtières fragiles elles jouent un rôle stabilisateur et protecteur ( notamment contre les tempêtes et les tsunamis)

Tout le monde a encore un mémoire les conséquences de l'explosion (en 2010) d'une plateforme de forage en eau profonde, installée au large de la Louisiane, près d'une zone elle aussi sensible, Cette explosion avait déclenché l'engloutissement de la plateforme et deux mille mètres cubes d'hydrocarbure étaient partis en fumée, le reste se répandant à la surface de la mer,
Prendre le risque de nouvelles marées noires n' est pas raisonnable. Tournons-nous résolument vers les énergies renouvelables pour éviter de nouveaux désastres.

vendredi 9 septembre 2011

TCHERNOBYL ET LA JUSTICE



On le sait depuis longtemps : quand une catastrophe d' origine humaine se produit, le combat que mènent les familles pour connaître la vérité dure longtemps et n' aboutit pas toujours.
En 1986, par exemple, un bateau neuf, le Snekkar Artic, coulait au large de l' Ecosse. Sur les 26 membres que comptait l' équipage, 18 disparaissaient en mer. Les familles dénonçaient  des problèmes dans la  conception du navire. Il leur fallut de multiples procès pour que la justice reconnaisse au bout de 22 ans qu' elles avaient raison.

Cette difficulté à faire reconnaître par la justice  la vérité et la part des responsabilités des uns et des autres (  constructeurs, transporteurs...) devient plus grande encore quand il s' agit d' une catastrophe nucléaire, sujet tabou par excellence qui s' accorde mal avec l' idée de transparence.
La décision que vient de prendre la Cour d' appel de Paris dans l' enquête sur l' impact du nuage de Tchernobyl qui traversa la  France en 1986 illustre bien ce problème : le non-lieu prononcé est incompréhensible, la preuve ayant été faite d' une augmentation anormale  des troubles de la thyroïde, notamment en Corse, troubles causés par l' ampleur de la radioactivité dans les régions où est passé le nuage.
Comme dans l' affaire du Snekkar Artic, souhaitons que la combativité des plaignants finisse par aboutir, le plus tôt possible, à une reconnaissance de la vérité.

lundi 5 septembre 2011

UNE SI BELLE PETITE ECOLE (2)

LE CHOIX DE JULIE




Les derniers jours de classe se passaient habituellement dans la joie. Les élèves et les enseignants étaient plus détendus, les classes avaient déjà un air de vacances. 
Celles-ci étaient pour Julie  l’ occasion de partir à l’ aventure avec un petit groupe d’ amis. Elle en ramenait des souvenirs, des photos dont elle se servait  pour rendre ses cours plus attrayants.
Cette année, Julie accueillait la perspective des vacances sans plaisir. Elle n’ éprouvait  pas seulement de la tristesse en songeant à la fermeture définitive de son école, mais aussi de la colère et un sentiment d’ injustice.
Elle ne pouvait admettre la logique de l’ administration qui raisonnait en gestionnaire intraitable sans tenir compte de l’ intérêt des enfants et des familles. Elle regrettait la passivité de la municipalité  qui n’ avait pas soutenu fermement les actions menées par les parents d’ élèves pour conserver l’ école du village. Elle était en colère parce qu’ elle se sentait impuissante, incapable d’ enrayer un processus qui d’ année en année mettait en péril la qualité de l’ enseignement.
L' école ne remplissait plus comme autrefois sa mission sociale ; elle n’ avait plus envie de travailler dans de telles conditions. Elle avait pour l’ école d’ autres ambitions que celles des ministres qui se succédaient sans redresser la situation. 
Qu’ allait-elle  faire ? Elle hésitait encore….

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Le jour de la rentrée est arrivé. Ce matin, Julie est passée devant l’ école. La grille était fermée, la cour  déserte ; le silence était insupportable. 
Elle a eu une pensée pour ses jeunes élèves à qui l' on imposait désormais un trop long trajet en bus tous les jours.  
Elle était fière de  sa décision.
Julie a démissionné de l’ enseignement et s’ est engagée dans une association humanitaire. Dans quelques jours, elle va partir en Afrique. Elle appréhende un peu cette nouvelle vie mais elle est pleine d’ espoir.

vendredi 2 septembre 2011

CONTES BREFS ( 12) : Une si belle petite école




On était à la fin de juin et la matinée s’ achevait. Elle regarda la pendule qui était accrochée au-dessus du tableau : il était déjà onze heures vingt. 
Assise au milieu des élèves, Julie leur apprenait un nouveau chant. Elle n’ était pas très grande mais quand elle chantait ou qu’ elle racontait une histoire, elle préférait s’ asseoir pour être à la même hauteur que les enfants qui l’ entouraient et avoir ainsi un meilleur contact avec eux.
Les élèves suivaient attentivement le mouvement de ses lèvres. L’ ardeur qu’ ils mettaient dans l’ interprétation de la chanson  faisait plaisir à Julie.
Après dix ans de carrière, dont sept passés dans cette petite école de campagne que sa mère avait autrefois dirigée, elle aimait toujours son métier. Pourtant, elle ne l’ avait pas choisi par vocation mais par un concours de circonstances. Quand elle avait entrepris ses études, elle voulait faire de la recherche en biologie. Elle n’ avait pas imaginé qu’ elle se retrouverait quelques années plus tard devant des élèves de six et sept ans. A ses débuts, elle doutait de ses capacités à enseigner à de jeunes enfants mais elle s’ était rapidement  habituée à son travail et était devenue une bonne institutrice.
Julie se leva et demanda aux enfants de regagner leur place. La sonnerie retentit. Elle aperçut les mères qui, devant la grille de l’ école, attendaient leurs enfants.
Brutalement, son visage devint triste : elle songea que dans une semaine, à la même heure, la petite école qu’ elle aimait tant fermerait définitivement ses portes.
Elle aida quelques enfants à se rhabiller, fit sortir les élèves, salua le parents et regagna son logement, au premier étage de l’ école.

( à suivre)

vendredi 29 juillet 2011

LA FAIM EN AFRIQUE



Un terrible drame humain se déroule  depuis plusieurs mois dans la région qu’ on appelle Corne de l’ Afrique. Les populations de Djibouti, d’ Ethiopie, du Kenya, de l’ Ouganda et de Somalie connaissent une période de sécheresse intense, la Somalie subissant en plus les méfaits de conflits armés.
Les gens sont privés d’ eau, le bétail périt, les cultures ne poussent pas. Neuf à dix millions de personnes sont touchées par cette sécheresse prolongée. La malnutrition et la famine gagnent du terrain.
Nous ne pouvons rester insensibles à cette détresse. S’ il est utile de préparer pour l’ avenir des conditions qui soient favorables au développement des pays du Tiers Monde, de mettre en route des politiques qui visent à rétablir les équilibres écologiques et une meilleure répartition de l’ eau, il est urgent de répondre aux appels des associations, des ONG qui luttent sur le terrain pour sauver le plus grand nombre possible de vies humaines.
Le travail de longue haleine visant à construire une société plus juste, plus humaine est indispensable. Le geste ponctuel permettant de lutter contre la faim l’ est aussi. 

lundi 25 juillet 2011

CONTES BREFS (11) Suite

Le rêve de Gino




Allongé sur une chaise longue, au fond du jardin, sous un abricotier qui le protégeait du soleil, Gino Mulino faisait la sieste ( voir billet précédent).

Lui qui n’ avait jamais brillé, quand il était élève, dans les disciplines scientifiques, il se mit à feuilleter une revue empruntée à  Chloé, sa fille de 14 ans dont le rêve était de travailler plus tard dans la recherche. 
Il commença à lire un article sur le système solaire. Cela ne le passionnait pas énormément ; il s’ endormit au bout de cinq minutes…
Un quart d‘ heure plus tard, il se releva brusquement sur sa chaise longue. Chloé fut surprise à la vue de son air bizarre.
— Qu’est-ce que tu as ? demanda-t-elle.
— Je viens de faire un mauvais rêve, dit-il. J’ étais à bord d’ un vaisseau fou qui fonçait à plus de 100 000 km/h, au milieu d’ une foule d’ inconnus. On allait tous à la catastrophe, c’ était horrible !
— Cela n’ a rien d’ extraordinaire, fit Chloé d’ un air moqueur. La Terre tourne autour du soleil encore un peu plus vite que ça !
Gino la regarda, étonné :
— Tu en es sûre ? dit-il.
— Eh bien oui ! Nous avons appris ça à l’ école.
Gino le professeur était pensif. Son regard se dirigeait vers les arbres du jardin, vers la mer qu’ il entrevoyait :
— Cet endroit a l’ air si calme ! Cette idée d’ être sur un vaisseau qui tourne aussi vite ne m’ avait jamais effleuré l’ esprit. 




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