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vendredi 14 octobre 2011

TRAVAIL, le mot de la semaine (50)


Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   travail


La question du travail ( qui nous oblige dans le contexte  actuel à  y adjoindre  celle du chômage) est au cœur des préoccupations des gens.
C’est une question complexe, d’où l’ambiguïté n’est pas absente.
J’aurai l’occasion dans de prochains billets d’en évoquer différents aspects. Auparavant, commençons par revoir rapidement l’histoire du mot.
Selon Alain Rey, le mot travail est apparu au 12e siècle. Il désignait alors l’état d’une personne tourmentée, d’une personne qui souffre. Dans un sens voisin, on l’utilise encore de nos jours pour parler des douleurs de l’enfantement.
Dans la religion chrétienne, le travail était perçu comme la conséquence du péché originel et c’est dans cet esprit que les moines se livraient à des tâches manuelles.
C’est dans la deuxième moitié du 15e siècle que le mot  prend  son sens moderne : le travail devient « l’ensemble des activités humaines en vue de produire ».
Quelles que soient les époques, le travail a toujours été l’objet de souffrances et soumis au principe de domination, d’abord dans le travail forcé imposé aux esclaves,  aux serfs et plus récemment aux victimes du nazisme obligées de travailler en Allemagne (STO). A partir de la révolution industrielle, les conditions inhumaines dans lesquelles travaillaient les ouvriers de tous âges  interdisent toute libération par le travail.
Qu'en est-il de nos jours ?
Si ces conditions se sont améliorées au fil du temps,  c’est la crainte de l’avenir, la peur du chômage, le mode de management, qui  contribuent à associer encore le mot travail au mot souffrance.



mercredi 12 octobre 2011

Contes brefs : Confidences d'une inconnue (fin)


Sur un banc, dans le parc, un livre abandonné. A l’intérieur, une feuille. Un titre : Mes confidences… (Voir le billet précédent)



Antoine  découvrait, avec un plaisir certain, les confidences de l’inconnue :

Quelle est la couleur que vous préférez ?
-  C’est celle de la mer au cap Fréhel, quand le soleil se couche.
Quelle est votre odeur favorite ?
-  J’aime l’odeur des bois au début de l’automne.
Quelle fleur trouvez-vous la plus belle ?
-  C’est le tournesol, surtout quand il est  peint par Van Gogh.
Quel animal vous est le plus sympathique ?
-  J’aime trop les animaux pour en désigner un en particulier.
Quelle couleur d’yeux et de cheveux préférez-vous ?
- La question est stupide ; je passe.
Quelle est, selon vous, la vertu la plus estimable ?
-  Sans hésiter, je réponds : être  tolérant.
Quel vice détestez-vous le plus ?
-  L’appât de l’argent.
Quelle est votre occupation favorite ?
- Marcher dans la nature.
Quel est votre loisir préféré ?
- La lecture.
Quel est pour vous l’idéal du bonheur terrestre ?
- Pourquoi terrestre ?
Quel sort vous semble le plus à plaindre ?
- Celui des gens qui meurent de faim.
Quel est votre âge ?
- J’ai 29 ans.
Quel personnage historique vous semble le plus sympathique ?
- Ghandi.
Quel est le personnage de roman que vous préférez ?
- Modesta, l’héroïne de L’art de la joie, de Goliarda Sapienza, m’a beaucoup touchée.
Dans quel pays aimeriez-vous  habiter ?
- Je me sens bien partout où l’on est libre.
Quel écrivain préférez-vous ?
-  Milan Kundera.
Quel peintre ?
- Van Gogh 
Quel musicien ?
- Debussy
Avez-vous une  devise ?
-Non.
Quel est le chef d’œuvre de la nature ?
- C’est  chaque retour du printemps.
Quel site  vous a laissé le meilleur souvenir ?
- Il y en a plusieurs : ceux que j’ai visités avec une personne aimée.
Quel est votre mets préféré ?
- Une poêlée de champignons des bois.
Quel peuple étranger vous semble le plus sympathique ?
- Je ne réponds pas à cette question. Je me sens citoyenne du monde.
Ecrivez une de  vos pensées ou une citation :
- « Le grand obstacle au bonheur, c’est de s’attendre à un trop grand bonheur. » (Fontenelle)
…………………………………………………............................
Antoine  n’avait jamais vu  Beatrix, il n’avait pas croisé son regard, il ne pouvait qu’imaginer la silhouette de  la jeune femme, son sourire, sa façon de s'habiller, mais il pensait déjà la connaître. Il aurait tant aimé la rencontrer, lui parler, en savoir davantage sur elle…

Cette histoire de livre abandonné est arrivée il y a juste un an.
Pendant quelque temps, Antoine a cherché à retrouver  Beatrix M. 
Sans succès.
Et aujourd’hui, quand il écoute Les passantes de Brassens, il a l’impression d’entendre son histoire.

lundi 10 octobre 2011

Contes brefs( 13) : Confidences d'une inconnue




Depuis deux jours, Antoine  participait à un séminaire peu passionnant. Toute la journée, il était resté enfermé dans une grande salle surchauffée et avant de rejoindre son hôtel, il avait envie de prendre l’air. Il entreprit une promenade à travers la ville qu’il ne connaissait pas. Après une demi-heure de marche, il aperçut un parc qui lui paraissait assez étendu. Il y entra.
Il parcourait les allées quand soudain un livre  posé sur un banc attira son regard. Il s’approcha du banc, vit le titre du livre. Il s’agissait de L’insoutenable  légèreté de l’être.
Immédiatement, Antoine eut de la personne qui avait abandonné le roman une impression favorable. 
Il s’assit, feuilleta machinalement le livre qui était un de ceux qu’il préférait. Sur l’une des premières pages, il découvrit une signature bien lisible. Il lut : Beatrix M. 

Au milieu du livre, il y avait une feuille pliée en quatre. Il examina l’écriture : les mots étaient serrés, les lettres  bien formées.
Il hésita d’abord à entreprendre la lecture de la feuille car il jugeait indiscret de s’immiscer ainsi dans la vie d’une personne inconnue. Puis, ayant la conviction que le livre avait été abandonné volontairement, il se mit à lire….Il s’arrêta sur les premiers mots : Mes confidences.
Tout de suite, Antoine avait reconnu un questionnaire qui avait été à la mode à la fin du 19e siècle.
La démarche l’intriguait…Curieux, il se plongea dans la lecture des confidences.

( à suivre)

vendredi 7 octobre 2011

Le barrage de la Rance


Pour se rendre de Saint-Malo à Dinard, on ne peut échapper au barrage de la Rance et à ses fréquents embouteillages.


Utiliser l’énergie produite par les marées n’est pas une idée récente. Au Moyen-Age déjà,  des moulins à marée existaient.
Dans la seconde moitié du 20e siècle, en France, on décidait d’exploiter l’énergie marémotrice en construisant sur l’estuaire de la Rance un barrage qui fut inauguré en novembre 1968.
Economiquement, cette initiative était intéressante. Elle permet de produire une électricité  qui coûte deux fois moins cher que l’énergie nucléaire et fournit du travail à près de 70 personnes.
Mais peut-on dire que l’énergie marémotrice a de l’avenir ? 
- Non parce que les sites favorables à l’exploitation de cette énergie sont peu nombreux : en France, l’estuaire de la Rance est le seul possible.

La force des vagues est bien visible le long du barrage

Du point de vue environnemental, le bilan est mitigé : si cette énergie est propre, naturelle, inépuisable et donc renouvelable, elle a de nombreux inconvénients.
Les estuaires étant des zones écologiquement fragiles, les modifications produites par le barrage sont néfastes au milieu.
L’estuaire de la Rance s’est rapidement transformé en lac d’eau douce,  ce qui introduit des modifications écologiques lourdes de conséquences. De gros dépôts de limons sont observés en amont de l’estuaire. D’autre part le barrage interdit pratiquement le passage des poissons vers le fleuve.
Pour toutes ces raisons on ne peut compter  l’énergie marémotrice parmi les énergies renouvelables ayant de l’avenir.

mardi 4 octobre 2011

RENONCER, le mot de la semaine (49)


Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   renoncer



Quand un homme politique qui avait annoncé quelques mois plus tôt sa candidature à l’élection présidentielle déclare soudainement qu’il renonce à se présenter, on peut estimer dans une première hypothèse que cette décision est une reculade et qu’il a baissé les bras pour diverses raisons ( les obstacles rencontrés étaient trop importants, la tâche envisagée trop lourde à porter, le score espéré trop difficile à  atteindre…) 
Pris dans ce sens, le mot renoncer n’est jamais glorieux car il évoque un manque de courage, de détermination.

Par contre, le renoncement donne de la personne qui le pratique une image positive car elle décide de mettre fin à une situation dont elle tirait profit pour respecter une valeur qu’elle juge plus haute. Ainsi voit-on de temps en temps des hommes fortunés abandonner leur vie de luxe pour vivre dans la sobriété. 

Dans la réalité, le verbe renoncer est plus souvent utilisé pour exprimer le premier sens que le second.




dimanche 25 septembre 2011

AGIR pour les forêts




J’ai déjà eu l’occasion d’en parler au début de l’année : à l’initiative de l’ONU,  2011 a été proclamée année internationale des forêts.
A cette occasion, il est peut-être utile de rappeler l’importance que représentent les forêts du point de vue écologique.
L’un des principes de l’écologie étant «  Tout est lié à tout », le rôle de la forêt est essentiel à la fois en ce qui concerne la biodiversité et le climat.
Le réchauffement climatique qui apparaît aujourd’hui comme la menace n°1 pour l'avenir de l’humanité est dû pour environ 20% à la déforestation. L’effet de serre, phénomène naturel dans lequel interviennent l’eau, le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote et l’ozone, a été amplifié par les activités humaines ( émissions de gaz à effet de serre  dues aux transports, aux industries, au mode de vie dans les pays riches). La disparition massive de forêts qui contribuaient  jusqu’au siècle dernier à absorber suffisamment d’oxyde de carbone pour créer une situation climatique équilibrée a donc contribué au réchauffement que nous connaissons aujourd’hui.
La déforestation est aussi une catastrophe pour la biodiversité : celle-ci s’appauvrit d’année  en année parce  que la forêt, écosystème riche en espèces animales et végétales, occupe de moins en moins de place.
Une gestion non durable des forêts, marquée par une forte diminution des variétés d’espèces, entraîne un accroissement de maladies des arbres.
D’autre part, treize millions d’hectares sont perdus tous les ans.
En Indonésie, 7 millions d’hectares sont supprimés chaque année pour   produire de l’huile de palme. Au Brésil, c’est surtout l’élevage du bétail qui est responsable de la déforestation.
Mais c’est avant tout la surconsommation dans les pays riches et la pression du marché international qui doivent être mis en cause.
S’il est bien sûr indispensable de mener au niveau international des politiques qui tournent le dos au système actuel, il faut aussi prendre conscience que chaque consommateur a le pouvoir de réduire son impact écologique.
C’est pourquoi je vous invite à visiter le site mis en place par le WWF pour aider chacun de nous à  contribuer à la défense des forêts. Il suffit pour cela de cliquer sur ce lien : 
Impact de votre consommation



lundi 19 septembre 2011

Présumé coupable ( le film)

CINEMA

Tout le monde a encore en mémoire la tragédie d’ Outreau.
On en parle à nouveau à l’ occasion de la sortie du film Présumé coupable, tiré du livre écrit par l’ une des treize victimes de ce drame,  Alain Marécaux, dont le rôle est interprété de manière très convaincante   par un Philippe Torréton formidable.

On pensait tout savoir de ce fiasco judiciaire. En reconstituant le calvaire d’ un innocent jeté brutalement dans l’ univers des tribunaux et des prisons, le metteur en scène Vincent Garenq nous fait mieux comprendre le fonctionnement d’ un système qui permet à des personnages arrogants, inhumains et irrationnels de briser la vie de personnes innocentes et qui rechignent  à reconnaître leurs erreurs lorsque la vérité a été établie.
Toutes les étapes de la descente aux enfers de cet homme, «  présumé coupable » dès le début,  provoquent la colère et l’ indignation :
L’ attitude des  policiers qui utilisent systématiquement le tutoiement dès l’ arrestation, le manque d’ humanité vis-à-vis des enfants, la pratique de la fouille corporelle…
Le maintien de la garde à vue puis l’ emprisonnement, sans aucune preuve, sur la base de témoignages insensés…  
La vie dans les cellules enfumées, la promiscuité des prisonniers…
L’ entêtement du juge enfermé dans ses certitudes, au point de ne pas s’ apercevoir que le dossier s’ enfonce dans le délire…
Tous ces comportements nous révoltent.
Et on pourrait y ajouter ( le film n’ en parle pas) l’ attitude de l’ ensemble de la presse qui a lancé — tout au moins au début de l’ affaire — les informations les plus insensées sans émettre la moindre réserve et sans respecter la présomption d’ innocence.
On sort de ce film bouleversé. 

On voudrait  qu’  un tel désastre ne se reproduise pas. Mais saura-t-on faire le nécessaire pour cela ?

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