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mercredi 2 novembre 2011

7 milliards d'habitants sur la terre




LETTRE AU BEBE INCONNU

Bonjour,

Ce lundi, tu es venu(e) au monde, dans un lieu que je ne connais pas à l'heure où j'écris, en Suède peut-être, en Chine ou au Tchad, et j’ignore si tu es une petite fille ou un garçon. Je ne le sais  pas mais je sais que cela pourrait  avoir de l’importance pour la suite.
Il y a quelques jours, tu étais dans le ventre de ta mère, dans une ambiance douce, et te voilà projeté(e) dans le monde d’aujourd’hui, inconnu(e) mais déjà vedette. En effet,  ta naissance fait que l’humanité compte désormais 7 milliards d’habitants !
Bienvenue sur cette terre que tu apprendras à connaître peu à peu ! 
Tu découvriras bientôt les merveilles du monde. Les beautés de la nature s’offriront à toi, tu n’auras que l’embarras du choix et je ne saurais les citer toutes : tu verras des mers immenses, des lacs, des fleuves, des sommets enneigés, la rosée du matin, le soleil qui se couche, des animaux de toutes les couleurs…Et il y a aussi toutes ces beautés que l’on doit aux hommes : les livres, les morceaux de musique, les chefs d’œuvre de la peinture, les monuments…
Quand tu grandiras, tu comprendras que les hommes n’ont pas toujours été raisonnables, surtout ces derniers temps ; ils ont défiguré certains paysages si beaux, rasé de superbes forêts, pollué les mers, détruit des espèces pourtant fort utiles. Il  faudra  essayer de réparer leurs bêtises.
Et puis, il faut le dire, maintenant que nous sommes 7 milliards de personnes sur terre, il faudra penser à nous fixer des limites pour que le monde ne devienne pas infernal.
J’espère que ta génération sera plus sage que la mienne.
Bonne route !.

lundi 31 octobre 2011

QUAND LE TRAVAIL TUE...


La trempe de l'acier ( le Tour de France par deux enfants)
Les jeunes qui, en mai 1968, répétaient qu’ils ne voulaient par perdre leur vie à la gagner soulevaient un problème réel. Quatre décennies plus tard, leurs petits-enfants pourraient leur reprocher de s’être trop vite résignés et de ne pas avoir changé les choses : le travail, en effet, continue de faire des victimes partout dans le monde.
L’Organisation Internationale du Travail a publié à ce sujet des chiffres édifiants. En 2009  2,3 millions de personnes sont décédées à cause de leur travail, 360 000 dans des accidents et les autres à la suite de maladies professionnelles incurables.

Avant l’industrialisation, certains métiers étaient déjà réputés dangereux. C’était vrai  notamment pour les métiers du bâtiment, pour les marins passant par-dessus bord ou dont les bateaux sombraient  dans la tempête. Pour ces deux métiers, les risques sont encore grands de nos jours. Dans un rapport de l’HASSMAR ( haute autorité pour la sécurité maritime), on peut lire que « plus de 4 000 marins sénégalais  ont péri en mer ces dix dernières années. »
Le 19e siècle a vu se développer les maladies liées à l’empoisonnement  causé par la présence et  la manipulation de métaux lourds  : plomb, phosphore, mercure…
Le 20e siècle a vu surgir les maladies dues aux poussières. On pense d’abord à l’amiante dont la dangerosité fut connue dès 1906. On continua pourtant de l’utiliser en France jusqu’à la fin de 1996. On estime à 100 000 le nombre de personnes qui seront décédées à l’horizon 2025  à cause de l’amiante.
Quant à la silicose, provoquée par les poussières de silice cristalline, elle continue de toucher des milliers de personnes dans le monde. Le métier de mineur reste l’un des plus exposés : en dehors de cette maladie, des mineurs continuent d’être victimes d’éboulements ou d’explosions. L’an dernier, plus de 2400 mineurs ont ainsi péri en Chine.
La situation s’améliore-t-elle au 21e siècle ?
Celui-ci a débuté par de multiples catastrophes : en France, on peut citer l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en septembre2001, et la plus récente au Japon, à Fukushima. Les conséquences précises pour les employés des centrales incriminées et pour la population ne sont pas encore connues à ce jour.
Et l’on voit aussi croître  un profond malaise des salariés dû à un management déshumanisé, à une exigence de rendement qui va au-delà du supportable. Dans l’enseignement, dans les télécommunications, dans les usines, on assiste à une augmentation du stress et des dépressions ; parfois le drame survient : certains, qui n’en peuvent plus, décident d’en finir avec la vie.
Triste monde où l'on voit des hommes et des femmes entrer dans le monde du travail pour y mourir !

vendredi 28 octobre 2011

Sobriété, le mot de la semaine (52)


Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   sobriété



Pour comprendre la crise de l’euro (qu’on nous annonce — un peu trop rapidement — sauvé) et la question de la dette publique, il ne faut pas s’en remettre aux économistes car il s'agit avant tout d'une crise de civilisation.
Si l’endettement des pays n’est pas une nouveauté, la cause en est bien une. Autrefois, l’endettement était dû aux guerres, très coûteuses, ou à des troubles profonds comme la Révolution française.
La révolution industrielle au 19e siècle puis la mondialisation au siècle suivant, ont modifié les comportements des gens et des états.
Quand la France était encore un pays rural, les paysans qui constituaient la majorité de la population vivaient sobrement, se nourrissaient à partir de leur propre production et avaient peu de besoins. C’était alors une civilisation de l’économie ( dans le sens qui a donné le verbe économiser.) On dépensait selon ce qu’on gagnait et la publicité n’avait pas encore le pouvoir de créer de faux besoins.
Dans la deuxième moitié du 20e siècle, on a cru connaître l’opulence. Les habitudes ancestrales (économiser le pain, réparer les objets, raccommoder les habits…) ont été oubliées.
Poussés par l’envahissement de la publicité, les gens se sont mis à acheter au-delà de leurs moyens en ayant recours à des prêts.
Nous sommes alors entrés dans la civilisation du gaspillage, du jetable, du gadget, de l’objet qu’il faut sans cesse renouveler pour être dans le vent.
Pour se sortir de ce cercle infernal, il est temps de réapprendre la sobriété.  




mercredi 26 octobre 2011

Biodiversité et collectivités locales


Du sentier on aperçoit la masse blanche du château


L'EXEMPLE DE CONDETTE (62)

Stopper l’appauvrissement de la biodiversité est une des priorités du combat écologique qui s’impose à nous.
J’ai eu l’occasion, dans de précédents billets, de parler des causes et des conséquences de ce problème ainsi que des solutions mises en œuvre pour inverser la tendance. 
De nombreux acteurs sont mobilisés pour améliorer la situation. Je voudrais aujourd’hui  évoquer le rôle des collectivités locales et en particulier celui des communes.
Certaines d’entre elles ont compris que leur développement ne passait pas forcément par une extension urbaine qui réduit les espaces agricoles et détruit les espaces naturels, mais au contraire, elles ont choisi de privilégier la qualité de vie de leurs habitants en protégeant des espaces menacés et en les requalifiant afin qu’ils retrouvent une biodiversité plus riche.
Tel est le cas de Condette, une petite commune du Boulonnais ( 2700 habitants) qui avait sur son territoire, à proximité d’un château en mauvais état, un marais  abritant des plantes classées, appelé Lac des Miroirs. Celui-ci avait dans le passé accueilli un bar, des jeux pour les enfants, un espace réservé aux pédalos. Une route menant à la station voisine d’Hardelot traversait le site.
Alors que le Département décidait de restaurer le château et d’en faire le Centre Culturel de l’Entente Cordiale (qui vient d’abriter une passionnante exposition sur Charles Dickens), la commune a entrepris de restaurer le marais pour en faire une réserve naturelle qui est devenue un important corridor écologique comprenant, outre la zone marécageuse, des espaces ouverts (prairies) et des espaces fermés (forêts d’Ecault et d’Hardelot)
Cet effort en faveur de la biodiversité porte déjà ses fruits ; on y compte 345 espèces végétales, 81 espèces d’oiseaux, des amphibiens et parmi les mammifères : l’écureuil roux.
La route a été interdite aux voitures. Aujourd'hui, les gens se promènent dans un cadre exceptionnel qui est aussi devenu un bel outil pédagogique.
C’est bien la preuve qu’une forte volonté politique peut aboutir à des résultats positifs.

La  faune et la  flore du marais comptent de nombreuses espèces


vendredi 21 octobre 2011

Violences, espérances


DOUTES ET QUESTIONS



L’actualité de ce jeudi fait se croiser deux événements éloignés l’un de l’autre mais qui ont un point commun : tous deux ont été marqués par la violence et sont porteurs d’espoir et d’interrogations.
Nous avons donc appris hier soir la décision de l’organisation séparatiste basque, ETA, de renoncer à la violence. Ainsi, après 40 années de luttes qui ont causé la mort de plus de 800 personnes, l’ETA abandonne le terrorisme. Certes, on peut considérer que c’est une victoire de la démocratie.  Il faudra cependant refermer les plaies de quatre décennies de combats et faire en sorte que la minorité basque repentie se sente à l’aise au sein  de la communauté espagnole et que les familles touchées par le terrorisme n'expriment pas de rancœur. 
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L’autre événement, c’est bien sûr la mort de Kadhafi. Comme beaucoup de tyrans, celui qui pendant 42 ans avait réduit au silence le peuple libyen et était responsable de la mort de milliers de personnes a été tué dans des circonstances encore mal définies et qui devront être éclaircies. On sait que la dernière bataille de Syrte a donné lieu à des scènes de haine, de vengeance, qu’on peut expliquer par les souffrances terribles subies par les Libyens mais qui posent des questions pour l’avenir : dans ce climat, comment s’installera la démocratie ?
La mort de Kadhafi signifie aussi que le procès qui aurait fait éclater la vérité sur les agissements du dictateur et sur la part de responsabilités de certains pays n'aura jamais lieu.

mercredi 19 octobre 2011

Démocratie, le mot de la semaine (51)


Chaque semaine, voici - à partir d’un mot -  une   réflexion développée brièvement. 

          Aujourd’hui,  le mot :   démocratie




On disait les gens fatigués de la politique ; l'actualité démontre que les citoyens s'intéressent toujours à la chose publique.

En France, les électeurs de gauche appelés à voter pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle de 2012 ont été près de trois millions à se déplacer.
Ailleurs, le mouvement des Indignés lancé au printemps à Madrid ne cesse de se propager pour réclamer de véritables démocraties et une réforme du système économique et financier.


L'observation de ces  événements totalement différents aboutit à la même conclusion : tous  les citoyens qui se mobilisent aujourd'hui ne supportent plus le système politique actuel avec ses injustices et son manque de démocratie. Ils espèrent un changement profond,  veulent être entendus, ils ne supportent plus la corruption, ils refusent l'austérité qu'on leur impose pendant qu'une petite minorité s'enrichit.

Vue à l'échelle de l'histoire de l'homme, la démocratie est encore un système jeune. Ce système est perfectible.


Cela nécessite que les dirigeants de demain entendent les messages envoyés par les citoyens, par les associations, les syndicats...
Une démocratie vivante a besoin de responsables politiques à l'écoute des gens et de contre-pouvoirs inventifs.

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