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lundi 8 juillet 2013

Sur mon bloc-notes - Semaine 28 - 2013

À la manière d'un journal qui permet de noter régulièrement des réflexions diverses ou de brefs comptes rendus de lectures, de choses marquantes, d'activités, ces Pensées éparses et Brèves sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.

     



LE REECHANTEMENT N'EST PAS LÀ

«  Il faut réenchanter le rêve français » ; c'était une jolie phrase prononcée pendant la campagne présidentielle par le candidat François Hollande, une phrase qui a pu redonner de l'espoir aux personnes en souffrance, hommes et femmes sans travail ou occupant des emplois temporaires, gens modestes ayant du mal à boucler les fins de mois, retraités aux maigres revenus, jeunes inquiets pour leur avenir...
Un an s'est écoulé. Nous n'avons pas vu venir le signe fort qui aurait redonné confiance au peuple, ce qu'avaient réussi dans le passé Léon Blum avec les congés payés, Pierre Mendès France qui avait redonné en quelques mois un visage moral à la politique ...
La déception des citoyens vient aussi, il faut le dire, de l'attitude de nombreux politiques hésitant à se remettre en cause et donnant l'impression d'être davantage préoccupés par leur carrière que par la résolution des problèmes des gens ( heureusement des élus locaux dévoués échappent à cette critique).
La montée des votes extrémistes découle de la désespérance du peuple. Elle est inquiétante.

LES VEGETARIENS

1.Le Nouveau Marianne (n° 845) vient de consacrer un article intéressant aux végétariens, « une nouvelle famille idéologique ».
Le rôle joué par le livre No steak dans la prise de conscience des problèmes moraux et écologiques posés par la consommation de la viande y est souligné.
L'auteur de l'article affirme qu'en ne se présentant pas en donneur de leçons, en n'écrivant pas : « Ne mangez plus de viande » mais en cherchant à convaincre les gens, Aymeric Caron – persuadé qu'un jour la viande disparaître des assiettes a, en somme, atteint le but qu'il s'était fixé : contribuer à changer les habitudes alimentaires des gens.
On peut suggérer aux écologistes – plutôt muets sur la question – d'utiliser la même méthode : ne pas culpabiliser les gens mais agir en pédagogues.

2. Il est plus facile de devenir végétarien que d'arrêter de fumer ; il suffit de faire preuve d'un peu d'inventivité pour changer ses habitudes et comprendre que dans la plupart des recettes ( le pot-au-feu est un bon exemple), ce sont les légumes, les graines, les jus, qui apportent leur saveur aux plats.

SAADI

En France, on doit surtout à Marceline Desbordes-Valmore de connaître le nom de Saadi dès l'école primaire grâce à son poème Les roses de Saadi.
Le poète persan, né autour de 1200, a vécu 90 ans. Selon ses biographes, sa vie aurait connu trois phases : 30 ans d'études, 30 ans de voyages, 30 ans consacrés à la méditation et à l'écriture.
La collection Folio a réédité cette années Le Jardin des Fruits – Histoires édifiantes et spirituelles. Il s'agit d'un recueil de textes qu'on peut qualifier de contes et pour certains de fables ; le message adressé est d'ordre moral, social ou spirituel. Le style est limpide, sans fioritures ; ici et là on trouve des pointes d'humour.
Ce livre démontre qu'au-delà de la diversité des cultures existe dans les thèmes abordés un patrimoine universel.

SOCIAL


Quand ils font une commande à la firme américaine Amazon, les gens sont heureux de ne pas payer de frais de port et de recevoir leur commande dans des délais courts. Ils se doutent que cette performance est obtenue sur le dos des employés. Il faut lire En Amazonie, Infiltré dans le meilleur des mondes, le livre d'un jeune journaliste, Jean-Baptiste Malet, pour découvrir les conditions de travail des intérimaires, soumis à des rythmes éprouvants, certains d'entre eux parcourant 20 kilomètres chaque nuit !
Ce livre donne envie de retourner dans les librairies indépendantes quand ils existent encore.

vendredi 5 juillet 2013

La cathédrale

La cathédrale 

de Mende





À Mende, la cathédrale impose sa silhouette massive de loin. On doit sa présence à un abbé du Gévaudan devenu pape sous le nom d'Urbain V en 1362 ; la construction de l'édifice débuta en 1369, elle devait durer cinq siècles.
Si les cathédrales sont avant tout des lieux de culte, comme les vieilles églises romanes et gothiques et les abbayes, elles sont aussi, pour chacun de nous, quelles que soient nos idées philosophiques, le témoignage du génie humain et leur beauté continue d'émouvoir, depuis des siècles, les générations qui se suivent.

La cathédrale de Mende ( le triomphe de l'art)



Alors la  lourde porte de la cathédrale se referme...

Et, désemparé, l'œil ébloui de soleil cherche dans l'obscurité à percer le mystère du lieu...

Puis vient l'instant où le corps s'imprègne du silence intense  qui l'entoure, pareil à celui des forêts anciennes.

Dans l'ombre, on perçoit alors les silhouettes de femmes à  genoux.

Et subrepticement la pureté des lignes de la nef se dévoile.

C'est l'instant espéré où la lumière du jour métamorphose le vitrail et révèle son intemporelle beauté.

mercredi 3 juillet 2013

La nature dans la ville

LA CANOURGUE



«  Une belle ville doit accorder une large place à la nature. » écrivais-je récemment, en citant en exemple Nieuwkoop, petite ville de Hollande que j'ai eu l'occasion de visiter le mois dernier ( billet du 7 juin).

En France également, les villes où la nature a été épargnée grâce à un urbanisme intelligent ne manquent pas, le dernier voyage que je viens d'effectuer à travers le Languedoc et la région Midi-Pyrénées, m'en a apporté à nouveau la preuve.
L'une d'elles, La Canourgue, attire l'attention du visiteur par son aspect insolite dû en grande partie à la présence de l'eau là où on ne l'attend pas : on y voit une multitude de petits canaux surgir soudain, dans une ruelle, sous les maisons ; d'autre part, une petite rivière, l'Urugne, traverse la ville, entre les arbres et les fleurs.


À La Canourgue, si l'on trouve comme partout ailleurs des balcons fleuris et des plantes vertes dans de grands pots posés devant les maisons, c'est surtout la survivance d'une nature sauvage au cœur de la ville, dans les rues où se tient chaque mardi un des marchés les plus pittoresques de France, qui étonne.



Ici, on a su éviter avec bonheur la rupture entre le rural et l'urbain.

lundi 1 juillet 2013

Sur mon bloc-notes : semaine 27 - 2013

À la manière d'un journal qui permet de noter régulièrement des réflexions diverses ou de brefs comptes rendus de lectures, de choses marquantes, d'activités, ces Pensées éparses et Brèves sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.



CLIMAT 
Je rentre de vacances. La région où je me trouvais – le Languedoc-Roussillon – a la réputation d'avoir un ensoleillement privilégié.
Ces dernières semaines, dans les magasins, sur les marchés, le principal sujet des conversations était la météo.
- On n'a pas vu un tel froid depuis 1945 ! disait un paysan. La faute au réchauffement climatique.
Dans Science et Avenir de juin, on explique ce temps pourri par la fonte de la banquise ( réduite de moitié depuis 1979) qui aurait pour conséquence d'élargir le vortex (vents tournant autour du Pôle) entraînant ainsi un déplacement d'air froid vers le sud. Mais cette explication ne serait valable que pour l'hiver !

LE TOUR DE FRANCE
Pendant trois semaines le Tour de France va occuper une bonne place dans les bulletins d'information. La légende des « Géants de la route » a certes perdu une partie de son éclat à la suite de toutes les affaires de dopage qui ont été enfin révélées au public ces derniers temps ; mais on peut penser que la grande machine médiatique parviendra encore à attirer les gens nostalgiques d'un passé héroïque où régnaient les Koblet, Coppi et Bobet,  ainsi que les plus jeunes.
J'entendais hier à la radio un spécialiste du dopage expliquer que celui-ci existe depuis l'Antiquité. Ce phénomène, disait-il, est lié à l'esprit de compétition.
Les enjeux économiques ont sans aucun doute poussé à inventer des formes de dopage de plus en plus sophistiquées.
On se consolera en pensant que dans le Tour, ce qu'il y a de plus beau, ce sont finalement les paysages ( que l'on redécouvre toujours avec plaisir) !


RELIRE GANDHI
Pour échapper à la grisaille actuelle, aux infos relatant le comportement lamentable de certains responsables mêlés à des scandales de toutes sortes, aux programmes débilitants de certaines chaînes de télé, quoi de plus simple et efficace que la lecture d'un auteur hors du commun tel que Gandhi ?
Dans la collection Folio, un petit ouvrage d'une centaine de pages – La voie de la non-violence – nous apporte un peu d'air frais. Gandhi nous raconte avec beaucoup d'humilité les grandes étapes des sa vie, ses combats pour défendre la vie sous toutes ses formes, pour chercher la vérité.
Homme à l'esprit ouvert, sensible à la misère des hommes, aux souffrances des animaux, pratiquant le jeûne pour avoir l'esprit plus libre, cet homme cultivé était d'une grande modestie.
Avec Thoreau et Tolstoï ( qu'il cite dans ce livre) il fait partie de ceux qui ont contribué, par leur façon de vivre et par leurs écrits, à faire évoluer l'Homme.




lundi 10 juin 2013

Sur mon bloc-notes : semaine 24 - 2013


À la manière d'un journal qui permet de noter régulièrement des réflexions diverses ou de brefs comptes rendus de lectures, de choses marquantes, d'activités, ces Pensées éparses et Brèves sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.



LA PECHE ET GREENPEACE
Dès l'annonce de la venue du bateau de Greenpeace dans le port de Boulogne-sur-mer le lundi 3 juin, la presse locale avait estimé qu'il s'agissait d'une provocation de l'association écologiste.
Jugement bizarre : l'action de Greenpeace, soutenue par l'actrice Mélanie Laurent qui était présente à Boulogne, a pour but d'attirer l'attention des citoyens sur la crise de la ressource halieutique. Défendre les artisans pêcheurs qui pratiquent une pêche durable sur des bateaux de moins de 12 mètres est une attitude responsable, permettant de préserver l'avenir. Je ne vois là aucune provocation, mais plutôt un appel à la raison.

HAINE ET VIOLENCE
La mort d'un étudiant de 18 ans, dans une rue de Paris, à la suite d'une agression qui a pour cause une divergence d'idées politiques, est un fait grave. Elle montre que des extrémistes ne respectent plus les règles de la démocratie qui est basée sur le débat et le respect des opinions.
La violence et la haine semblent gagner du terrain en Europe, ne les laissons pas s'installer.

PIERRE MAUROY
C'est une figure importante du Nord et de la gauche qui vient de disparaître. De nombreux témoignages rendent hommage à l'action de l'ancien Premier Ministre de la France.
Ce que je retiens de lui, c'est avant tout son engagement de jeunesse en faveur de l'éducation permanente. Poursuivant l'œuvre de Léo Lagrange, Pierre Mauroy a voulu, en créant la Fédération portant le nom du ministre des premiers congés payés, offrir aux jeunes un lieu d'apprentissage de la citoyenneté, par la pratique du sport, les loisirs et une réflexion sur les problèmes de société.
Il y a une quinzaine d'années, lors d'une rencontre avec les artisans pêcheurs de Saint-Louis du Sénégal, j'ai eu l'occasion d'y mesurer la popularité de Pierre Mauroy. Son nom revenait régulièrement dans les conversations ; l'ancien premier ministre était très respecté et les  gens exprimaient leur affection et leur reconnaissance pour le maire de Lille, ville qui est liée à Saint-Louis par un partenariat depuis plusieurs décennies.
Cet attachement à l'homme m'étonna.

VOYAGER
Je viens de passer quelques jours en Hollande. Cela fait une quarantaine d'années que je me rends régulièrement dans ce pays. 
A chaque voyage, je découvre quelque chose de nouveau : les paysages changent, les mentalités aussi.  Les lois sociales évoluent ; en Hollande, par exemple, les gens travaillent désormais jusqu'à 66 ans.

Le touriste pressé qui visite Amsterdam, Rotterdam et s'arrête quelques instants devant les moulins de Kinderdijk a une vision des Pays-Bas très éloignéé de la réalité.

LECTURE
1848, le printemps des peuples. Je lis en ce moment cet ouvrage de la collection Les rebelles (éditions Le Monde).
Cette période riche de notre histoire n'est pas suffisamment mise en valeur. 
Elle permit d'entendre  les discours enflammés des féministes :
«  Avec la servitude du travail doit cesser la servitude des femmes. » (Eugénie Niboyet )
Et aussi le lyrisme de Lamartine, les propositions sociales de Louis Blanc, l'utopie de Proudhon. 
Des rêves brisés par la répression et la peur du progrès.


vendredi 7 juin 2013

Pays-Bas : modernité et tradition

Le lac de Nieuwkoop

À l’image des pays du Nord de l'Europe, les Pays-Bas se sont sentis concernés, bien avant les autres, par les questions d’environnement et la protection de la nature. Il faut dire que leur situation particulière ( une partie du territoire située au-dessous du niveau de la mer, l’étroitesse du pays et l’augmentation de la population - actuellement une densité de 395 habitants au km2 ) ont obligé les Néerlandais à prendre en considération, notamment après la catastrophe de 1953 qui avait vu la rupture des digues de la Hollande du Sud, les risques d'inondations, ainsi que les nuisances et pollutions liées au développement économique.
Cet intérêt pour les questions écologiques se traduit au quotidien par un engagement élevé des Hollandais dans les associations environnementales et par un comportement responsable dans la vie quotidienne. Chez eux, l’utilisation de la bicyclette pour les courts déplacements et la pratique du tri collectif paraissent naturelles.
Les Néerlandais, conscients depuis longtemps de la fragilité de leur pays, essaient - dans un contexte mondial peu favorable - de sauver l’essentiel.
Dans les grandes villes telles que Rotterdam, des couloirs écologiques ont été créés.
Les campagnes offrent un mélange de modernité et de tradition : c'est ainsi que dans les immenses plaines verdoyantes, les éoliennes côtoient désormais les moulins à vent.
L'omniprésence de l'eau, celle de la mer, des canaux, des watergangs, des lacs, fait le charme des villes et surtout des villages.
Ainsi Nieuwkoop, une petite ville au sud d'Amsterdam, où les habitations et les monuments s'intègrent parfaitement à la nature, où cygnes, oies et canards nagent à proximité des humains.

Le centre de Nieuwkoop



lundi 3 juin 2013

Sur mon bloc-notes : Semaine 23 - 2013

À la manière d'un journal qui permet de noter régulièrement des réflexions diverses ou de brefs comptes rendus de lectures, de choses marquantes, d'activités, ces Pensées éparses et Brèves sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.



Michel Crozier :
Le sociologue Michel Crozier vient de mourir. Il n'est pas nécessaire d'être un disciple pour estimer l'œuvre d'un penseur : toute idée émise par lui mérite d'être discutée car elle contribue à l'évolution de la société.
Michel Crozier a longuement étudié les résistances de la société face au changement et en démontrant que celui-ci ne pouvait avoir lieu que si les acteurs concernés s'appropriaient les propositions faites, il a apporté une idée que nous devons retenir :
il faut penser à la fois à l'acteur et au système quand on organise l'action.

Le sable, enquête sur une disparition :
Mardi soir, Arte a présenté un fascinant documentaire sur un problème écologique dont on ne parle pas souvent : le commerce du sable. Cette question montre à quel point le système dominant met notre monde en péril ; la folie et la cupidité de quelques-uns n'ont pas de limites : on extrait le sable pour bâtir des îles artificielles à Dubaï, gagner du terrain à Singapour, des immeubles en Chine... Trafic et pillage...et des plages qui disparaissent. Scandaleux.

Promenades :
Sur la Côte d'Opale, la variété des paysages permet de faire de belles promenades : le long de la mer, sur le sentier des douaniers, à travers le bocage boulonnais ou dans l'une de nos forêts.
Activité indispensable de détente, la marche nous rapproche de la nature. Mercredi, la forêt était calme sous la pluie qui semblait enchanter les oiseaux.

Danse :
Je ne fais pas partie de ceux qui critiquent systématiquement la télévision. Il suffit de bien choisir ses programmes pour l'apprécier. Mercredi soir, Arte nous a offert le plaisir de voir le Sacre du printemps, le ballet de Stravinsky dans deux versions, la chorégraphie de Nijinski, créée il y a cent ans, d'une modernité étonnante, puis celle toute récente de Sasha Waltz. Une superbe soirée. 

Lecture :
J'aime lire le journal des grands écrivains. Cela permet de mieux connaître les auteurs et, surtout, il y a au fil des pages des réflexions, des remarques, des aphorismes savoureux.
Dans le journal d'André Gide (1889-1949) que je suis en train de lire, j'ai noté par exemple :
« L'art serait, malgré la plus parfaite explication, de réserver encore de la surprise ».
Cette pensée me plaît.

Ecrire :
Parmi les défauts de notre époque, il y a le fait de préférer la vitesse à la lenteur, de privilégier l'immédiateté à la réflexion longue. Les niveaux d'écriture sont liés au temps qu'on consacre à la rédaction.
Le tweet est le mode d'écriture le plus bref destiné à partager une information.
L'article publié dans un blog est lui aussi écrit rapidement, avec un peu de recherche cependant.
L'exercice littéraire prend du temps, l'ouvrage est lu et retouché par son auteur à maintes reprises.
Quant au poème, il est la forme la plus élaborée de l'écriture, celle qui cherche à atteindre la perfection qu'on trouve rarement.

Cette semaine, c'est la couleur rouge qui m'a inspiré :
Rouge



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