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jeudi 10 octobre 2013

TGV et aménagement du territoire


Depuis 30 ans, les TGV relient la plupart des grandes villes françaises à une vitesse qui leur permet de concurrencer l'avion et l'automobile.
Le TGV est un mode de transport sûr ( les accidents sont très rares ) et moins polluant que la voiture. On ne peut qu'y être favorable, à condition de fixer des limites à la volonté d'aller toujours plus vite.

Cela dit, il faut aussi évoquer ses aspects négatifs.
Comme on pouvait le craindre, la SNCF a beaucoup investi dans le TGV au détriment des autres trains. Cet été, l'accident de Brétigny a mis en évidence des défaillances au niveau des voies : les trains Corail mériteraient un effort financier plus fort afin de garantir la sécurité des voyageurs.
D'autre part, certaines lignes risquent de disparaître, au nom de la rentabilité.
Avant la prise en charge des TER par les Régions, le matériel était d'une vétusté affligeante et, pour rattraper le retard pris, il a fallu que les conseils régionaux investissent massivement. Malgré cela, à certaines heures de la journée et à certaines périodes, les voyages se font dans des conditions pénibles.

Du point de vue social, il faut remarquer, qu'en dehors de promotions aléatoires, les tarifs des TGV sont supérieurs à ceux des autres lignes et sont un frein à leur fréquentation.
Enfin, en ce qui concerne l'aménagement du territoire, il faut regretter que de nombreuses communes qui possédaient une gare il y a 30 ans (et qui souvent n'en ont plus aujourd'hui) pâtissent de l'effet TGV : celui-ci profite essentiellement aux grandes métropoles et accélère les déséquilibres entre territoires.
Pour combattre le réchauffement climatique et réduire la fracture sociale, le train reste un outil indispensable. Il est urgent d'accorder une attention plus grande aux trains hors TGV , en renouvelant le matériel roulant et les infrastructures. Améliorer le maillage des transports en commun, en priorité dans les zones dites peu rentables est une nécessité.
Le ministre des transports a affirmé cette année qu'il voulait agir en ce sens. Souhaitons qu'il ait les moyens de concrétiser cette volonté.

mercredi 9 octobre 2013

CHANGER LA VIE



REFLEXION


Ils sont nombreux ceux qui ont un jour proclamé qu’il fallait changer la vie. Il y eut d'abord les poètes, visionnaires cherchant à inventer le futur. Le plus célèbre d'entre eux fut sans aucun doute Rimbaud.



Cette expression poétique devint ensuite un slogan qui fut utilisé par les contestataires de mai 1968 manifestant pour une société nouvelle. Leur discours avait parfois des accents poétiques. Je pense en particulier à l'expression «  sous les pavés, la plage ».

Puis les politiques à leur tour reprirent le slogan en promettant des lendemains qui devaient chanter.



Aucun n’a réussi à changer le monde. Les révolutionnaires de 68 se sont intégrés doucement dans la société qu'ils dénonçaient, les promesses ne furent pas tenues.



Et l’on continue aujourd’hui de s’indigner, de se révolter, de résister, en dénonçant à juste titre les travers de la société, les injustices, les comportements inadmissibles en oubliant trop souvent  de se remettre soi-même en cause — ce qui me semble essentiel.
Tolstoï a très bien traduit la chose en écrivant :

« Chacun rêve de changer l’humanité mais personne ne pense à se changer soi-même. »

lundi 7 octobre 2013

Sur mon bloc-notes ( semaine 41 - 2013)

Les Pensées éparses et Brèves que vous retrouvez chaque lundi sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.
Chaque semaine,les drames et les joies reviennent, les faits et propos honteux, les paroles et les actes humanistes se croisent.
Il faut en permanence chercher des signes d'espoir.



LAMPEDUSA
500 migrants venant pour la plupart de Somalie et d'Erythrée avaient pris place sur un navire pour fuir, dans des conditions périlleuses, une région ravagée par la famine et les conflits. Au large de la petite île de Lampedusa, au sud de la Sicile, le bateau a coulé. On ne connaît pas à ce jour le nombre de morts ; ils seront sans doute plus de 300 à avoir perdu la vie. Ce drame n'est pas le premier : de tels faits sont nombreux dans le détroit de Sicile. Une nouvelle fois, l'émotion est forte et de toutes part des messages de compassion se font entendre. Mais cela ne changera rien à la situation tragique des populations de la Corne d'Afrique. Tant qu'une politique de solidarité et d'équité ne sera pas mise en place au niveau international pour réduire les déséquilibres entre pays du Nord et du Sud, de tels drames se produiront dans une indifférence presque générale.

LES CLIMATO-SCEPTIQUES
Quelques jours après la publication du 5e rapport du GIEC basé sur des faits scientifiques et faisant état d'un dérèglement climatique grave, je lis dans le Monde, sous la plume de Stéphane Foucart,qu'« un récent baromètre donne 35% de climato-sceptiques parmi les Français ». Ce chiffre me paraît énorme et très inquiétant. J'y vois plusieurs causes : un manque d'information lié à un désintérêt de la part de certains citoyens, un refus de voir la vérité en face (par irresponsabilité), et aussi au conditionnement lié au mode de vie dominant qui pousse certaines personnes à ne pas remettre en question leurs habitudes.

« VIVRE AVEC CAMUS »
C'est le titre d'un documentaire proposé par Arte ce mercredi, dans le cadre du centenaire de la naissance de l'écrivain ( le 7 novembre 1913).
Les personnes interrogées pour cette émission sont originaires de plusieurs pays et exercent des professions très variées.
Toutes partagent la même passion : lire Camus les aide à vivre. Elles trouvent dans ses livres des raisons de lutter, de s'engager. Leur comportement ne s'apparente pas à de l'idolâtrie mais reflète un besoin de trouver des raisons d'espérer.
Il est vrai que, dans le monde d'aujourd'hui, la lecture de Camus a quelque chose de réconfortant.

THĖÂTRE : Crève Bouffon, la dernière heure de Molière

Quand j'assiste à un spectacle, je suis très souvent étonné de voir qu'il y a dans notre pays des artistes pleins de talent qui mériteraient d'être davantage reconnus.
Cette réflexion, je l'ai faite encore ce week-end en voyant la pièce Crève Bouffon écrite par Franck Delorme qui joue en compagnie de Laurent Cappe.
La pièce raconte les derniers moments de la vie de Molière, après le malaise qu'il a fait sur scène en jouant le Malade imaginaire. Des personnages réels, d'autres nés de son imagination, et qui ont marqué la vie de l'artiste : Lully, La Fontaine, Armande, Alceste... sont évoqués à tour de rôle, avec drôlerie et truculence.
Le texte est d'une grande qualité, les deux acteurs jouent admirablement.
Cette pièce est une belle réussite.

vendredi 4 octobre 2013

" On vit avec quelques idées "


" On vit avec quelques idées familières. Deux ou trois.
Au hasard des mondes et des hommes rencontrés, on les polit, on les transforme. Il faut dix ans pour avoir une idée bien à soi ─ dont on puisse parler.
Naturellement, c'est un peu décourageant."
écrit Camus dans sa nouvelle Le vent à Djémila extraite de Noces.
A première vue, cette réflexion peut surprendre.
La nature complexe d'un être humain, en particulier celle d'un écrivain ou d'un philosophe qui a développé sa pensée à travers de nombreux ouvrages, peut-elle être réduite à deux ou trois idées ?
Ce sont les auteurs eux-mêmes qui répondent.
Daninos a un jour écrit que les écrivains refaisaient toujours le même livre.
Interrogé par François Busnel pour la revue Lire, Patrick Modiano avait tiré la même conclusion. Après chaque livre, avait-il déclaré, «  je pense avoir abordé quelque chose de nouveau. »
Mais il avait ajouté qu'il s'agissait d'une illusion.

L'auteur doit-il pour autant en tirer un sentiment de découragement ? Je ne pense pas. La comparaison de deux textes d'un même auteur écrits à trente ou quarante ans de distance montre généralement une évolution du style, un approfondissement de la pensée qui différencient l'œuvre de jeunesse et celle de la maturité.
Cela est vrai pour la plupart des auteurs. L'idée qu'ils ont exprimée est la même et nombreux sont ceux qui trouvent dans le livre écrit quand ils avaient vingt ou trente ans une maladresse dont ils ne sont généralement pas fiers.

Il faut s'appeler Arthur Rimbaud pour faire figure d'exception. Chez lui le génie avait éclaté à l'adolescence et on peut se demander ce qu'aurait été sa poésie s'il avait continué à écrire.

mercredi 2 octobre 2013

Parrainage et convivialité

La première convention nationale du parrainage pour l'emploi aura lieu les 11 et 12 octobre à Boulogne-sur-mer.
Comment  le parrainage peut-il agir au service de l'emploi ?
Voici quelques éléments de réponse qui seront développés la semaine prochaine :



J'ai la conviction que le parrainage est un outil qui permet d'améliorer la situation de l'emploi et dont les valeurs peuvent être utiles si nous voulons réussir la transition entre l'ère industrielle qui s'achève et l'ère nouvelle qui s'annonce;
Pour cela il faut s'appuyer sur deux socles : 
- la solidarité, représentée par le parrainage fait par des bénévoles, acte de partage des savoirs et d'entraide.
-  le développement soutenable, indispensable pour rétablir les équilibres sociaux, économiques et environnementaux.

Aujourd'hui, les scientifiques, de plus en plus d'économistes, de décideurs, de citoyens, sont d'accord pour affirmer que le modèle sur lequel nous nous appuyons depuis deux siècles ne répond plus aux besoins du monde actuel.
Nous sommes entrés dans une période de transition qui s'étalera jusqu'en 2050.
La disparition programmée des énergies fossiles – surtout celle du pétrole – fait que les premières initiatives sont axées sur la transition énergétique qui va entraîner des changements dans nos modes de vie. Pour réduire les déplacements, il faudra par exemple relocaliser l'économie.
Les initiatives locales, portées par des communes et des associations, conduiront à créer de nouveaux emplois et à renforcer les liens sociaux.

Dans plusieurs pays d'Europe, certaines expériences sont engagées depuis huit ans. La plupart d'entre elles ont déjà donné des résultats probants.
La réussite de la transition nécessitera l'engagement de toutes les forces ; les citoyens et les associations en seront des acteurs importants. 
Des valeurs telles que la solidarité, le partage, la coopération, associées à l'envie d'entreprendre et d'innover permettront de changer de cap.
En France, comme dans la plupart des pays d'Europe, nous ne partons pas de zéro. Nous pouvons nous appuyer sur trois  concepts pour réussir ce challenge :
En premier lieu, il y a le savoir-faire de l'économie sociale et solidaire, née au 19e siècle, avec les belles réussites qu'on connaît ( coopératives, mutuelles, associations ouvrières...)
Plus récent, le concept de Responsabilité Sociétale des Entreprises, traduction concrète du développement soutenable, s'appuie sur le respect des hommes et de l'environnement et introduit la notion d'éthique dans l'économie.
Enfin, le parrainage associatif ( exercé par des bénévoles) constitue un des aspects de l'économie conviviale, basée sur le don et le partage.
C'est en regroupant ces trois concepts, et en développant fortement le parrainage associatif pour l'emploi, que nous pourrons créer de vrais emplois, dans un esprit de coopération et dans le respect de la nature et de l'environnement.
Ainsi pourra se développer une économie de convivialité. Celle-ci n'est pas une utopie puisqu'elle existe déjà dans certaines associations.
En effet, dès que celles-ci veulent améliorer les services rendus, elles sont obligées de se professionnaliser afin de renforcer  l'action des bénévoles.
En faisant cohabiter dans une même structure des bénévoles et des salariés aux qualifications diverses ( secrétariat, informatique, maîtrise des réseaux sociaux...), on crée des emplois.

Dans le domaine de l'emploi, la convivialité ne se réduit pas au parrainage de demandeurs d'emploi désirant retrouver un travail  salarié. Elle peut être le moteur de la création d'emplois sous des formes diverses : parrainage de projets, parrainage et suivi de créateurs d'entreprises.
Et elle s'applique à tous les secteurs d'activités. Mais bien sûr, ce sont les métiers liés à la nécessité de réussir la transition qui doivent être privilégiés, c'est-à-dire ceux qui vont permettre de dépenser moins d'énergie ( transport, logement, relocalisation des activités...) , d'améliorer la qualité des produits, il faudra développer  les secteurs qui contribuent au bien-être : culture, santé, qualité du cadre de vie...

Développer le parrainage pour l'emploi en l'inscrivant dans la démarche de la transition écologique pour créer des emplois n'est pas une utopie. C'est une possibilité qu'il faut convertir en réalité.





lundi 30 septembre 2013

Sur mon bloc-notes ( semaine 40 - 2013


Les Pensées éparses et Brèves que vous retrouvez chaque lundi sont une autre façon de faire entendre la rumeur du temps présent.
Entre le dérisoire et l'essentiel, la semaine qui vient de s'écouler a confirmé que le monde allait mal, que la politique révélait de plus en plus son incapacité à agir. Devant les faits qui se déroulent, beaucoup de gens ressentent un sentiment d'impuissance et de colère. Heureusement, celui qui ne se résigne pas trouve des raisons d'espérer dans l'action, le retour à la nature et les délices de la culture.

CLIMAT : le 5e rapport du GIEC
Le nouveau rapport établi par les experts du GIEC confirme le processus de dérèglement climatique dû aux activités humaines et revoit à la hausse les prévisions antérieures. C'est ainsi que la disparition de la banquise arctique paraît désormais possible au milieu de ce siècle, que la fonte de la la calotte de glace du Groenland s'accélère. Dans le scénario « noir », la hausse des températures atteindrait 4,8° et l'élévation du niveau des mers serait en moyenne de 98 centimètres.
Dans un tel contexte, l'action menée par Greenpeace : Sauver l'Arctique – l'urgence climatique – se révèle indispensable si nous voulons changer de cap.

L'ECOLOGIE POLITIQUE
Présente en France depuis les années 70, émiettée en mouvements disparates jusqu'en 1984, l'écologie politique portée principalement par les Verts avait l'opportunité, grâce à la sympathie qu'éprouvait une large partie de l'opinion à l'époque du sommet de Rio en 1992, de faire changer les décideurs. Elle n'y a pas réussi car elle s'est empêtrée dans des querelles internes avant d'abandonner la force et l'originalité des idées portées par les précurseurs de l'écologie en contrepartie de quelques places de députés, sénateurs et ministres.
Les valeurs de l'écologie sont essentiellement représentées aujourd'hui par les associations, par les citoyens qui agissent sur le terrain  afin de faire avancer concrètement des projets soutenables.

LES ROMS
Axer le discours sur la sécurité pour parler des Roms comme le font actuellement des responsables politiques de tous bords est dangereux et inefficace.
Réduire la réflexion à l'existence de campements illicites ou de faits divers mettant en cause des membres de cette communauté, parce que les élections municipales sont proches, c'est augmenter le risque de voir l'ensemble de cette population rejetée.
L'avenir des Roms doit être envisagé d'une manière globale, en n'oubliant pas les faits dont cette population a été victime dans le passé ( discriminations, génocides), en respectant les droits de l'homme et la diversité, ainsi que la culture des Roms, reconnue dans le monde entier, notamment dans le domaine musical.
Tout  propos favorisant la discrimination est malsain.

UNE TORERA
En regardant samedi soir, sur France 2, Léa Vicens, torera française au visage agréable, je cherchais à comprendre pourquoi une jeune femme d'aujourd'hui peut, en connaissant la sensibilité d'un animal tel que le taureau, exercer un métier qui relève de la barbarie et non de l'art comme le prétendent les défenseurs de la corrida. Quel plaisir peut-on éprouver à faire souffrir, dans des conditions atroces, et à tuer un être vivant ? 
Et pourquoi au 20e siècle tolère-t-on encore ces pratiques dans certaines villes ?
La tauromachie est la survivance de traditions barbares ; elle doit disparaître.

BP ZOOM
Quelques heures plus tôt, j'avais eu le plaisir d'assister à un très beau spectacle donné par la compagnie BP Zoom, deux artistes mêlant le monde du cirque, du music-hall et du cabaret. Leur talent a été reconnu par plusieurs prix internationaux ( meilleur spectacle à Buenos-Aires, premier prix du spectacle de clown à Barcelone...
Entraînant les spectateurs dans un univers à la fois burlesque et poétique, ils transforment la scène en aquarium géant,  volent dans des montgolfières, jouent et font rire avec de simples accessoires : un micro, un chapeau, un avion en papier...
Un spectacle réjouissant, un art véritable celui-là.

vendredi 27 septembre 2013

Ecrire et agir



Je reviens aujourd'hui sur cette belle phrase de Norge que je citais dans les Brèves de ce lundi :
 «  Un monde sans poésie est un monde qui démissionne. Le monde meurt d'impoésie ».
Cette phrase a été écrite il y a quarante ans. Elle nous interpelle davantage encore dans le monde d'aujourd'hui qui a perdu ses repères et qui persiste à faire fausse route.
Nous sommes dans un monde qui démissionne : il a abandonné les valeurs qui font la force d'une civilisation : la solidarité, le partage, l'échange ; il a renoncé jusqu'à présent à prendre les mesures qui permettraient aux plus pauvres de vivre décemment et à la nature de se reconstruire.
Oui notre monde manque de poésie, non pas de cette poésie mièvre des salons d'autrefois, mais de cette poésie qui reflète la vraie vie, qui donne du courage à ceux qui la lisent, la poésie forte de Victor Hugo qui dénonçait la misère et la peine de mort, celle de Neruda, de Garcia Lorca,qui faisaient entendre la voix du peuple, la poésie qui élève et nous fait entrevoir un monde plus humain ou plus mystérieux, celle de Rimbaud, de Baudelaire.

La poésie n'est pas un aimable divertissement, elle est un engagement pour celui qui écrit, elle est une source de joie pour celui qui la lit.
La société qui naîtra sur les ruines de la société actuelle aura pour tâche de rendre à l'homme sa dimension poétique, de lui permettre d'exprimer en toute liberté sa pensée, sa sensibilité, la richesse qui est en lui et qui fait de chaque être humain un être unique.
Le monde de la poésie n'est pas un rêve ; il existera grâce à l'action.

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