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jeudi 5 avril 2018

Nérac





    Au sud du Lot-et-Garonne, la petite ville de Nérac (environ 7000 habitants) est le joyau du pays d’Albret.    La bourgade s’est construite au fil des siècles autour du château qui n’a conservé qu’une de ses quatre ailes et le long de la Baïse dont on peut suivre le cours en découvrant le vieux Nérac ou en flânant dans le parc de la Garenne.
    Au premier regard, c’est la rivière qui attire l’attention : sa couleur café au lait lui donne un aspect boueux qui apparemment ne rebute pas le pêcheur à ligne.Ici les rues, le parc, sont chargés de souvenirs. On pense bien entendu à Henri IV qui vécut pendant cinq ans au château, à la reine Margot qui aimait, raconte-t-on, les promenades dans le parc.    Nérac évoque aussi les heures sombres des guerres de religion, les morts inutiles de la Saint-Barthélémy.    Aujourd’hui la ville est apaisée. Dans le parc, en passant devant la statue de Feurette, le promeneur qui ignore l’histoire de la jeune fille poursuit sa route
sans émotion. D’autres s’attardent devant la statue qui orne l’entrée de la grotte et cherchent vainement la vérité.
Ils avaient imaginé une adolescente pauvre, morte d’avoir été délaissée par le prince qu'elle aimait, comme le racontait la légende, une jeune fille timide, trop prude sans doute pour exhiber son maigre corps. Ils découvrent une femme lascive, impudique.
Où était donc la vérité ?
— Sous le burin de l’artiste qui avait taillé la pierre ou dans l’imagination de celui qui avait inventé la légende ?
L’Histoire nous apprend que la jeune fille est morte bien plus tard. Elle a donc pu suivre la carrière du prince devenu Henri IV.

LE BUNGALOW

LE CHARME DE LA NATURE

ET LE CONFORT





  
    Il y a plusieurs types de voyageurs : les aventuriers peu soucieux de leur confort et qui n’hésitent pas à prendre quelques risques pour éprouver des sensations fortes et ceux qui apprécient la tranquillité et un certain luxe ; ceux-là détestent l’imprévu. Et entre les deux, il y a les voyageurs qui aiment le contact avec la nature et ont besoin d’un confort minimal. Ceux-ci dans leur jeunesse pratiquaient le camping sauvage et chaque jour ils partaient à la découverte de nouveaux paysages. Puis lorsqu’ils ont eu des enfants ils se sont installés pendant quelques jours ou plusieurs semaines dans des campings équipés de douches et parfois de piscine. Et puis ils ont fini par opter pour davantage de confort tout en gardant leur amour de la nature et de la liberté: ils ont choisi le bungalow qui évite les contraintes de l’hôtel et les désagréments de la tente.
Équipé d’une cuisine, comportant plusieurs chambres et une terrasse, le bungalow est souvent installé dans un cadre reposant, parfois magnifique, au milieu des arbres, adossé à une montagne, au bord d’un lac ou à proximité de la mer.


Si l’on choisit bien l’endroit où il est installé, il est possible de délaisser la voiture pendant plusieurs jours et de découvrir à pied les environs : les beautés de la nature, le charme des vieux villages. Si l’on a la possibilité de voyager en dehors des périodes de vacances et qu’on apprécie le calme, le bungalow est alors le mode d’hébergement idéal pour reprendre contact avec la nature.



mardi 27 mars 2018

Le long de la Loire

LA LOIRE EN AUTOMNE
On ne connaît pas les fleuves en lisant les livres de géographie. Si l’on veut les comprendre, il faut voyager et les suivre de la source à la mer.

    Parmi les quatre grands fleuves français, la Loire est celui que je trouve le plus beau. C’est aussi celui que je connais le mieux. De sa source à l’estuaire, à pied, à vélo, en voiture ou en train, je l’ai longée, cherchant pendant des années à percer ses secrets. 

Les sources naissent des pierres.
Elles ont, dans l'herbe,
Le goût des framboises."
écrivait Blaise Cendrars.
    D'abord la Loire  n’est qu’un maigre filet d’eau au Mont Gerbier-de-Jonc ; elle  grossit pour devenir un fleuve fougueux avant de s’assagir en arrivant à Orléans.
Puis elle poursuit son chemin, traverse villages et villes que dominent maints châteaux et se dirige vers l’océan.
    Elle n’est plus alors le fleuve sauvage qu’aiment les poètes, la Loire de Maurice Genevoix  qui affirmait avoir, grâce à elle avoir « accédé dans l’enfance au sentiment de la beauté ».
Elle a perdu la fougue que lui avait donnée la montagne, elle a alors un autre visage, elle s’est assagie. Elle est devenue majestueuse, et les grands ponts qui l’enjambent s’intègrent parfaitement au paysage.
    C'est là que la beauté de la Loire s'apprécie le mieux, entre Blois et Angers. Elle flâne alors au milieu des vignes et des châteaux dans une atmosphère douce et légère, à l'image des vins qu'on y produit.

   Ce long fleuve envoûtant a failli perdre son âme au début des années 70 quand des projets de barrages ont vu le jour. Pendant vingt ans, les militants de SOS Loire Vivante ont combattu ces projets. Grâce à eux et aux milliers de personnes qui les ont soutenus, le projet de barrage de Serre de la Fare a été annulé en 1971. La prévention des crues s'est mise en place, le patrimoine naturel a été préservé et le saumon a fait son retour.
   Les défenseurs de la nature l'ont emporté sur les maîtres  du béton et la Loire a gardé son caractère. 



dimanche 25 mars 2018

Amsterdam




PHOTO David VIDMAR-freerangestock.com
 Il y a tant de raisons d’aimer Amsterdam ! C’est une ville réputée pour sa tolérance, une ville dans laquelle on se sent libre. C'est ce qui a poussé de nombreux persécutés à y vivre, c’est sans aucun doute ce qui amena Descartes, le philosophe aujourd'hui fort contesté, à y habiter quelque temps (il s'était installé au centre de la ville, dans le quartier des bouchers).
Ce qui fait aussi le charme d‘Amsterdam, c'est la richesse de son passé. On peut passer des heures à marcher au bord des canaux, en s’arrêtant pour observer les vieilles maisons dont chaque façade est différente, dont les pignons ont des formes variées.
On répète souvent que la Hollande est le pays du vélo. A Amsterdam, la bicyclette est partout : d’abord elle roule sur de larges pistes cyclables que les Français envient, ou elle attend son propriétaire sur un parking, un trottoir ou un pont.
Amsterdam est une ville d’art et de culture ; elle abrite de nombreux musées, dont le Rijksmuseum où la célèbre Ronde de nuit attire tout de suite le regard, et le musée Van Gogh.
La vie culturelle continue d'y être très riche et innovante, qu'il s'agisse de danse, de théâtre ou de peinture.
La nuit, la ville prend des allures féériques. L’obscurité et les lumières se mêlent, les canaux brillent, les bateaux et les maisons flottantes paraissent plus beaux. C'est le meilleur moment pour apprécier les beautés de la ville.
  

La Catalogne n°2

En longeant la côte


    Dans les années 1960, l’automobile commença à se populariser et l’on vit en même temps se développer une autre forme de tourisme. Les Européens - notamment les Allemands, les Néerlandais et à un degré moindre les Français – prirent l’habitude de voyager davantage en dehors de leurs frontières. L’Espagne vit chaque été arriver sur ses côtes de nombreux étrangers attirés par le soleil et surtout par le coût intéressant des voyages dans ce pays. Ce tourisme de masse correspondant aux critères de la société de consommation n’a pas été une bonne chose pour l’environnement ; il a entraîné pollutions, dégradation des paysages par la construction de bâtiments souvent laids et dérèglement des activités économiques locales (pêche,viticulture...)
    La Costa Brava qui s’étend sur deux cents kilomètres de la frontière française à Blanes peut être considérée comme le symbole de ce phénomène qui perdure encore. 
    Cela dit, il suffit d’éviter les périodes où certaines stations telles que Lloret de Mar sont surpeuplées et de choisir les lieux qui ont gardé leur aspect sauvage pour profiter des beautés de la nature, du charme des villages médiévaux et des petits ports. Cadaqués par exemple, située dans une jolie baie et où Salvador Dali a vécu mérite le détour. Dans l’arrière-pays, il faut  aussi voir la ville de Gerone (Girona) et ses belles maisons colorées.

     Au Sud de Barcelone, dans les environs de Tarragone, la Costa Daurada offre ses longues plages de sable. Les stations balnéaires de Salou et de Cambrils sont plus calmes que celles de la Costa Brava. Tarragone doit sa réputation à la richesse de ses vestiges romains, ses musées, son amphithéâtre. À quelques kilomètres de là, dans la vallée de Conca Barberà, se dresse l’abbaye de Poblet construite en 1166. Ce monument, témoin de près de dix siècles de l’histoire espagnole, fait partie depuis 1991 du patrimoine mondial de l’UNESCO.
     On trouve sur la Costa Daurada des endroits paisibles où sont installés des bungalows bien plus agréables que les hôtels gigantesques de la Costa Brava.   





   

                                                                           Cambrils














vendredi 23 mars 2018

À propos de la misère

PHOTO TERIMAKASIH0 - pixabay.com

Choix de texte n°14

   Lorsqu’on jette un regard sur l’histoire de notre pays, on constate un fait permanent : à toutes les époques, sous tous les régimes, il y a eu des inégalités sociales criantes, les uns vivant dans l’opulence, d’autres usés par les tâches dures vivant dans la pauvreté. Et les exclus ne mangeant pas à leur faim, parfois privés de toit.

   Puis la déclaration des droits de l’Homme a proclamé l’égalité entre toutes les personnes. Peu de temps après, on est entré dans l’ère industrielle. La misère n’était plus tout à fait la même : les famines liées aux caprices du climat disparaissaient, la pauvreté s’installait dans les villes, près des usines où des enfants de moins de dix ans travaillaient, et la richesse  se déplaçait des vieilles familles nobles vers les nouveaux maîtres de l’industrie.
De nombreux auteurs ont décrit l'injustice de la situation sociale au 19e siècle : Emile Zola, Victor Hugo, dans ses romans et ses poèmes. On n’a pas oublié ces orphelins du poème Rencontre (1).
Ceux-là n’avaient « Pas d'abri. Tous pieds nus ; excepté le dernier 
Qui traînait, pauvre amour, sous son pied qui chancelle, 
De vieux souliers trop grands noués d'une ficelle. 
Dans des fossés, la nuit, ils dorment bien souvent. 
Aussi, comme ils ont froid, le matin, en plein vent, 
Quand l'arbre, frissonnant au cri de l'alouette, 
Dresse sur un ciel clair sa noire silhouette ! »

Jean Richepin (1849-1926) plaignait la petite fille misérable qu’il avait croisée dans la rue :

"Quel est sur le trottoir blanc
Cet être noir et tremblant
Qui sanglote ?

La pauvre enfant ! Regardez.
La toux, par coups saccadés,
La secoue,
Et la bise qui la mord
Met les roses de la mort
Sur sa joue."

     Nous sommes au 21e siècle et cette misère insoutenable persiste et gagne du terrain.
« Il est temps de nous demander où en est le processus d’humanisation déclenché il n’y a somme toute pas longtemps » écrivait Théodore Monod.

Où en est-on aujourd’hui ? 
    En France, la situation ne s’est pas améliorée. La pauvreté est toujours là et comporte différents degrés.
La précarité touche d’abord ceux qui sont au chômage mais aussi ceux qui exercent de courts CDD, ceux qui ont un emploi aidé et vivent avec la moitié du Smic. Ceux-là ne gagnent pas assez pour se loger décemment. Nombreux sont ceux qui doivent s’adresser aux Restos du Cœur pour manger à leur faim.
    La pauvreté extrême est visible en permanence. Dans des abris de fortune, parfois dans des tentes, vivent des femmes, des hommes  et des enfants que la société a jetés dans la rue.
   Parmi eux, des réfugiés qui ont dû quitter leur pays pour échapper à la guerre, à la répression, à la malnutrition. Depuis deux décennies, l’Europe libérale est incapable de trouver une solution à leur problème. Elle ne veut accueillir que des réfugiés politiques - en petit nombre - alors qu’il faudrait aussi s’occuper des réfugiés économiques et écologiques qui seront de plus en plus nombreux.
   Notre société a oublié les valeurs qui font la grandeur d’une civilisation. Parmi celles-ci, la solidarité qu’il est nécessaire de raviver.

Décembre 2010 - mars 2018

(1) Rencontre : extrait de « Les rayons et les ombres »























(1) Rencontre: extrait de « Les rayons et les ombres »



jeudi 22 mars 2018

la Catalogne n° 1



Photo LIZBETH 607 - www.pixabay.com

    Les événements qui secouent actuellement l’Espagne et la Catalogne n’étonnent pas vraiment ceux qui s’intéressent à l’histoire. Le guide Hachette* consacré à l’Espagne présente ainsi la Catalogne :
« Nation à l’intérieur d’une nation, la Catalogne affirme avec fierté son identité forgée au Moyen-Âge où elle devint une grande puissance navale... »

I. BARCELONE

    La visite de la capitale  de la Catalogne permet de comprendre l’originalité de la mentalité catalane.
   Barcelone est en effet une ville étonnante, une ville qui sort de l’ordinaire, une ville qui reflète  le caractère catalan, différent  sur bien des points du caractère espagnol.
La créativité y est foisonnante. Elle a vu naître de grands peintres : Salvador Dali, Joan Miró, Antoni Tàpies ; Picasso y a grandi.
   Barcelone est  une ville  dynamique attachée à la culture sous toutes ses formes : musique, théâtre, danse, littérature...  Jordi Teixidó qui travaille dans l’audiovisuel et le spectacle est l’un des représentants de cette créativité bouillonnante.

   Quand on arrive à Barcelone pour la première fois, on est saisi par  l’originalité des créations d’Antoni Gaudí, architecte-décorateur, bâtisseur d’immeubles et de monuments au style caractéristique mêlant la fantaisie et l'organisation des structures inspirées du gothique qu’on a nommé modernisme catalan. Ce mouvement   né du refus d’une architecture industrielle  accorde une grande place aux motifs naturels. Ce style peut d'abord déconcerter mais on s'y habitue facilement. 
    Depuis le Palais National, la vue sur la Place d’Espagne et la  colline qui a donné son nom au  quartier (Monjuïc) est superbe. Deux hautes tours en briques rouges, copiées sur le campanile de la basilique Saint-Marc de Venise  se dressent à l’entrée de l’avenue de la reine Maria Cristina.
   On ne peut quitter Barcelone sans avoir connu l’ambiance qui règne sur l’avenue de Las Ramblas. Ses cafés, ses kiosques à journaux, ses marchands de fleurs, son animation permanente ont fait la réputation de cet endroit de Barcelone, ville vivante que les drames n’ont pas fait taire.

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