Des violons qui chantent la paix


MUSIQUE

J'ai assisté hier soir, à Boulogne, au concert qui ouvrait
le Festival des Violons de la Paix, appelé ainsi en
hommage à Yehudi Menuhin qui avait des liens
privilégiés avec notre ville et qui, à travers sa musique
et ses actions, n'a cessé de porter un message
humaniste, un message de paix.
Bien qu'elle accueille chaque année des artistes de
renom, l'agglomération souffre de l'absence d'une
salle digne de ce nom. (Je me souviens d'un concert
donné il y a quelques années par Barbara Hendricks
dans une salle de sport et des pluies d'orage qui
couvraient par instants la voix de la cantatrice).

Pour ce festival, l'agglomération comble ce handicap
en plaçant les musiciens dans des lieux inhabituels :
églises, musée, château ou dans la rue.
Autre originalité, le festival mêle des modes
d'expression diversifiés : poésie, théâtre, arts
plastiques, cinéma.
C'est ainsi que le spectacle d'ouverture a démarré
avec le violoniste David Grimal qui a interprété deux
morceaux de Bela Bartók et de Pablo Sarasate.
Il s'est poursuivi avec la projection du film Carmen
réalisé par Cecil B. De Mille en 1915 accompagnée
par la musique de Bizet. Franck Strobel qui dirigeait
l'Orchestre de Picardie a réussi à cette occasion une
performance époustouflante. S'appuyant sur des
images vieilles de près de cent ans, il a réussi à
redonner au drame de Carmen ─ que chacun
connaît dans les moindres détails ─ un nouveau
souffle.
Telle est la magie de la musique lorsqu'elle est
visitée par un grand artiste : elle se renouvelle sans
cesse.

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