Regard sur un nuage de cendres



Etrange époque ! 


Il a suffi de la conjonction de deux phénomènes naturels ─ le réveil d'un modeste volcan dans un pays qui en compte 200 et un anticyclone qui transporte dans une certaine direction un gigantesque nuage de cendres ─ pour paralyser un système qui se croyait inébranlable.



Aussitôt la médiatisation de l'évènement met en avant les conséquences néfastes pour ce système économique : la perte engendrée par l'annulation de 16 000 vols pour les compagnies aériennes et les agences de voyages, pour le commerce international, dans l'impossibilité de livrer les fruits, légumes et fleurs venus de lointains pays, les petites misères de 7 millions de passagers, pour la plupart des vacanciers adeptes d'un tourisme exotique non équitable. C'est aussi l'occasion pour les bénéficiaires du système mondialisé de remettre en cause le principe de précaution qui a retenu les avions au sol. Ceux-là se souviennent-ils que si ce principe avait été adopté plus tôt, l'amiante n'aurait pas tué autant de personnes, des drames liés aux inondations auraient été évités ?

Quelles leçons tirer, d'un point de vue écologiste, de cet épisode ?
─ L'homme qui joue aux apprentis sorciers depuis deux siècles doit redevenir modeste vis-à-vis de la nature.
─ Il est grand temps de préparer l'ère de l'après- pétrole. Le modèle de développement actuel, vorace en énergie et inégalitaire, n'est pas viable dans la durée.
─ Dans cette perspective, la relocalisation de l'économie est indispensable.
─ Enfin, le principe de précaution doit être maintenu : la santé, la vie des gens, comptent davantage que les intérêts financiers.

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