Choses vues, lues, entendues (6 octobre 2016)




Cette rubrique - Choses vues, lues, entendues – est en quelque sorte un carnet de bord. On y trouve des impressions et des réflexions nées de scènes que j’ai vues (dans la réalité ou sur des écrans), de propos entendus, d’autres inspirées par des lectures (articles, livres)...

   Il m’arrive de vivre quelques semaines loin de la mer. La campagne et la montagne ont leur charme, mais la mer c’est autre chose :
« Elle m'est familière comme ces visages qu'on a toujours connus.
Et je reviens vers elle subir l'envoûtement. 
Mais pourquoi cette fascination,
pourquoi ce besoin d'elle, cette envie de la voir ? »
C’est ce que j’ai cherché à expliquer dans un long poème.

  Maintenant que les touristes qui s’agglutinaient sur les plages sont repartis, la mer a retrouvé son vrai visage. À l’automne, les couleurs de la Côte d’Opale virent au gris et à l’argenté. Je marche sur le sable près de l’eau, où les sternes et les mouettes se sont rassemblées. J’écoute le clapotis des vagues.
J’aime la mer. Là sont nos origines.
*
   Les automobiles et surtout les camions continuent, malgré les préconisations pour lutter contre le dérèglement climatique, de rouler en grand nombre sur les routes. Cela fait près de trente ans qu’on annonce des mesures pour inverser cette tendance en développant l’intermodalité (coordination des différents modes de transport), relancer la voie d’eau (projet du canal Seine-Nord). On ne voit rien venir.

   Il y a quelques jours, l’émission Envoyé spécial a montré la réalité du rail français. On a pu voir dans les moindres détails l’état lamentable du réseau ferré : des rails usés, des boulons manquants, des traverses pourries ; une situation qui oblige les trains à rouler moins vite et une sécurité des passagers qui n’est plus garantie.
Depuis cinquante ans, l’État laisse péricliter le chemin de fer. Il a fallu attendre le début des années 90 pour que le matériel roulant soit renouvelé, grâce aux régions.
   Aujourd’hui, rien n’incite les gens à abandonner leur voiture pour prendre le train. Cela n’est pas bon pour l’environnement, cela désespère les cheminots et les usagers qui croient aux transports publics. Qu'attend-on pour agir ?
*
   Certains considèrent que la chanson est un art mineur. Ce n’est pas mon avis.
   La particularité d’une chanson, c’est qu’elle comporte trois éléments inséparables : des paroles, une musique, une voix. Aucun de ces éléments ne doit être jugé séparément ; la bonne chanson est celle qui réussit à mêler ces éléments pour en faire un tout harmonieux, original, émouvant, agréable à l’oreille.

   La semaine dernière, j’assistais à un concert de Hugues Aufray qui depuis le début des années 1960 enchante le public. À quoi doit-il ce succès que le temps n’a pas altéré ? Sans doute pour une part à sa personnalité qui le rend proche des gens, mais surtout à cette alchimie entre des paroles qui touchent le public par les thèmes abordés (l’amitié, la fraternité, le respect), une musique bien composée et mise en valeur par les instruments (essentiellement des guitares), le tout porté par une voix chaude.
  La bonne chanson - ce n'est pas la moindre des choses - rend les gens heureux.

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